Have you met … Martin ?

Dans la série des personnalités que je place très haut sur une belle étagère époussetée et lustrée avec amour, je vous propose de « découvrir » un réalisateur.

Et pas n’importe lequel.

Un grand nom d’Hollywood.

C’est le Kirikou du cinéma américain: il n’est pas noir, il n’est pas nu mais il est petit et vaillant.

Please, have you met… Martin ?

*******

Non pas Martin Freeman.

Désolée pour les Bilbo Girls dans la salle s’il y en a. 

Martin Scorcese. 

Affiche Martin Scorsese
Source AlloCiné Copyright : © Paramount Pictures France
  • Fiche signalétique

Profession: Réalisateur, Acteur, producteur.

Né le : 17 novembre 1942

Nationalité : américaine

Signes distinctifs : Adorable ? Réalisateur fétiche de Léonardo DiCaprio.

  • Itinéraire d’un enfant prodige du cinéma.

Tenter de résumer la carrière de Scorcese serait un peu comme aller jeter l’anneau unique dans la Montagne du destin, à poil dans la neige, en marchant sur des bouts de verre.

Une tâche héroïque.

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19 prix et 86 nominations, 1 Oscar pour les Infiltrés en 2007, 1 Palme d’Or pour Taxi Driver en 1976, 4 Golden Globe, Un Lion d’Or d’honneur à la Mostra de Venise et un Lion d’Argent du Meilleur réalisateur pour Les Affranchis, des BAFTA et des nominations en pagaille.

Résumons : Martin Scorcese c’est le bon élève d’Hollywood, celui qui affiche un tableau d’honneur impeccable.

Et pourtant c’est le réalisateur qui me fera toujours dire : Ah mais oui! C’était lui ce film !

Car, lorsqu’on parle, par exemple, de La couleur de l’Argent, on pense Paul Newman et Tom Cruise avant de se souvenir de celui qui était derrière la caméra.

Trop discret Martin ?

C’est probablement ce qui fait son charme et sa classe.

Si les films de James Cameron se font souvent connaître avant leur sortie par leurs budgets pharaoniques, Scorcese ne joue résolument pas sur le même terrain.

Attention, j’aime beaucoup James Cameron, je le dis de suite. Nous avons, lui et moi, une passion commune pour les bateaux qui coulent.

J’établis juste une nuance entre ces deux réalisateurs.

Sans faire de tapage, il sait rassembler autour de ses films des castings prestigieux qui racontent d’eux-mêmes l’influence et le talent de ce réalisateur.

Et parmi son haras d’acteurs talentueux, il a trouvé depuis quelques années son nouvel étalon fétiche : Léonardo DiCaprio.

Il ne pouvait pas me faire plus plaisir en vérité.

Si, dès ses jeunes années d’acteurs, j’avais spéculé sur le potentiel du charismatique Leo, et pas que barbotant avec un gilet de sauvetage, il lui fallait trouver le réalisateur qui saurait exploiter son potentiel.

A l’instar de Johnny Deep et Tim Burton, le hasard a fait la rencontre et ses deux-là ensemble font des merveilles.

Martin Scorsese with Leonardo DiCaprio in Rome, February 2010. Photograph: Tiziana Fabi/AFP/Getty Images Source The Guardian

Si Scorcese parvient si bien à se dissimuler derrière ses films, c’est qu’il joue à merveille des genres et des histoires.

Bien qu’il semble avoir une prédilection pour les atmosphères sombres, ce réalisateur au regard tendre passe sans transition d’un thriller psychologique oppressant (Shutter Island) à un conte de Noël (Hugo Cabret).

D’un film dépaysant et biographique (Kundun) à un drame au coeur de New-York (A tombeaux ouverts).

Insaisissable, cinéphile nourri au grain depuis sa plus tendre enfance, Martin Scorcese a un talent indiscutable pour instiller des ambiances, en particulier noires, et utiliser avec efficience tous les éléments à sa disposition, aussi bien dans le décor que les capacités spécifiques de ses acteurs.

Son souci du détail a le don de me bluffer.

Il n’a pas à proprement parler d’empreinte particulière à la Woody Allen ou Tim Burton.

Ou plutôt si.

Sa marque de fabrique c’est New York,  LE New York de Scorcese,mafieux, corrompu, violent, sombre et désespérant,

Cet enfant du cinéma natif de Little Italy n’a pas son pareil pour nous faire entraîner dans les eaux troubles de sa ville qu’il sait filmer comme personne, quelle que soit l’époque évoquée.

Mais ce que j’aime par dessus tout chez Scorcese, c’est ce qui émane de l’homme comme du réalisateur, cette douceur, ce calme qui contrastent tant avec les univers de ses films.

Il a beau nous emmener dans les bas fonds les plus violents ou désespérants du monde, on se laisse à nouveau prendre la main la fois suivante.

C’est probablement ça le secret de Scorcese, c’est que par delà la noirceur de ses films, c’est l’humanité du monde qui transparaît dans tout ce qu’elle a de meilleur et de pire.

Souvent de pire en l’occurrence.

Et c’est son humanité de réalisateur qu’on aime par delà ses films.

En 1998, Martin Scorcese était président du jury du 51ème Festival de Cannes.

Le grand prix du jury a été remis à Roberto Begnigni pour  La Vita è bella.

Il s’est alors produit sur scène un moment inoubliable, merveilleux.

Ce que j’adore dans cet instant, c’est non seulement la joie folle et exubérante de Begnigni mais aussi, mais surtout, tout ce qui ce se passe sur le visage de Scorcese: ce sourire éclatant, ce rougissement, la joie enfantine, l’amusement et l’émotion.

Regardez jusqu’à la fin, rien que pour le plaisir.

A 3.48 l’émotion et la joie se mêlent sur le visage de Scorcese. On dirait qu’il est aussi bouleversé de voir Begnigni recevoir ce prix, que ce dernier l’est de le remporter.

J’ai ri et pleuré devant ma télévision ce jour-là.

Qu’il était beau ce président du jury rouge d’émotion, ce réalisateur de talent si ému, ce petit homme plein d’humanité.

Et cela a scellé le sceaux de mon admiration pour Martin Scorcese.

J’aimais le réalisateur. J’ai apprécié l’homme à ce moment-là.

Source: deannmartin.tumblr.com Italian director Roberto Benigni lays in front of US director and Jury president Martin Scorsese, 24 May at the final ceremony of the 51st Cannes Film Festival
  • Avant de se quitter

Dernière chose à porter au crédit de ce grand monsieur du cinéma.

Il a fondé en 1990 The Film Foundation, destinée à préserver les œuvres de l’histoire du cinéma. Elle aide à la restauration et préservations de films et d’archives documentaires.

En 2007, sur le même modèle, il co-fonde la World Cinema Foundation pour restaurer et préserver des oeuvres négligées du cinéma mondial.

Les deux fondations se rejoignent sur les objectifs communs : préserver un patrimoine cinématographique, en particulier les films sur pellicule menacés de décomposition.

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