
Danny Laferrière est un écrivain joyeux qui a toujours eu le don des titres atypiques: Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, L’odeur du café, Le goût des jeunes filles… Ce volume n’échappe pas à la règle.
Même si les trois ne s’entendent pas toujours entre eux, bien que se connaissant, Danny Laferrière fait partie de mon tiercé gagnants des Daniel:
- Daniel Picouly
- Daniel Pennac
- Danny Laferrière
Trois auteurs, trois parcours, trois styles.
Et une tendresse égale pour chacun de la part de la lectrice de que je suis.
Si Daniel Picouly m’avait touchée au coeur avec La faute d’orthographe est ma langue maternelle (cf article), Danny Laferrière revient dans le jeu du classement de ma bibliothèque avec cet opus atypique.
Ni roman, ni guide, ce journal, indéfini dans le temps, se présente comme une forme de compilation de notes à la fois utiles et pleines d’humour, sur le métier d’écrivain.
182 entrées exactement jalonnent ce journal, classées, si l’on peut dire, par thématique.
Des bases les plus évidentes du métier d’auteur « Comment débuter une histoire », « La préparation », « L’entourage », elles vont en se complexifiant, » L’art de se retenir « , « Les clichés sociaux », « Métaphores et citations ».
Tout comme vont croissants les problèmes d’un auteur, au fur et à mesure de l’avancée de son ouvrage.
Avec un brin d’humilité et une touche d’autodérision, Danny Laferrière y traite, en se basant sur son expérience et sur le parcours d’auteurs lui ayant servis de modèles, à la fois du travail interne de l’écrivain et de ce que à quoi il sera confronté à l’extérieur par rapport à ce travail.
C’est peut-être là d’ailleurs que le terme de journal s’impose le mieux.
Car, bien que sans date, ni lieu comme référant à chaque note, les thématiques suivent pourtant la progression du parcours de l’auteur, son évolution au fil de l’expérience.
A fil des pages, à travers son style inimitable et toujours égal, on perçoit le recul du regard de Danny Laferrière, la tendresse amusée avec laquelle il considère le chemin parcouru.Tout autant les sommets gravis que les ornières.
L’envie, la volonté de partager les doutes, les angoisses, les écueils et les petits bonheurs d’un auteur transparaît tout au long de l’ouvrage.
Comme pour ouvrir le monde de l’écriture au lecteur, quel qu’il soit et créer avec lui une nouvelle connivence.

Nullement rébarbatif, ce petit recueil de post-it de carrière, dirais-je, peut être une amusante découverte du parcours initiatique de l’auteur pour ceux qui seraient curieux de le découvrir ou une forme de lettre amicale à l’intention de ceux qui voudraient se lancer dans l’écriture.
C’est une invitation tout autant qu’un fil d’Ariane.
Si certains ont été déconcertés ou déçus par cet ouvrage de Danny Laferrière, en comparaison de ses productions habituelles, pour ma part, je l’ai lu, le sourire aux lèvres, un crayon dans une main, les post-it dans l’autre…
J’ai imaginé Danny Laferrière, en pyjama de coton rayé, le café à portée de main, martelant sa machine à écrire, en souriant.
Journal d’un écrivain en pyjama…








Répondre à juneandcie Annuler la réponse.