Toute la ville en parle : retour au Paradis avec Fannie Flagg

Résumé : Bienvenue à Elmwood Spring !

1889, dans le Missouri, une petite communauté de colons fermiers  venus en majorité de Suède, décide de s’implanter sur ces terres verdoyantes. Sous la direction de Lordor Nordstrom, ils fondent un village. Il y a des saules et des rivières, ce sera donc Elmwood Springs car, cela ne trompera personne. Et, prévoyants, en haut d’une jolie colline, ils délimitent les concessions d’un cimetière Still Meadows.

Voilà notre communauté bien établie, mais qui pourrait alors prévoir tout ce qui va s’y passer ? Car, de 1889 à nos jours, les habitants de Elmwood Springs vont voir défiler bien du changement, de génération en génération, dans cette vie… comme dans l’autre.

Eh oui ! Il se passe de bien drôles de choses sur la colline de Still Meadows et on n’aura jamais vu un cimetière plus pipelette. Il faut dire que les anciens n’ont pas fini de commenter ce qui se passe à Elmwood Springs. D’ailleurs, c’est bien simple : Toute la ville en parle !

Résumé : Toute la ville en parle, un rayon de bonheur !

Vous êtes morose ? Lisez Fannie Flagg !
Vous êtes déprimé ? Lisez Fannie Flagg !
Vous avez besoin d’évasion ? Lisez Fannie Flagg !

Les romans de Fannie Flagg c’est tout simplement la crème du feel-good book. Sans mièvrerie et sans indigestion. Un mélange subtil de malice, d’humour et de tendresse qui se laisse savourer. C’est une invitation à relativiser la vie dans ses bons et ses mauvais côtés. A se dire que l’existence n’est pas forcément si mal, même si tout ne se termine pas toujours bien, vu qu’on finit tous par mourir.
Et encore… Les morts parlent beaucoup chez Fannie Flagg.

Toute la ville en parle ne fait évidemment pas exception à la règle. C’est avec délice qu’on se plonge dans la vie de cette communauté chaleureuse où, au fil des générations, défilent des personnalités aussi insolites qu’attachantes.
La vie coule, le temps passe entre ces vertes prairies, de drames en bonheurs les existences se passent. Et des intrigues se nouent dont le lecteur ne pourra qu’être curieux de connaître le dernier mot. Meurtre, soupçons et petits secrets, toute la ville en parle, surtout au cimetière ! Qui a donc envoyé ce fameux message au shérif ? Pourquoi le cimetière voit-il certains de ses occupants s’évaporer du jour au lendemain ? Taquine, l’auteure vous aura semé au moins un indice. Mais saurez-vous le voir ? Croyez-moi sur parole : on se rit de soi-même en découvrant le fin mot de l’histoire !

Pourtant le monde continue de tourner autour d’Elmwood Springs et on voit la ville changer, se métamorphoser. Comme souvent dans les romans de Fannie Flagg, il y a une part ludique dans cette histoire. Déroulant le cours de l’évolution de cette petite ville et de ses habitants, elle les place face au progrès, à la modernité, à l’Histoire.
Si à Elmwood Spring, en ville comme au cimetière, on n’en finit plus de se pâmer devant les vedettes de cinéma ou de s’émerveiller de l’aviation, de l’électricité ou des premiers pas de l’Homme sur la Lune, la petite ville n’en sera pas moins ébranlée par les guerres ou une modernité galopante.
Dressant le portrait d’Elmwood Springs, Fanny Flagg nous offre tout simplement un voyage dans l’Histoire de ces petites villes rurales qui ont été la base des Etats-Unis d’Amérique, mais dont certaines ont tout simplement disparu aujourd’hui.

Il n’y a d’ailleurs pas que les grands événements qui s’invitent dans ce joli coin de Missouri puisqu’on y voit passer aussi bien l’ex-président Harry Truman et son épouse Bess en 1953 que Bonnie and Clyde sur la route de Joplin en 1933. Quelle histoire, mon dieu ! Mais quelle histoire !

Au fait Elmwood Springs… Ami lecteur amateur de Fannie Flagg, ce lieu ne parle-t-il pas à ta mémoire ? Les personnages de Mack, Norma, Tot, Luther et Elner -oh surtout Elner son fichu caractère et sa confiture de figues !- ne te disent-ils rien ?
Fannie Flagg, dans son précédent roman, nous avait promis que Nous irons tous au Paradis. Elle tient donc parole en nous ramenant à Elmwood Springs au coeur de cette communauté fantasque. Mais alors que dans Nous irons tous au Paradis, elle présentait les choses à partir de l’histoire d’Elner, elle élargit son angle de vue dans Toute la Ville en parle pour nous plonger dans l’histoire de la communauté elle-même depuis ses origines. Les romans se répondent et c’est tout bonnement brillant (*).
A jouer un si joli tour à ses lecteurs, on sent la malice pétiller sous la plume de Fannie Flagg. Et je crois bien qu’elle avait prévu son coup de longue date.
Il faut dire qu’elle a la plume joyeuse, Fannie Flagg ! Elle aime ses personnages autant que ses lecteurs et on prend plaisir à la sentir sourire entre les lignes, s’amuser à nouer ses fils et à se jouer de nous avec tendresse. Ses histoires mettent si bien du baume au coeur qu’on aimerait ne plus jamais quitter Elmwood Springs maintenant qu’on y est revenu.

Pourtant, au fur et à mesure que se vide le cimetière, on sent bien que les temps changent, comme dirait Solaar. Un centre commercial se construit, le coeur de la ville  délaissé disparaît, et elle -même est peu à peu  est grignotée par les zones commerciales. Le coeur serré, on sent bien que notre voyage touche à sa fin. Même si on n’en a pas franchement envie. Pas du tout même. Pas sans un dernier pot de confiture de figues.
Mais chez Fannie Flagg, rien n’est jamais vraiment fini. Ecoutez-donc les corneilles… Et comme toujours, vous quitterez son roman, un rayon de bonheur dans le coeur et le sourire aux lèvres.

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(*) Il s’agit d’ailleurs effectivement d’une série de romans dont vous trouverez la liste sur Goodreads. J’ignore si tous ont été traduits en français.
Pour les plus attentifs, vous noterez qu’elle fait également brièvement le lien avec un autre de ses romans, La dernière réunion des Filles de la Station Service

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“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

3 commentaires Laisser un commentaire

  1. Je n’ai lu que Miss Alabama de l’auteure, donc pas dans la même continuité visiblement, mais avec le même effet feelgood quand on le quittait et je dois dire que tu as réussi à bien m’intriguer avec cette histoire de cimetière qui disparaît ^^

    Aimé par 1 personne

  2. Perso, si on me vend encore Fannie Flagg en me disant « c’est du feel good », je vais fuir ! J’en ai un peu marre de cette dénomination fourre-tout qui sert à placer n’importe quel produit. Fannie Flagg, heureusement, c’est loin de n’être que du feel good !

    Aimé par 1 personne

    • C’est loin de n’être que ça, je suis d’accord mais si tu as une autre façon d’appeler ça, je suis preneuse car pour moi ses romans sont des livres doudous par excellence. Intelligents mais comme un plaid dans lequel on a envie de se lover.

      J'aime

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