REINE de beauté : le polar corsé comme un ristretto

Résumé

Editions Belfond. Collection Belfond noir. Parution: mai 2020 Prix : 19.90€

Victoria n’a jamais été un modèle de soeur aînée, même en matière de demi-soeur. Sa petite soeur Jenny, jolie poupée égérie des concours de Miss, coachée par sa belle-mère, a toujours été la favorite de cette famille où elle n’était que la pièce importée du passé de son père.
Mais lorsque Jenny est retrouvée assassinée dans les bois de leur petite ville du Maine, Victoria est la seule à ne pas croire au coupable idéal trouvé par la police, un simplet, amateur des concours de Miss et fan de Jenny.

Victoria le sait : depuis quelques temps, Jenny n’était plus exactement la parfaite petite fille voulue par ses parents et derrière l’image de la famille parfaite réunie pour le déjeuner dominical se cachait une autre réalité. Comme d’ailleurs, derrière nombre des jolies façades de la petite et en apparence paisible ville de Wrenton.

La voilà donc lancée pour connaître la vérité. Mais pour connaître l’assassin de Jenny, est-elle prête à affronter tous les sombres secrets de cette communauté et les ombres de son propre passé ?

Reine de Beauté : le polar corsé comme un bon ristretto

En voilà du bon polar tordu des familles, bien noir et qui va vous retourner les méninges comme il faut. Un thriller aux pistes soigneusement entrelacées pour constituer un véritable labyrinthe.
Bluffant et acide, ce thriller bien noir dépeint l’Amérique profonde dans toute sa splendeur, entre ses concours de Miss qui sexualisent l’innocence et son puritanisme qui cache les pires secrets des petites villes. Cette Amérique aux façades blanches et aux pelouses bien tondues où chacun sait ce que cache le voisin derrière ses rideaux mais préfère fermer les yeux et l’on préfère mener une double vie bien cloisonnée que d’assumer qui l’on est.

Le roman s’appuie sur un personnage principal qui ne détonne pas dans son ambiance sombre et un peu glauque. Victoria est passablement paumée, écorchée vive avec une légère tendance à trop boire et à mélanger l’alcool et les médicaments. Disons-le franchement, ce n’est pas un modèle de vertu. Mais c’est le parfait décalage dont a besoin le lecteur pour percevoir les ombres dans le tableau, les erreurs sur la photo de famille parfaite. C’est aussi la seule qui justement saura plonger en eaux troubles pour faire remonter des vérités dérangeantes.

Pour mieux troubler les pistes, l’intrigue se construit entre deux fils de narration où le lecteur suit alternativement le parcours de Jenny et les investigations de Victoria. L’auteure, Amy K. Green, joue ainsi à plaisir au jeu du chat et de la souris avec son lecteur, s’ingéniant à alimenter ou à déconstruire dans un fil, les pistes apportées par l’autre. Suspens garanti ! On suppute, on conjoncture dans le méandre des hypothèses. Il vous sera impossible de dénouer les fils de toute cette histoire sans aller jusqu’au bout et il vous sera impossible de lâcher le livre sans avoir eu le fin mot de l’histoire. Un pages-turner savoureux, du plus beau noir, corsé et savoureux comme un ristretto.

Publié par

“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

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