La Gaieté, Justine Lévy

Copyright Le Livre de Poche
9782253087243-001-T
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Le Livre de Poche

Date de parution:  04/01/2016 / Prix 6,90€
Note : 3.8 /5. Émouvant et débordant de tendresse.
Résumé: Le jour où elle tombe enceinte, Louise décide d’entrer en résistance contre l’angoisse sourde des souvenirs qui la ronge. De chasser la tristesse pour ne pas la transmettre. Mais comment chasser un mal dont on a tenté si fort d’oublier les racines ?

Se débarrasser du chagrin, de l’angoisse. De cette tristesse pesante, oppressante qui se transmet comme un venin entre mère et fille. Par amour. Pour ne pas la laisser en héritage à ses propres enfants. C’est le combat que décide de mener Louise et qu’elle retrace dans ce roman avec humour et une forme de petite lucidité triste. Mais il y a des maux qui ne s’éteignent qu’en en arrachant la racine. Malgré elle, au fil de cette nouvelle vie de mère, à travers sa relation à ses propres enfants, les souvenirs remontent, réminiscences d’enfance.

A travers une tendresse débordante pour une mère fragile se dessinent les contours d’une réalité plus sombre, teintée d’addictions diverses. Entre les lignes se lit l’urgence de se débarrasser de ce poids. D’échapper à la tristesse pour ne pas reproduire un schéma destructeur avec ses propres enfants.
Dans le flot des souvenirs trop longtemps étouffés, le regard tendre de l’enfant et celui plus lucide de l’adulte se croisent. Qu’a-t-il pu se passer à Kuala Lumpur que la petite Louise a préféré ensevelir sous sa tristesse ?
Il va falloir aller, contre son gré, au bout des souvenirs pour le découvrir. Pour accepter. Pour pardonner, recoller les morceaux brisés du portrait d’une mère, pouvoir enfin exister et peut-être retrouver la gaieté.
Un roman douloureux et empli de tendresse à l’écriture juste, presque fragile. On la sent cette tristesse qui se faufile entre les pages, qui s’insinue au bout des doigts, subtile venin qui se distille.
A travers cette histoire émouvante, c’est la question de la relation que nous avons à nos parents, de ce que nous portons de leur histoire qui est posée avec délicatesse et lucidité.
« […] et je sais juste qu’une maman malheureuse vous refile toujours un bout de son malheur, sans le faire exprès et sans le savoir, c’est comme ça, le chagrin ne disparaît pas quand il s’en va, il passe d’une personne à l’autre, comme un rhume, un bâillement, une toux ou un fou rire. Mais on n’a jamais parlé de tout ça, on se comprenait sur la musique mais pas sur le chagrin, sur nos parfums mais pas sur cette peine qu’elle m’a refilée, et c’est pour ça que moi, j’ai décidé d’arrêter la contagion, pour eux, mes enfants, stop, cordon sanitaire, compresse hémostatique, Betadine, Coalgan, Surgicel, j’ai sorti tout l’arsenal et j’ai bloqué la transmission. »