Freaky Friday: Life in plastic, it’s fantastic

Source JouéClub

Sortez vos mèches blondes et votre top rose fluo le plus moulant, on replonge  en 1997 avec:

Je ne vais pas vous le cacher, j’ai adoré cette chanson.

Et ce pour deux raisons.

La première c’est que les paroles ont ulcéré Mattel qui a hurlé qu’on attaquait l’image de Barbie

I’m a barbie girl, in a barbie world
Life in plastic, it’s fantastic.
You can brush my hair, undress me everywhere.
Imagination, life is your creation.
.

Come on Barbie, let’s go party !

I’m a blond bimbo girl, in the fantasy world,
Dress me up, make it tight, I’m your dolly.
You’re my doll, rock and roll, feel the glamour in pink,
Kiss me here, touch me there, hanky panky.
You can touch, you can play, if you say I’m always yours

Uu-oohuh. 

Attaquer, attaquer… Oh ! Si peu !

Étaient-ils susceptibles franchement ces marketeux !

Car finalement la chanson ne faisait que dire tout haut ce que tout le monde (sauf les enfants !) pensait de Barbie

Avec les vêtements et le maquillage qu’elle portait, on n’allait tout de même pas essayer de nous faire croire que Barbie était prude, vierge et innocente ? 

Déjà qu’elle était superficielle…

Si ?

En y repensant c’était quand même bien ironique quand on voit la plastique de leurs poupées et les lignes directrices des gammes. 

Barbie amies mode glamour
Source Jouéclub. Copyright Mattel

Aaah Barbie, ce modèle féministe méconnu ! Sa tendance aux fringues moulantes et roses, sa taille atrophiée, sa blondeur péroxydée, ses horizons professionnels limités (Docteur, vétérinaire, danseuse, star, hôtesse de l’air, maîtresse d’école) et son 95E. 

Je ne reviendrais pas sur le débat sur la plastique de Barbie et la vision que les développements artistiques choisis donnent comme image de la féminité aux petites filles.

C’est un débat sans fin. On y passerait l’après-midi. 

Le meilleur dans cette chanson, c’est qu’il y avait deux niveaux de lectures selon l’âge.

Il y avait celui des gens de mon âge, assez grands pour apprécier la parodie et les paroles.  

Personnellement, faisant partie physiquement du commun des mortels, j’ai apprécié de régler ainsi mes complexes de petite fille vis à vis de Barbie et de jeter un regard critique sur l’idole de mon enfance.

Et puis, il y a eu les enfants…

Laissez-moi donc vous donner un aperçu de l’innocence enfantine à travers une petite anecdote. 

Père Castor raconte-nous une histoire !

Calez-vous confortablement et imaginez la scène.

C’était un beau samedi matin ensoleillé. J’étais en train de réfléchir assidûment au devenir de l’humanité.

Comprenez: je glandouillais sur mon lit avec un bouquin en écoutant du Goldman.

La fête de Noël de l’école maternelle en bas de la maison battait son plein. Quant, entre deux séries de piaillements aigus, une mélopée lointaine et familière vint frapper mon tympan.

Par curiosité, je me rendis donc sur le balcon pour mieux entendre.

Là, un vague rictus de cynisme est passé sur mes lèvres. J’ai oscillé entre hilarité et désespoir.

Comment vous expliquer l’extraordinaire ironie du spectacle que j’avais sous les yeux.  Des petites filles de trois ans à peine, chantant sur la musique à plein poumons:

I’m a barbie girl, in a barbie world
Life in plastic, it’s fantastic.
You can brush my hair, undress me everywhere.
Imagination, life is your creation.

Avec tout l’enthousiasme de l’innocence. C’était cuute à pleurer. 

Quel adulte avait-eu l’idée farfelue d’ajouter ça à la playlist.

Oh mets ça c’est bien ! C’est la chanson de Barbie ! Ils adorent. 

Make me walk, make me talk, do whatever you please,
Fais-moi marcher, fais-moi parler, fais tout ce qui te plait
[…]

You can touch, you can play, if you say : I’m always yours
Tu peux toucher, tu peux jouer si tu dis : je suis toujours tienne
You can touch, you can play, if you say : I’m always yours

Oh yeah ! Let’s go party.

Pour les petites filles, c’était merveilleux, leur copine, leur modèle avait une chanson.

Sic !

Et plus tard, elles seraient comme elle.

Argh !

Je vous rassure. Mon impression du moment a été rapidement balayée par le comique d’une autre scène. Le Père Noël arrivant à ladite école et descendant en rappel depuis le haut de l’échelle du camion des pompiers.

On aurait dit un jambon au dessus d’une fosse aux lions. 

Allez, sans rancune aucune pour Mattel, remercions Aqua de nous avoir laissé ce souvenir impérissable.

Car on dira ce qu’on en voudra, c’est triste ou pas, mais Barbie fera toujours rêver les petites filles. A chacune de revenir de ses illusions en grandissant.