Sherlock BBC

Copyright Hartswood Film/BBC

Au grand désespoir de certains, je suis fan de Sherlock, la petite perle produite par BBC depuis 2009.  Pour ne pas me taxer de favoritisme, je vais ici tâcher de développer trois raisons objectives du succès de cette série.

Objectives.

Donc autre que Mark Gatiss est formidable.

Et Benedict Cumberbach a de beaux yeux.

Evitons les lieux communs !

  • L’écriture 
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Steven Moffat et Mark Gatiss. Sherlocked Convention. 24/26 avril 2015

C’est le moment où je vais dire du bien de Steven Moffat. Pourtant il faut l’admettre le Moffat & Gatiss style ça fonctionne. Et si on est libre d’en apprécier ou non les effets sur Doctor Who, l’empreinte de ces deux fanboys est partout dans Sherlock. Si la série fonctionne c’est parce que ces passionnés de Sir Arthur Conan Doyle cherchent avant tout à se faire plaisir, en exploitant leur connaissance de l’oeuvre.

L’humour est piquant, l’écriture est dynamique, les références fusent. Et tant pis si certains clins d’oeil passent inaperçus pour non-amateurs de l’oeuvre originale, la magie opère malgré tout.

Une dernière main talentueuse vient apporter sa contribution, celle de Steve Thompson, qui ne démérite pas dans ce trio de scénaristes. Au final, si le fan attentif saura distinguer la touche de chacun à travers les différents épisodes, l’écriture reste fine, incisive, pétillante, mais cohérente et fidèle à l’oeuvre.

Pour le fan de Conan Doyle c’est un plaisir de fin gourmet de pouvoir faire l’aller-retour entre les nouvelles originales et cette adaptation, sans  jamais y perdre en saveur.

  • Le casting
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Sherlock cast. Photo promotionnelle. Source Cumberbatchweb

Calmons-nous les filles ! Je vois les petites culottes voler au fond de la salle. Oui, bien sûr Benedict Cumberbatch. On ne peut pas le nier, le succès repose en partie sur ses épaules. Il s’est approprié le rôle de Sherlock de façon incroyable. C’est un acteur doué, talentueux et pas que dans Sherlock.

De toutes façons, autant tirer sur Steven Moffat est apparemment un sport collectif, autant critiquer Benedict Cumberbatch peut vous attirer les foudres d’Internet.  En même temps, je n’ai rien à lui reprocher.

Mais il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas de Sherlock Holmes sans John Watson.

Et la performance stupéfiante de Benedict n’existe pas sans le parfait écho que lui fait l’impeccable jeu d’acteur de Martin Freeman. C’est une synergie parfaite.

Loin de se laisser dévorer par le personnage envahissant de son alter ego, Martin Freeman nous offre une incarnation de John Watson, tout en nuances et en finesse. J’avoue avoir été bluffée en particulier par la scène du restaurant ( saison 3, épisode 1) quand John voit Sherlock vivant.

(Non ceci n’est pas un spoiler. A moins de vivre dans une grotte, le monde entier est au courant que Sherlock meurt et ressuscite. Pour ceux qui veulent râler je les renvoie à la citation de Mark ci-dessous)  

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La palette d’émotions qui passe à cet instant précis dans le regard de Martin Freeman, c’est touchant et renversant de justesse.

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Martin Freeman. Sherlock. Saison 3, ep. 1. Source Photos promotionnelles BBC via Cumberbatchweb et Sherlockology

L’équilibre du duo est assuré par un panel de personnages « secondaires » ( je n’aime pas cet adjectif. Tout personnage a son importance) qui ne sont pas en reste quant à la qualité de l’interprétation : Una Stubbs, Ruppert Graves, Louise Brealey, Moria…Pardon…Andrew Scott, Lara Pulver. Je pourrais disserter longtemps sur la qualité de ce casting. Mais est-ce vraiment nécessaire d’argumenter ? Le succès de la série parle de lui-même.

  • L’équipe

Pour ceux qui ont l’habitude de jeter un œil au générique, vous aurez peut-être noté qu’un partie de l’équipe technique de Sherlock vient à l’origine de Doctor Who :

  • Les réalisateurs : Euros Lynn, Douglas MacKinnon, Tony Haynes
  • La créatrice maquillage/coiffure : Claire Pritchard-Jones,
  • Le responsable des effets spéciaux : Danny Hargreaves 
  • Le set designer : Arwel Wyn-Jones
  • La créatrice des costumes : Sarah Arthur
  • Une des script supervisor : Non Eleri Hughes 

Derrière une série qui marche, il y a souvent une équipe soudée, qui sait comment fonctionner et comment utiliser au mieux le potentiel de chacun. Sherlock avait cet atout en poche et nul doute que cela a fait une part de son succès. Cette énergie d’équipe se ressent dans l’exigence de qualité du show et les fans ne s’y sont pas trompés.

Preuve en est que l’équipe de Danny Hargreaves est aujourd’hui sollicitée par les fans sur les tournages en extérieur au même titre que les acteurs. Et qu’Arwel Wyn-Jones jouit, lui-aussi, d’une grande popularité auprès du public.

Finalement, Sherlock est, pour ainsi dire, une histoire de famille. Une famille de professionnels, passionnés, consciencieux, perfectionnistes, impliqués. Et leur talent c’est d’avoir su le rendre à l’écran autant que de savoir le partager avec les fans behind the scenes.

C’est probablement ça qui fait la force de cette série. Ce n’est pas moi qui le dit. C’est Mark Gatiss !

But most of all, it’s the story of a team of dedicated professionnals all of whom have come to love Sherlock and John as much as Steven and I ever did.

Mark Gatiss, september 2014, in Sherlock’s Chronicles