La séance Archive

J’exhume aujourd’hui du grenier de ma mémoire pour le partager avec vous un petit trésor du cinéma français.

1972, c’est déjà pas récent pour moi, alors pour les plus jeunes d’entre vous, c’est de l’archéologie !

Un petit bonheur qui sent bon les belles années où le cinéma se faisait entre copains, avec des répliques qui claquent et qui restent.

L'Aventure, c'est L'Aventure : Affiche

Sortie : 1972

Réal : Claude Lelouche

Scénario : Claude Lelouch, Pierre Uytterhoeven

Je m’arrête ici sur le casting qui est un petit cadeau en soi: Charles Denner, Charles Gérard, Jacques Brel impayable dans ce rôle de truand, Aldo Maccionne devenu légendaire pour certaines scènes dont on reparlera et mon merveilleux Lino Ventura.

Il n’aurait manqué que Gabin à cette fine équipe. Mais le Vieux a l’époque n’est plus vraiment dans l’esprit de Touchez pas au grisbi. Il vient d’ailleurs de terminer le Chat avec Simone Signoret l’année précédente.

  • L’histoire en deux mots

Dans un monde et une société post 68 en plein changement, cinq truands décident de délaisser les banques pour se tourner vers des voies plus lucratives : enlèvements programmés de célébrités ou de politiques, mercenaires pour des armées révolutionnaires.

Nos cinq braqueurs en reconversion voient là une occasion de profiter du climat de confusion et de contradiction ambiante pour se remplir les poches. Prudents et peu à l’aise dans ces nouvelles voies professionnelles, ils n’oublient toutefois pas de se former avant de se lancer.

Mais à trop jouer de la confusion, ils se retrouvent parfois dans de drôles de pétrins.

  • Un petit bijou de Lelouch

Politiquement incorrect à l’époque parce qu’il tourne en dérision le climat confusion politique et sociale, L’aventure c’est l’aventure est un film aussi jouissif que drôle parce qu’il se ne prend pas au sérieux.

La fine équipe de copains du casting s’en donne à coeur joie, rendant plus savoureuses encore des répliques déjà bien aiguisées.

Simon : Moi, en ce moment, je sais plus où donner de la tête. Je fais du tir au pigeon sur des PDG. C’est d’ailleurs assez marrant, parce que je tire sur des types de droite, je suis payé par l’extrême droite et c’est pour mouiller l’extrême gauche.

C’est loufoque, absurde et sans prétention. Pourtant ça a marqué le cinéma de scènes impayables.

Un morceau d’anthologie tourné, parait-il, sur la plage du Club Med de Guadeloupe.

Moment de fierté chauvine.

Ce film a curieusement marqué mon enfance. J’en riais déjà petite et j’en ris encore aujourd’hui, quand bien même j’en connais tous les ressorts.

La séquence normalement sous-titrée est en italien mais parfaitement compréhensible. Aldo a volé une voiture avec laquelle il a un accident avec Lino Ventura. Celui-ci qui cherche à fuir le territoire après son évasion, le force à l’emmener à l’aéroport. Mais un excès de vitesse les fait arrêter par la police qui détecte que la voiture est volée. Lino insiste alors sur le fait qu’il ne connait pas Aldo : Io, no lo conosco !

Mais les policiers le reconnaissent. Et les deux sont pris ensemble.

Ce n’est pas un film qui avait vocation à être du grand cinéma mais plutôt un film de copains dont l’idée était de se moquer d’un état de fait.

Daniel  : Le capital, c’est foutu. La Cinquième, c’est foutu. Le PC, c’est foutu. La société de consommation, c’est fini tout ça, c’est foutu. Les bagnoles, foutu.

France Info nous rapporte d’ailleurs dans un article comment Claude Lelouch raconte avoir eu l’idée du film:

En 1971, Claude Lelouch est invité à un dîner chez un ami, où sont également conviés des journalistes des Cahiers du Cinéma. À la fin de la soirée, il avoue à son hôte qu’il n’a absolument rien compris de ce qui s’est dit mais il voit là un sujet en or : la confusion. Tous ces beaux discours d’intellos n’ont pour lui ni queue ni tête, seul compte le charisme de l’orateur. Et il imagine une bande de voyous profitant de ce maelström ambiant pour faire ce qu’ils savent faire le mieux : de l’argent !

Vous pouvez retrouver l’article complet Ici.

De cette absurdité Lelouch tire une scène inoubliable qui clôture le film.

Hommage au blog de l’Odieux Connard : spoilons mes bons.

De toutes façons, cette scène ne révèle rien ni de l’intrigue, ni du final, ni des péripéties.

Un magnifique morceau de n’importe quoi qui n’est pourtant pas sans rappeler certains vrais discours politiques, annonce automobile mise à part.

C’est magnifique de n’importe quoi.

Et même si certains ont le droit de ne pas apprécier, c’est resté pour moi un jolie pièce du cinéma français.

Avec de la gouaille, de la dérision et un casting inoubliable.

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