BO Bilbo: Vous reprendrez bien un peu de Hobbit?

Si j’ai un peu de mal avec cette seconde plongée en trois volets dans l’univers de Tolkien, version La- Nouvelle- Zélande- et -moi, que j’ai trouvée looongue… très loooongue….

Et puis moi les scènes d’introduction de trois heures à base de gobelin et de morve, où l’on sait que Bilbo ne va pas mourir maintenant, car il ne va pas mourir Georgette, vu que c’est la première heure du premier volet. C’est juste un peu le héros quoi. Voilà quoi. J’ai les rhumes du Minion pour faire aussi épique.

… Sa bande originale en revanche a su me charmer, car aussi étrangement que cela puisse paraître, elle, en revanche, reflétait bien l’atmosphère qui devait baigner cette nouvelle aventure au pays des petits aux pieds poilus.

Une ballade douce et poignante où l’on sent parler la nostalgie de temps anciens, l’appel du combat et le manque lancinant du foyer perdu.

Rendons à César ce qui lui appartient, sur ce point-là, ils n’ont pas raté leur coup. Je tendrais même à dire avec tout l’amour que j’ai pour Martin Freeman, Peter Jackson et tant d’autres que c’est presque plus réussi que le film. Même les trois films.

La preuve s’il en est, cette autre chanson qui accompagne le second volet.

Je n’avais jamais vraiment prêté attention au p’tit Ed Sheeran… Oui je dis p’tit parce-que de mon point de vue c’est encore un p’tit jeune. Surtout avec cette bouille de nounours….

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Source The Hollywood reporter. Copyright Ben Watts

… No offense, mais il a beau avoir des tatouages, ça ne me choquerait pas de le voir jouer Paddington. Mais je m’égare là… Pourtant, en étendant cette mélodie mes oreilles se sont dressées telles celles d’un lapin qui entendrait parler d’un champ de carottes. Il m’a bluffée, dupée, scotchée. Je pourrais presque dire que j’en aimé le film pour la façon dont la chanson m’en parlait. C’est une plainte douloureuse, un chant d’adieu et de combat.

L’association peut vous paraître étrange et, certes, très personnelle, mais lors des attentats de Charlie, cette chanson m’est venue à l’esprit comme un écho. Non un chant de guerre mais l’avertissement d’une menace étrange et grondante dans l’ombre. Elle est revenue plus douloureuse encore lors des attaques du 13 novembre…

« And if we should die tonight
Then we should all die together
Raise a glass of wine for the last time
Calling out father, oh
Prepare as we will
Watch the flames burn auburn over
The mountain side. »

J’ai pensé à ceux qui avaient bu ce dernier verre ce soir-là. Et je me suis demandée dans quelle mesure nous étions prêts à faire face à ce feu qui s’approchait, à mourir ensemble et debout pour défendre nos valeurs et montrer que nous n’avions pas peur. Et qui se souviendrait de nous alors ?

« Desolation comes upon the sky

Now I see fire
Inside the mountain
I see fire
Burning the trees
And I see fire
Hollowing souls
I see fire
Blood in the breeze
And I hope that you remember me »

C’est étrange comme parfois une histoire, une chanson peut trouver une résonance dans la réalité.

La chanson de l’ultime volet du Hobbit, l’achèvement de la grande fresque cinématographie épique de Peter Jackson, devait, elle aussi, prendre une triste signification avec la disparition de Christopher Lee.

La fin d’un inoubliable périple cinématographique, autant pour les fans que pour une équipe devenue pour ainsi dire une famille au fil des ans. Aucune famille n’aime enterrer l’un des siens…

Je n’ai pas résister à la dernière tentation de Peter Jackson et en dépit de mes réticences j’aurais vu tous les volets. Parce-que malgré tout j’avais envie de retrouver les immenses espaces de la Nouvelle-Zélande et le souffle de grandes aventures héroïques. Et peu importait finalement que je dusses m’impatienter contre les incohérences narratives ou les longueurs.

Après tout cela laisse le temps de refaire du pop-corn !

J’aime ces chansons car elles font revivre en moi des images. Elles raniment mon âme d’enfant. Celle de la petite fille qui écoutait bouche-bée sa mère lui conter de palpitantes aventures avec de la magie, des héros courageux et des méchants à frissonner sous sa couette.

Je peux lui en reprocher beaucoup mais Peter Jackson a su réveiller ça en moi. Et c’est cela que ces chansons me racontent. Elles parlent d’aventures, de dangers et d’amis qui m’attendent au détour d’un film … ou d’un livre. N’est-ce pas là le signe d’une bande originale réussie ?

« To these memories I will hold
With your blessing I will go
To turn at last to paths that lead home

And, oh, where the road then takes me,
I can not tell
We came all this way
But now comes the day
To bid you farewell

I bid you all a very fond farewell . « 

Addendum : Suite à cet article, Lady Butterfly nous a composé une très sympathique rétrospective des inspirations musicales du Seigneur des Anneaux à travers les années (les âges ?) que je vous invite à découvrir ici.