La Couleur des sentiments.

Résumé.

510+AK8kIPLEditions Actes Sud. Parution : 2009. Réédition format poche :2011. Prix : 20€/9.70€

Années 1960. Jackson, Etat du Mississipi. Trois destins de femmes vont prendre un tournant radical.  Aibileen, domestique noire, élève depuis toujours, avec amour, les enfants de familles blanches. A 53 ans, elle porte sur sa pauvre carcasse la misère de son existence, la mort de son fils unique et toutes les humiliations subies sans broncher. Son amie Minny est d’un autre tempérament. Si son fort caractère ne lui permet pas d’échapper à la violence de son mari, il lui attire aussi bien des ennuis chez les familles pour qui elle travaille. A l’opposé de ces deux femmes, se trouve Eugenia  Skeeter  Phelan, jeune femme blanche de 23 ans. Trop grande pour sa condition de femme, dotée de peu de charme, elle revenue de ses études universitaires avec un diplôme mais sans même avoir dégoté de fiancé, au grand dam de sa mère. Mais cela importe peu à Skeeter qui entend devenir une femme indépendante et écrire pour gagner sa vie. Dans sa quête d’indépendance, son chemin va croiser celui d’Aibileen . Peu à peu, transgressant les interdits sociaux, une forme de confiance s’installe et Skeeter va oser poser à Aibileen la question à laquelle personne ne veut répondre chez elle: qu’est devenue Constantine, la domestique noire qui l’a élevée ?

La réponse va faire chavirer tout son monde.

Ce qu’elle va découvrir de la vie de ces domestiques noires, brimées et muselées par la ségrégation va bouleverser sa vie. Elle décide alors de collecter en secret les témoignages de ces femmes pour raconter leur vie dans l’intimité des familles blanches, les humiliations, les drames, l’ingratitude mais aussi les liens qui parfois se tissent malgré tout.

Mon avis.

La couleur des sentiments est un roman bouleversant qui trace un portait  sans concession de la société ségrégationniste du Sud des Etats-Unis. Alors que Martin Luther King s’apprête à marcher sur Washington pour la défense des droits civiques, la population noire du Sud vit prise au piège dans une société où leur simple couleur leur interdit d’être une personne à part entière, d’avoir des droits ou même un avenir. Une société où  le simple fait  de s’écrouler sur un banc qui ne vous est pas réservé peut vous faire battre à mort.

Singulière histoire que celles de ces femmes contraintes de négliger leur propre foyer et leurs propres enfants pour aller s’occuper de ceux dont les parents les méprisent. Des enfants que malgré tout elles chérissent tout en étant conscientes d’élever des serpents en leur sein. Des enfants qu’elles élèvent et aiment mieux souvent que leurs propres parents.

Quelle l’abnégation ! Quelle compassion aussi ! Et faut-il à ce point ne pas avoir le choix pour être contrainte à accepter tout cela.

Mais quel choix y-a-t-il quand votre existence ne vaut rien aux yeux d’une classe dominante ?

Au fil des pages se déroulent et se croisent les existences d’Aibileen, Minny, Skeeter et bien d’autres. Des femmes fortes, braves, révoltées ou résignées aussi différentes que leurs parcours qui vont oser l’impensable et risquer leurs existences pour pouvoir les raconter.

Les témoignages s’amoncellent et c’est un véritable séisme qui se prépare dans la vie d’Aibileen, Minny et Skeeter. Qui peut prédire quelles seront les conséquences d’une telle transgression. Au détour des histoires, des anecdotes, entre discriminations et humiliations, apparaissent aussi des lueurs d’humanité, des liens, des mains tendues. Jamais ces récits ne transpirent la haine. Juste la fatigue. Le poids des non-dits. Le besoin de raconter pour exister.

Et en sus de la difficulté d’être noire à cette époque, transparaît alors aussi celle d’être une femme. Noires ou blanches, les figures qui apparaissent au fil de l’histoire se heurtent à la violence, aux interdits, aux restrictions sociales propres à leur sexe.

Avec une plume terriblement juste et humaine, Kathryn Stockett nous livre ce récit doux-amer, relevé d’une fine pointe d’humour. Difficile de lui rendre justice car La couleur des sentiments est tout simplement irrésistible. Plus que de tenter de vous le raconter, le mieux à faire est de vous conseiller de le lire.

Pour terminer de vous convaincre, je vous laisse avec la bande-annonce du film tiré du roman…

17 commentaires

  1. Pour ma part j’ai vu le film et je l’ai beaucoup apprécié. J’entends énormément parler du livre et j’en viens à regretter d’avoir déjà vu le film (je ne savais pas du tout qu’il était tiré d’un livre quand je l’ai vu) parce-que je me souviens encore trop bien de l’histoire… Peut-être dans quelques années, on verra bien.

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