The Gordian Knot. Part I. Chapt 5

Partie I : Vatican’s Cameos

 

Chapitre 5 : Partir.

SeriesTV, octobre 2009

«  Si le magnifique Mark Carlton Bennett nous avait déjà fait le plaisir de signer quelques perles, assurément The Gordian Knot signe son coup de maître. On sent d’ailleurs le plaisir du scénariste à jouer avec les hauts niveaux du suspense et de l’humour. Un style incisif, une écriture décalée, The Gordian Knot est sans hésiter une des meilleures créations télévisuelles outre-Manche pour cette année. »

Avec son espièglerie habituelle, Carine avait dissimulé cette critique dans l’agenda de Chloé à la page marquant la semaine de diffusion officielle en France de la nouvelle saison.

Août s’était éclipsé comme une brise, laissant la place au mois de septembre. Mais cette fois, Chloé n’avait plus l’intention de se laisser submerger. Elle s’était jetée dans la mêlée à corps perdu, avec passion, cœur, sang et tripes.

Au milieu des hostilités, elles partagèrent cette soirée avec une complicité renouvelée.

– Quand même tu ne t’embêtes pas ! Tu n’as pas choisi le plus moche pour correspondre ! lâcha Carine à la fin du premier épisode.

– T’es gonflée ! C’est toi qui as choisi ! rétorqua Chloé, bouche bée, bouteille de bière en main, affalée sur le canapé, les pieds en l’air.

-C’est vrai. J’aurais pu choisir Mark, mais cela aurait été moins piquant ! renchérit Carine, en fronçant le nez.

-Mark, je n’aurais pas osé ! affirma Chloé presque timidement. Je ne l’ai rencontré que sous la menace de Cerise ! Seule je n’y serais pas allée.

A ce souvenir, elle reprit une gorgée de bière pour enrailler son émotion et après un instant de réflexion, elle ajouta :

– Faut dire qu’avec Cerise, bonjours la discrétion ! Rien que ses écharpes c’est un signal d’alerte ! On était direct dans la ligne de mire.

-T’es vraiment un drôle d’oiseau ! s’exclama Carine. Ton boulot c’est quand même de travailler avec des gens comme ça. Comment veux-tu éviter ce genre de rencontres ?

-Le travail, c’est le travail ! lâcha Chloé confusément péremptoire. En dehors, c’est … différent. Ils sont comme à part, tu vois ? C’est une forme de distance. De respect.

Amusée par les contradictions intérieures de son amie, Carine ne put s’empêcher de la railler :

-Dit la fille qui a osé répondre à Mark Carlton Benett que manger des jeunes filles c’était bon pour la santé !

****

               Le mois de décembre ramena, avec la perspective des fêtes en famille, un soupçon de morosité dans la vie de Chloé. Elle se retrouva en exil, confrontée à cette facette sombre de son existence.

En dépit du fait qu’elle abordait avec succès son ultime année de formation, sa mère n’admettait toujours pas sa vocation professionnelle. Quel gâchis pour ces capacités !

Son père s’enfonçait dans un univers parallèle bâti sur les bribes du passé. Si les traitements retardaient les effets de la maladie, la dépression qui avait suivi le diagnostic en avait fait un vieillard enfantin privé de toute initiative.

Pour rallumer quelques lumières dans ses yeux, Chloé l’entraînait dans des marathons cinématographiques, dépoussiérant de vieilles VHS.

Pendant une de ces après-midis aux relents de salle obscure, il lui porta un coup au cœur sans le vouloir. Installés devant « Le Cercle des Poètes disparus », il se tourna vers elle et chuchota comme s’ils étaient dans une vraie salle de cinéma : «  Vous savez, ma fille adorait ce film… « Carpe, carpe diem, seize the day boys, make your lives extraordinary.[1] »

Il y a des choses qu’on a beau savoir, on n’est jamais préparé à les encaisser.

Ces quelques jours suffirent à lui miner le moral et elle retrouva sa colocation avec Carine au bord de l’asphyxie.

«  Une très belle année à une fan particulière. Puissent tes efforts et ta détermination être couronnés de succès. Alexander »

Quelques mots au dos d’une photographie de tournage qui ne lui arrachèrent qu’un pauvre sourire. Sur l’image, Alvin et Alexander se tenaient l’un à l’autre en pleurant visiblement de rire.

Pendant qu’elle s’appliquait à organiser sa vie, l’équipe de The Gordian Knot se préparait à reprendre du service. Les pièces du puzzle de la pré-production se mettaient doucement en place.

