Nostalgie Geek : Fantômette

Mon adorable copinaute Fan Actuel, outre son concours spécial Nostagie Geek, science-fiction et Bibliothèque Verte pour fêter ses 200 abonnés, a lancé un défi que je m’empresse de relever  :  écrire un article Nostalgeek / Héroïne sur Fantômette.

En même temps, comment ne pas sauter sur un tel sujet ! Fantômette et ses collants c’est toute mon enfance. Mes premières grandes heures de lecture avec elle et le Club des Cinq. Dès que j’ai su lire seule, j’ai dévoré et redévoré les aventures de Fantômette. Que voulez-vous, on n’est pas difficile quand on a six ans.

Histoire de consommer ma honte jusqu’à la lie, je vous avouerais même que pour mon dernier carnaval de l’école primaire, ayant le droit de choisir mon costume, j’ai demandé à ma mère avec des yeux de Chat Potté , celui de Fantômette et le secret du désert.

Croyez-le ou non mais ma mère qui est, parfois plus passionnée que moi, a cédé à cette passion de lectrice. Elle y a passé des heures mais elle l’a fait. J’avais promis une photo à Fan Actuel et pour rendre hommage au dévouement de ma maman, je vais tenir ma promesse. Pour la première et la dernière fois sur June&Cie vous verrez ma bouille.

Vous ne pouvez pas le voir mais ma mère avait poussé le perfectionniste jusqu’aux broderies sur le gilet pour lequel elle avait choisi un velours déjà brodé d’or et jusqu’à la perle sur le bandeau du voile. En résumé, ma mère est une reine du Cosplay qui s’ignore.

Autant vous dire que ce jour-là j’étais fière comme d’Artaban. Masque mis à part, vu que mon identité n’était pas trop secrète et qu’il faisait 30°, j’étais dans la peau de mon héroïne préférée.

Mais au fait qui est cette Fantômette ?

Naissance d’une héroïne.

Créée par Georges Chaulet, Fantômette est l’héroïne de 49 aventures, publiées dans la Bibliothèque Rose de 1961 à 1987. Avant moi, elle avait donc déjà séduit mes soeurs aînées.

Mystérieuse et masquée, elle combat le crime et livre les méchants aux forces de l’ordre. Si on veut résumer Fantômette c’est un peu le Batman jeunesse au féminin. D’ailleurs, elle aussi a ses némésis de rigueur avec le Furet et sa bande, mais surtout le Masque d’argent. Le Moriarty local, en beaucoup moins doué.

Pour ses amies, Ficelle et Boulotte, elle est Françoise Dupont, une élève très douée et le seul qui connaît le secret de sa double identité c’est le reporter Oeil-de-Lynx.

On va reparler plus bas des noms mais je n’invente rien. 

Une héroïne d’un genre nouveau ?

Brillante à l’école, grande lectrice, sportive, maîtrisant plusieurs langues, futée et débrouillarde, Fantômette a tout pour séduire les petites filles. C’est un modèle jeunesse adapté qui reprend les codes des super-héros : droiture morale, courage, combat contre le mal. Elle a un petit quelque chose entre Cat’s Eyes et Batman, mais en version Bibliothèque Rose.

Enfin sur la théorie, car pour le reste notre héroïne n’est pas franchement gâtée, eu égard à son statut jeunesse.

Commençons donc par le costume : justaucorps jaune en soie, collants et cape noirs, bonnet de lutin à pompom et ballerines rouges. Notre héroïne se coltine un look entre Pierrot et Arlequin. Une idée, selon la légende, de l’illustratrice  Jeanne Hives, puisque cela ne figurait pas explicitement dans la bible littéraire. Vous comprenez maintenant pourquoi j’avais opté pour la version princesse d’Orient, pas folle la guêpe.

Mais soit admettons, cela ne fait que renforcer l’aspect original de Fantômette et lui permet de dissimuler quelques accessoires à la James Bond. Et puis le costume a quand même une touche de classe avec le poignard florentin accroché à la ceinture.

Je rêve toujours personnellement de posséder un tel poignard. Ne serait-ce qu’en coupe papier.

Même si je persiste à dire que la soie pour aller à la filoche c’est moyen et ça tient chaud, et que le jaune ou le rouge pour passer discret ça se pose là.

Pour le reste, les noms des personnages vous ont déjà donné le ton du récit. Ficelle est comme de juste grande et maigre, Boulotte est… boulotte. Et Oeil de Lynx est perspicace et voit tout, sans compter qu’il habite, si ma mémoire est bonne, à Passmoi-Laserpillère. Jeu de mots hilarant pour une gamine de sept ans qui m’avait fait la semaine à l’époque. Moment de solitude intense en écrivant cet article.

L’oscar de la référence qui va bien revient au nom d’un des méchants de la bande du Furet, Alpaga, toujours vêtu comme un prince et qui se fait d’ailleurs appeler comme tel. Pour comprendre la plaisanterie, il faut se rappeler que l’alpaga, comme le cachemire, est un tissu noble et coûteux. En tant que fibre l’alpaga peut être associé à la soie pour donner des tissus magnifiques. Pour info un manteau en alpaga et laine peut coûter dans les 779€ et notre prince des brigands en porte un blanc, si mes souvenirs sont bons. Ceci explique cela.

Après porter le nom d’un cousin du lama pour un méchant, je ne sais pas si ça aide niveau charisme…

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Source basdelaine-alpaga.com

Mais je vous avoue qu’à cet âge-là, on accorde finalement bien peu d’importance à ces détails. Fi de la référence compliquée, du cliché ou du jeu de mots facile voir désastreux, on s’amuse beaucoup et on vit surtout de palpitantes aventures.

On a beau avoir un regard un peu plus critique adulte, objectivement Fantômette est une excellente collection pour donner le goût de lire à un enfant. D’ailleurs elle n’a eu de cesse d’être rééditée et comme de juste, victime de son succès, notre héroïne a eu droit à son animé (en 1999) et… à sa série (en 1993)… Hélas ?

On est à la limite  du Freaky Friday là… Et j’ai un peu de peine pour la figure qui a su ravir mes premières lectures et faire de moi une accro aux livres. En dépit de ses clichés, Fantômette était une héroïne originale et positive. Indépendante, intrépide et intelligente, elle était bien loin des Princesses Sarah, Sissi et autres héroïnes un peu trop rose bonbon. C’est probablement ce qui fait que j’en conserve un aussi bon souvenir.