Très chère Maggie,
Il faut qu’on parle. C’est un peu tard, je sais.
Mais quelle idée de s’en aller comme ça. Sans prévenir.
Un vendredi en plus. Juste avant le weekend. C’est sympa le vendredi normalement. Vous auriez pu partir un lundi.

Et puis on ne passe pas 65 ans de cinéma dans la vie des gens pour filer à l’anglaise. Nous n’étions pas prêts, nous.
Oui, je sais. A 89 ans vous aviez le droit d’être fatiguée. Vous n’aviez cessé de nous éblouir depuis 1956, sans jamais faillir, de la scène à l’écran.

C’est égoïste de notre part, à nous, votre public, de s’exclamer de votre disparition. Mais comprenez nous ! Vous aviez pris une telle place dans notre vie à travers tant de rôles au fil de ses années.
71 films et séries, vous avez une idée de la place que ça occupe dans un imaginaire ça ?
J’ai neuf ans quand je vous rencontre pour la première fois à l’écran. Vous êtes la Wendy du plus formidable des Peter Pan (saluez le en passant).
Vous aviez cette présence incroyable. Il ne vous a fallu que quelques scènes pour rendre votre personnage inoubliable.
Après cela, nous n’arrêterons plus de nous croiser au détour de vos rôles. Sister Act, Un Thé avec Mussolini, Nannie McPhee, Harry Potter, Becoming Jane, Downton Abbey, The Best Exotic Marigold Hotel… et tant d’autres. Je n’ai pas vu TOUS vos films, je le confesse. Il m’en manque encore. J’en verrais beaucoup. Et j’en reverrais encore.
Petit ou grand rôle, à chaque fois que vous apparaissez, on ne peut pas vous manquer. Vous étincelez de charisme, de panache, de mordant. Vous avez ce naturel de jeu qui donne une vie incroyable à vos personnages.
Qui nous donne l’impression d’en être proche, de vous connaître un peu.
Si peu.
Vous aviez l’intégrité et la bravoure de Minerva. Le panache et la répartie de Violet Grantham. Sa classe aussi. Oui vous étiez une Dame, une vraie.

Vous étiez cette délicieuse dame so british qui achève d’une réplique et fait éclater de rire dans sa tasse de thé. Ah le thé, une chose avec laquelle vous ne plaisantiez guère.
Avec votre complice de toujours Judi Dench, vous faisiez un duo extraordinaire à l’écran comme à la ville.
Vous étiez extraordinaire, très chère Maggie. La seule et l’unique pour certains personnages.
Un monument à vous seule. Evoquer, comme il se doit, toute votre carrière, au théâtre et au cinéma, serait une tâche colossale. Une tâche que je ne peux pas affronter aujourd’hui. Pardonnez moi.
Je voulais juste vous rendre hommage, vous dire au revoir et combien vous allez manquer au cinéma.
Et à tous ceux qui reconnaissaient votre talent.








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