Ce furent donc des questions de timing qui trouvèrent Alexander à Londres fin février. Producteurs, réalisateur, scénariste, acteurs principaux, tous s’étaient retrouvés dans les locaux de la BBC afin d’établir le planning de production.

Un immense tableau de liège était accroché dans la salle de réunion pour accueillir les vagues de lettres passionnées et plus ou moins délirantes. Spontanément les membres de l’équipe en partageaient quelques-unes avant  la mise en production. Une façon de faire renaître la synergie de l’équipe et sa motivation avant les mois de tournage.

Cela permit à Alexander d’honorer enfin la promesse faite à Chloé en accrochant sa lettre parmi les autres. Il l’avait mise de côté pendant ces longs mois dans l’attente de cette réunion.

 Trouver un moyen d’accorder les plannings était généralement l’objet de longues et fastidieuses discussions. D’autant plus interminables que Mark en profitait pour soumettre la ligne directrice de la nouvelle saison, afin de limiter les interrogations quant au scénario final. Le scénariste, pointilleux, n’était pas avare de précisions, d’arguments, de petites piques. On le sentait frétiller à l’idée de retrouver son jouet, ce qui ne l’empêchait guère d’être tyrannique. Alors que chacun laissait à peine décanter la première lecture du scénario, il plongeait déjà dans l’analyse ou les indications de jeu. Les idées fourmillaient visiblement dans sa tête et par moment il était pris de grands griffonnages frénétiques ignorant le reste de l’équipe qui l’attendait patiemment pour continuer la discussion.

Aussi les pauses café étaient-elles fréquentes pour laisser à chacun la possibilité de respirer au milieu de ces pourparlers dignes d’un nœud gordien.

 Partageant le réconfort d’une lavasse infâme contre laquelle Mark pestait ostensiblement, Alexander s’arrêta en compagnie de celui-ci devant le panneau déjà constellé de lettres et témoignages d’affection en tous genres. Déclarations d’amour, dessins, montages photos, cette ferveur décuplée donnait un peu le vertige.

Ils s’absorbèrent quelques minutes dans la lecture de ces proses. Sirotant une étrange tisane, Victoria Levin, l’altière productrice de la série vint se joindre à eux, enveloppant sa présence d’un sillage éthéré de Dior. Soudain la voix de Mark brisa leur contemplation.

-Celle-ci est intéressante, nota-t-il en désignant du regard un des multiples feuillets épinglés.

Victoria s’approcha pour lire par-dessus son épaule tout en mordillant la spatule en plastique destinée à mélanger son breuvage. Alexander les rejoignit mais n’eut pas besoin de s’y attarder. Il confirma dans un sourire :

-Oui, celle-ci est particulière. C’est sûr.

L’intonation de sa voix fit lever un sourcil interrogateur à Mark qui se tourna vers lui, attendant une explication. Ne sachant comment poursuivre, Alexander écourta le sujet:

-Elle veut devenir scripte. J’ai un peu conservé le contact avec elle, histoire de lui donner éventuellement un coup de pouce.

Sans un commentaire, Mark eut un sourire ironique et  lui donna une claque sur l’épaule en s’éloignant. Alexander poussa un soupir imperceptible tandis que Victoria, tout entière à sa lecture, murmurait songeuse :

-Il y a de l’idée, c’est certain.

 Quelque chose d’encore obscur et inidentifiable germait lentement au fond de son esprit rôdé à la stratégie et au marketing. Elle sentait poindre l’embryon d’une idée qu’elle ne parvenait pas encore à saisir. Agacée, elle relégua tout cela dans un coin de sa tête et retourna vers le groupe poursuivre la séance.

****

 « Juste quelques lignes rapides car je suis en plein rush. Merci pour les nouvelles. Vous n’imaginez pas combien c’est motivant de partager avec vous une certaine vision des choses et une part de vos projets.  Chloé»

Avec le mois d’avril se profilèrent deux évènements : les dernières sessions d’examen de l’année et les nominations des BAFTA  ou British Academy Television Awards . Un moment important pour évaluer les productions en cours de diffusion.

 Chloé était en stage de montage sur Lyon. Par un heureux hasard, elle  s’était retrouvée en binôme avec un camarade de promotion. Talentueux imitateur, Alexis s’amusait à refaire les dialogues des morceaux qu’ils montaient. Il prenait un malin plaisir à parodier De Funès, Bourvil et d’autres figures connues, entraînant Chloé dans ses improvisations. La publication de la liste des nominations des BAFTA fut une source de conversation inépuisable entre eux.

