Chère Scarlet : devenir mère

Devenir mère

Editions Dunod. Parution : mai 2020. Prix : 15,90

Chère Scarlet est le récit intime d’une dépression partum. Sous forme d’une lettre écrite à sa fille aînée, Teresa Wong nous confie en mots et en images, ce désespoir silencieux et cette longue plongée dans les abîmes. Teinté d’humour et de tendresse, son récit est aussi celui d’une rédemption, celle d’une femme qui parvient à reprendre pied et à se trouver en tant que mère.

Chère Scarlet est un témoignage vibrant d’émotions, entre rire et larmes, qui ne manquera pas de faire écho au vécu de beaucoup de mères. Si j’ai été effarée de voir la façon dont l’auteure avait été livrée à elle-même, après un accouchement lourd, cela n’a pas manqué de me rappeler de douloureux souvenirs de solitude à la maternité où tout devait être fait tambour battant par manque de personnel.
En mettant en avant cette solitude, Teresa Wong ne fustige ici ni les puéricultrices, ni les sages-femmes qui font au mieux en sous-effectif, mais pointe du doigt l’expérience parfois traumatisante que cela peut représenter pour une femme accouchant de son premier enfant et qui se sent désemparée face à son nouveau rôle.
La maternité n’est pas une chose innée qui vous tombe dessus d’un coup de baguette magique pif, pouf à l’accouchement. Dans cette nouvelle expérience, on a besoin de bienveillance et de se sentir accompagnée, guidée. Des notions qui, hélas, par manque de budget et d’effectif, varient sérieusement d’une maternité à l’autre.

Bouleversant, Chère Scarlet est aussi un ouvrage essentiel, car il déconstruit justement l’image d’une maternité évidente, idéale et idyllique. Un cliché qui culpabilise nombre de jeunes mères et les incite à taire leurs incertitudes, leurs doutes, leurs peurs, ouvrant justement ainsi la voie à la dépression post-partum. Sortez les sourires pour les photos et cachez les larmes.
Combien de fois aies-je entendu des amies se justifier :  » J’aime mon enfant mais…j’aimerais juste qu’il dorme. J’aimerais juste qu’il arrête de pleurer. J’aimerais juste comprendre ce qu’il a. » Comme si le fait d’oser dire qu’on est fatiguée ou désemparée ou juste à bout, faisait de nous des mères indignes ou risquait de démontrer un manque d’amour maternel.

Avec simplicité et une poignante sincérité, Teresa Wong nous rappelle par son expérience qu’on ne naît pas mère, on le devient et que c’est parfois un long et douloureux chemin.
Un ouvrage plein de douceur à mettre entre les mains de toutes les jeunes mamans qui doutent ou traversent des moments difficiles pour leur dire qu’elles ne sont pas seules et qu’exprimer leurs incertitudes, leurs doutes ou leur sentiment de ne pas être à la hauteur ne fera pas d’elles des monstres ou des mauvaises mères. Mais les aidera peut-être à trouver leur chemin pour devenir mères.

Merci à Teresa Wong d’avoir eu le courage de revenir sur son parcours pour écrire cet ouvrage et porter un message d’espoir et de réconfort.

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“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

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