Le monde de Christina : singulier tableau

Résumé

Editions Belfond. Parution : octobre 2018   

Prix : 21.90€ (broché) 14.99€ (epub)

Victime d’une affection qui endommage ses nerfs, Christina se bat depuis l’enfance pour conserver le peu de mobilité que lui laisse la maladie et une existence à peu près normale.
Son horizon se retrouve cantonné à sa ferme familiale perché sur une falaise du Maine et aux histoires de ceux qui l’ont habité et de ceux qui y passent, traversant son existence.

C’est ainsi qu’un jour la jeune Betsy franchit le seuil et s’installe dans la vie de Christina. Les années passent et dans le sillage de Betsy c’est au tour d’Andrew Wyeth, son fiancé de faire la connaissance de la vieille ferme des Olson et de son occupante. Peintre de son état, il est fasciné par l’atmosphère des lieux et par ce qui se dégage de Christina. Il ne cesse de venir peindre la maison, dans ses moindres détails, retraçant ainsi des bribes de l’histoire des Olson.

Puis un jour, c’est de Christina qu’il décide de faire le portrait. Mais dans son corps brisé et dans sa solitude, la jeune femme devenue vieille fille est-elle prête à faire face à son reflet dans le regard d’un autre ?

Le monde de Christina : l’histoire au bout du pinceau

Le Monde de Christina c’est l’histoire vraie d’un tableau et d’une muse. Pendant de longues années, Christina Olson fût réellement l’inspiration du peintre Andrew Wyeth, qu’elle rencontre par l’intermédiaire de sa fiancée Betsy. Peintre régionaliste et réaliste, Christina’s World demeure l’un de ses tableaux les plus connus pour l’atmosphère particulière qu’il dégage.

Mais au delà du tableau, c’est surtout l’histoire de la femme qui en est le centre que Christina Baker-Kline choisit de nous raconter avec une grande sensibilité. Cette femme à la fois hésitante et résolue, qui semble se tendre vers cette maison sombre avec toute sa volonté en dépit de ses membres tordus et frêles. La maison paraît inatteignable et pourtant… Si le tableau est troublant c’est car en il porte en lui toute l’histoire de Christina.

Et cette histoire l’auteure choisit de nous la traduire en mots. Fascinée depuis l’enfance par le tableau, elle s’est lancée sur la piste de la Olson House et de l’histoire de Christina. Se nourrissant de faits et de documentation, elle n’en fait pourtant pas une biographie. Elle choisit d’en faire un roman et réussit merveilleusement à capturer l’essence du personnage. Sous sa plume, Christina prend vie à travers les pages, à travers les lignes, dans son caractère farouche et obstiné, dans cette volonté de ne rien céder à la maladie. Il y a une résilience incroyable dans la personnalité de Christina à ne pas se laisser dominer par son mal, ou même par les conditions rudes de son existence.

Christina Baker-Kline réussit le joli tour de plume de capturer l’ambiance mélancolique des oeuvres de Andrew Wyeth, l’âpreté de cette vie singulière où Christina se retrouve prise au piège par l’injustice des choix de ses parents. Jamais pourtant notre héroïne ne s’autorisera à se plaindre, jamais elle ne lâchera la barre.

Au fur et à mesure que l’on découvre les détails de sa vie, on peut que comprendre la fascination qu’exerça un tel personnage sur le peintre Andrew Wyeth tout comme sur l’auteur du roman. Connaître l’histoire de Christina c’est comprendre tout ce que Andrew Wyeth a pu mettre dans son tableau. Tout ce qui le rend fascinant.
A n’en pas douter, une telle histoire méritait bien d’être racontée. Et cela Christina Baker-Kline le fait avec un grand talent. Et l’on sent vibrer sous sa plume le désir de rendre hommage à cette femme fascinante qui attire irrésistiblement notre regard au centre du tableau.

Si d’aventure, lecture faite de ce roman, vous parcourez l’oeuvre de Andrew Wyeth, vous y croiserez sans doute une ferme délabrée en haut d’une falaise, une femme ni jeune, ni vieille, aux membres étranges, à l’attitude résolue. Et en la reconnaissant,  vous comprendrez alors à quel point les mots de Christina Baker-Kline pour parler d’elle sont justes.

 

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