 Chloé était séduite par l’humour, le charme d’Alexis et l’attention qu’il lui portait. Un léger flirt s’instaura entre eux. Mais son esprit était bien trop porté sur les enjeux de cette année pour se laisser aller à une relation plus sérieuse. Parvenus au terme du stage, ni l’un, ni l’autre, ne trouvèrent le temps nécessaire à cette ébauche d’histoire. Finalement les choses en restèrent là.

                « Je ne serai que très peu à Londres dans les prochains temps car j’enchaîne sur un autre long métrage qui va me balader entre Sidney et la Russie. Je te laisse l’adresse mail de mon agent afin que nous puissions poursuivre nos échanges. Note ton nom en objet qu’il me fasse suivre […] PS : Comment s’est passé ton stage de montage ? Alexander.»

Par un étrange hasard de calendrier, la cérémonie des BAFTA et sa dernière épreuve se déroulaient à vingt-quatre heures d’intervalle, faisant monter tout à la fois une excitation et une pression sans nom chez la jeune femme.

Du fait de sa correspondance avec Alexander, elle se sentait paradoxalement aussi nerveuse pour le déroulement de ses examens que pour les résultats des BAFTA. Elle se retint au moins vingt fois d’évoquer sa nomination comme meilleur acteur. Il devait pourtant se douter qu’elle y pensait, puisque lors d’un ultime mail, il lui écrivit cette phrase sibylline : C’est une étrange coïncidence de voir que sous peu nous allons tous deux affronter le jugement de nos pairs. I wish you all the best ! 

 Carine aussi lui manifesta son soutien. A sa façon. C’est ainsi qu’au matin de sa première épreuve, Chloé trouva collée au dos de sa convocation, une énième critique de The Gordian Knot.

CinéLive.  Mars 2010

«  Un mélange totalement improbable entre l’humour d’un duo à la Starsky &Hutch et une ambiance sombre et haletante digne des grands maîtres du thriller. Le tout soigneusement relevé d’une touche absolument geek. Le pari était risqué et pourtant cela fonctionne ! Preuve de l’efficacité de l’écriture britannique. La production BBC nous concocte avec la maîtrise d’un grand chef (Steven Hawkings !) un plat de fin gourmet, servi par un casting impeccable. Des acteurs qui montent pour une série qui menace d’exploser les audiences et une deuxième saison de haut vol pour notre plus grand plaisir. Laissez-vous emporter dans les bas-fonds de The Gordian Knot »

 Elle se lança dans cette ultime bataille avec un stress qui lui broyait les entrailles. Pas après pas, elle avançait en équilibre sur son fil, ne cherchant pas à voir l’arrivée, se concentrant simplement sur le fait de ne pas tomber.

Le dernier jour, elle rentra avant Carine et se laissa d’emblée tomber sur le canapé et sombra avant même d’avoir pu mettre un soupçon d’ordre dans ses pensées.

 Le lendemain, à l’heure dite,  les deux addicts étaient aux aguets. Accrochées à leurs ordinateurs, les filles retenaient leur souffle. Quand la catégorie « Meilleur acteur » arriva, Chloé ferma les yeux.

L’annonce du résultat fit jaillir un concert de lamentations dépitées. Mais Chloé dut bien s’avouer belle joueuse car la récompense revenait au talentueux Kevin Spacey pour « House of Cards ».

Il leur fallut attendre la catégorie « Meilleure série dramatique » pour exulter. Entre deux hululements, elles contemplèrent l’équipe qui se rassemblait sur scène pour célébrer sa victoire.

-Tu crois qu’il est déçu ? demanda Carine lorsque la caméra passa sur le visage d’Alexander Coddington.

-Sûrement un peu. Mais être nominé c’est déjà quelque chose !

-Mark est carrément flippant non ? Il a de ces yeux ! Tu n’as pas balisé quand tu l’as rencontré ?

-En fait je ne dirais pas qu’il fait peur… il est inexplicablement impressionnant. C’est indéfinissable. sourit Chloé

-« Knoting impressive » ? osa Carine

****

Le dernier stage. Le Saint Graal en somme.

Une idée la taraudait depuis quelques temps, sans qu’elle n’osât l’exprimer. Au fur et à mesure qu’elle avançait dans ses recherches, la tentation d’essayer de décrocher un stage à Londres revenait de plus en plus forte. La capitale britannique connue pour ses immenses studios était une terre promise pour Chloé qui rêvait d’explorer d’autres contextes professionnels.

Perdue dans ses tergiversations, elle se résolut à en parler à un esprit plus avisé que le sien.

