The Lizzie Bennet Diaries : Jane Austen contre-attaque

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J’avais évoqué lors de mes précédents articles cette sympathique et très inspirée mini-série The Lizzie Bennet Diaries.

Un vrai régal pour tout amateur de Pride&Prejudice qui se respecte. C’est modernisé avec intelligence et subtilité. Les références essentielles sont replacées avec justesse.

Même un râleuse de première comme moi, qui se hérisse facilement des infidélités littéraires, se laisse prendre au jeu avec délectation. On devient d’ailleurs vite accros. C’est bon, c’est fin et ça se dévore sans faim (ou fin).

Ils ont d’ailleurs été la première web-série Youtube à recevoir un Primetime Emmy, (Creative Arts Emmy for Outstanding Creative Achievement In Interactive Media – Original Interactive Program)

Oui, c’est super long comme nom pour une récompense !

Le casting est aussi à saluer. Vraiment, vraiment bons.

Moi qui ne jure que que par Colin Firth pour Darcy et Jennifer Ehle pour Elisabeth Bennet, je me suis laissée prendre au charme du naturel d’Ashley Clements et du  Darcy interprété par Daniel Vincent Gordh. 

Pourtant au départ, j’étais réticente. Comme beaucoup, j’avais une image très définie de Darcy depuis la mini-série de  BBC. Néanmoins, Daniel Vincent Gordh a su me bluffer, ajoutant à son interprétation personnelle et moderne un je-ne-sais-quoi du charme de l’original.

Et que dire d’Ashley Clements fait quant à elle passer Elisabeth dans l’ère moderne avec une aisance déconcertante. Elisabeth Bennet devient soudain Lizzie la fille assise à côté de vous en fac, votre copine marrante qui tient un vlog et a une mère insupportable. Pourtant trouver l’interprétation juste dans ce type de format particulier n’est pas une sinécure.

Et cela pour ne parler que de ces deux là. Mais les autres membres du casting ne sont pas en reste et les personnages trouvent dans leur interprétations un coup de jeune et de peps très rafraîchissant. Loin de tourner en désuétude l’oeuvre originale, cette réinterprétation ne fait que souligner la modernité de l’écriture de Jane Austen.

Pour l’anecdote, Laura Spencer qui interprète Jane est aussi Emily, la petite amie de Raj dans The Big Bang Theory. Et vous ne connaissez que trop bien son visage pour l’avoir aperçu dans d’autres séries comme 2 Broke Girls par exemple.

Source 

Et vient LA question : The Lizzie Bennet Diaries, trip d’amateurs très doués mode Noob ou oeuvre de pro ?

La réponse est dans les crédits : Pemberley Digital. Oui, ils ont osé cette référence.

Nota pour les novices de Jane Austen :  Pemberley est la splendide demeure de Mark Darcy. Celle qui a un étang où plonger avec une chemise blanche. 

Derrière ce nom, c’est le paquet surprise pour les amateurs de Jane Austen mais aussi pour les aficionados littéraires du 19ème : Emma et Sanditon , mais aussi Frankenstein et Les 4 filles du Docteur March.  C’est le paquet de bonbons des classiques en version web-séries modernes pour (presque) tous les goûts !

Pemberley Digital :  Qu’est-ce-que c’est ?

Une petite équipe d’une dizaine de personnes, scénaristes, auteurs, producteurs en herbe issus du monde de la télévision et surtout d’internet. Geeks inspirés, ils ont monté ce projet insolite avec un certain flair.

Le concept ?  Développer des web-séries inspirées de classiques de la littérature, en extrapolant leurs intrigues du point de vue du vlog, en se basant sur les modes de communications actuels.

Poussant le vice jusqu’au bout, ils ont ancrés les intrigues de leurs séries dans les réseaux sociaux. Twitter et Tumblr servent ainsi de relais aux intrigues et offrent des points de vues différents du déroulement des événements dans les épisodes. Les personnages y ont leurs propres comptes, à l’instar des acteurs. Une façon singulière et connectée de faire vivre des intrigues pourtant issues du 19ème siècle. Mais aussi d’accrocher le spectateur.

Ce point de vue de départ détermine aussi à la fois l’écriture des scénarios et la réalisation leur conférant un style complètement original.

Non, chez Pemberley Digital, ce ne sont pas des amateurs. Tout du moins, ils ne sont pas nés de la dernière pluie !

Leur audace est payante puisque depuis 2012 leurs mini-séries collectionnent les récompenses dans leur domaine. En 2015 Emma Approved remporte à son tour un Primetime Emmy (Cf Intitulé plus haut j’en ai encore une crampe de tout à l’heure !)

En résumé, Pemberley Digital a eu mon coup de coeur tant pour la qualité, l’originalité que le contenu. (*) Mais attention, ce genre de format, quand c’est bon, c’est comme une boite de chocolats : on a vite fait de les dévorer !

Mini-Serie Addict in Action !

(*) En plus, ils ont de l’humour car Pemberley Digital est aussi le nom de la compagnie de William Darcy dans leur adaptation. Compagnie versée dans la communication web. J’adore ce type de clin d’oeil !

(**) Dans un style plus gore mais amusant, pour ceux qui auraient loupé le coche, je rappelle que le trailer de Pride and Prejudice and Zombies est sorti. Vous pouvez allez le voir ici : Le Bruit du Cinéma