« J’en appelle à tes lumières car pour mon dernier stage, j’aimerais élargir mes horizons cinématographiques. Le Royaume Uni m’apparait comme une possibilité intéressante. Mais je crains de me tromper quand à mes chances de décrocher une opportunité. Pourrais-tu m’éclairer, toi qui es au cœur des choses ? »

 Au cœur des choses, il y était en effet. Sous la fraîcheur de l’hiver australien, la lecture de ces lignes arracha un sourire à Alexander.

L’acteur vivait ses derniers jours de tournage avant d’enchaîner sur le Festival du Film de Sydney. Il était en pleine discussion avec son agent au sujet de son planning, lorsqu’il reçut le message de Chloé presqu’en même temps qu’un autre de Victoria. Il fut amusé par l’enchaînement des événements et rit intérieurement en écrivant sa réponse.

« Je serai à Londres d’ici quinze jours. Si tu as la possibilité de faire le déplacement, nous pourrions nous pencher sur le problème ensemble. D’ici là j’aurai sans doute d’autres éléments pour te donner un coup de main. Alexander »

Chloé eut comme un hoquet de surprise.

Elle était assise sur le canapé, faisant une pause dans le dépouillement des offres de stages. Carine regardait d’un œil torve et morne une émission de relooking. Devant la réaction de Chloé elle délaissa rapidement cette occupation.

 Penchée sur son ordinateur, la bouche ouverte et les sourcils froncés, Chloé offrait un curieux paradoxe expressif entre étonnement et agacement. Subodorant une péripétie intéressante dans la vie people de son amie, Carine demanda faussement laconique :

-Un mail d’Alexander peut-être ?

-Il me propose de le rencontrer ! lâcha Chloé exaspérée

-Ciel ! Quelle impudence. Ce garçon est tout à fait indécent. ironisa Carine. Passez-moi ma plume d’oie ma mie que j’en réfère au Pape.

-Mais ce n’est pas ce que je lui ai demandé ! Je voulais juste son avis. S’emporta Chloé. Ça me met mal à l’aise. Je n’ai pas envie qu’il pense que j’attends son aide.

Carine coupa le son de la télévision et persifla sous cape.

– Et là c’est le drame ! Il te propose de l’aide alors qu’il est du métier. C’est n’importe quoi !

Chloé la regarda de travers, irritée par sa réaction.

-Parce que tu ne vois pas le problème ? Il est connu donc il peut bien aider une demoiselle en détresse ? Profitons-en, c’est apéro Ben&Nuts à volonté !

– Chloé, rappelle-moi depuis combien de temps vous vous écrivez ? demanda Carine insidieusement.

-Je ne sais pas exactement. Un an peut-être. Mais je ne…

-Tu n’es donc pas la première fan opportuniste en folie venue. La coupa Carine. On pourrait même dire, sans trop s’avancer que vous êtes… amis ?

Chloé décontenancée, prit son élan pour répondre mais Carine ne lui en laissa pas le temps.

-Si, si, je t’assure on appelle ça comme ça, passé un certain délai. Maintenant reconsidère la chose : est-ce que cela te semble exagéré qu’au bout d’un an, un « ami » te propose de te filer un coup de main?

-Vu comme ça. Concéda Chloé, dépitée.

Sa raison perdait visiblement du terrain.

-Voilà. Sans compter que vous rencontrer au bout d’un an… Ça va, on ne peut pas dire que ce soit prématuré.

Chloé ouvrit la bouche une nouvelle fois pour tenter une objection.

-Tututut fit Carine en levant un index autoritaire. Règle n°1 : en matière de relations humaines j’ai toujours raison, surtout avec toi. Règle n°2 : Si j’ai tort, reporte-toi à la règle n°1.

Carine marqua ici un temps et s’affala sur le canapé en reprenant :

-Si ça se trouve, il peut juste te filer le petit coup de pouce pour trouver LE stage qui te permettra de te lancer. Alors tu dis « oui bien sûr, merci »  au monsieur !  Et tu appelles Charlie pour savoir si  elle a un sac de couchage, un matelas gonflable, une toile de tente, what else pour t’accueillir ! Conclut –elle en remettant le son de la télévision.

Clôturant ainsi le débat, elle se leva pour prendre une glace dans le congélateur. Elle revint en suçotant une sorte de sorbet multicolore qu’elle pointa sur Chloé abasourdie en déclamant :

-Trop d’hésitations encore tu as, jeune padawan, l’assurance et le courage de croire en toi tu dois trouver !

-Tu ne crois pas que de le rencontrer ça risque de tout gâcher, demanda Chloé en lui volant son bâtonnet glacé. J’aimais bien cette correspondance, c’était simple. Juste simple.

-On n’est pas dans un roman de Jane Austen ma grande. L’épistolaire c’était sympathique quand on voyageait à cheval et que le top des soirées branchées c’était de lire des sonnets. Ironisa Carine, décidément imperturbable.

Elle soliloquait maintenant la tête dans le congélateur à la recherche d’une autre glace. Le cocasse de la scène contrastait singulièrement avec le sérieux de son propos. Ce qui ne fut pas sans amuser Chloé. Elle finit par dénicher un sorbet au pamplemousse et argumenta de plus belle :

-Je comprends que tu aies peur de gâcher le côté atypique de cette « relation ». Mais pour que les choses perdurent, il faut savoir les faire évoluer.

-Sauf que c’est un acteur reconnu et que je ne suis même pas une petite scripte. On ne vit pas sur la même planète. Alors je ne crois pas franchement qu’on puisse parler d’une vraie amitié.

– Lui doit le penser , s’il te propose de te rencontrer.

Même en y allant à reculons, Chloé finit par se rendre à la raison. Du moins celle de Carine qui finissait toujours à tort … ou à raison, par avoir le dernier mot. Une semaine après, rendez-vous était pris avec Alexander Coddington et Charlie avait accueilli avec enthousiasme l’idée d’héberger son amie quelques temps.

Sans avoir eu vraiment le temps d’encaisser le coup, Chloé se retrouva au petit matin,  dans un train au départ de Lyon Saint Exupéry direction Paris. Elle était accompagnée de Carine qui profitait de l’occasion pour passer voir Cerise. En réalité, celle-ci avait surtout saisi le prétexte pour escorter Chloé et lui éviter de gamberger une partie du trajet.

Elle ne la laissa que sur le quai de la Gare du Nord, prête à embarquer dans l’Eurostar.

-Allez « Va, cours, vole, et nous venge. » dit Carine en la prenant dans ses bras pour lui dire au revoir.

-Tu cites le Cid toi maintenant ? dit Chloé qui ne put s’empêcher de rire bien qu’elle fut un peu perturbée.

-Tout doux ma jument, ne t’emballe pas ! Je l’ai mijotée toute la semaine celle-là pour te la sortir.  Riposta Carine moqueuse. Tu n’as pas le monopole des citations.

Chloé fit une moue faussement impressionnée et s’écarta pour esquisser une courbette. Carine prit un air triomphant avant de se reprendre.

-Bon, à force de débiter des âneries au mètre, tu vas finir par louper ton train. Tu fais attention à toi. Tu me tiens au courant. Si tu flanches tu m’envoies un message que je te botte les fesses.

Chloé oscillait entre le rire et une bouffée d’angoisse, ne sachant plus trop à quel saint se vouer.

-Tu comptes dire quoi à Charlie au fait ? reprit Carine.

-Rien de plus que ce que je lui ai déjà dit. La vérité. Je viens chercher un stage.

-Ok ! Tu appelles ça comme ça toi ?

– Carine ! Je vais VRAIMENT chercher un stage. Avec ou sans l’aide d’Alexander.

-Et boire un café avec une star de la télévision britannique

–  Mais surtout chercher un stage.

– Monte dans ce train avant de le louper et d’avoir une excuse pour ne pas aller à ce rendez-vous.

Chloé se hâta de grimper dans l’Eurostar, sachant qu’elle n’aurait de toutes façons pas le dessus dans cette discussion. Quoi que Carine puisse en penser, elle comptait bien profiter de ce rapide séjour à Londres pour mettre ses recherches à profit, sans trop en attendre de la part d’Alexander. Elle s’affala à sa place et fit signe une dernière fois à son amie qui s’éloigna.

Un peu décontenancée maintenant qu’elle était seule, elle ferma les yeux pour tenter de rationaliser la situation et oublier les divagations de Carine. Heureusement lorsque le train prit son élan, le sommeil vint à son secours dans cette quête inutile.

[1] Citation du professeur Keating interprété par Robin Williams dans le Cercle des Poètes Disparus.

Thanks for reading: Merci à tous les courageux qui suivent cette histoire. Nous voici maintenant à la fin de la première partie. Et ce n’est pas fini, of course !  Mais c’est le temps d’un petit bilan avec le sondage ci-dessous.

Comme toujours, n’hésitez pas à me laisser vos retours. Et surtout n’oubliez pas qu’il n’y a que deux questions fondamentales:

  • Avez-vous envie de lire la suite ?
  • Vous verriez-vous lire un roman de ce type ?

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