A Chouchou pour la vie…

Avant de vous présenter ce petit livre, il faut d’abord que je vous narre le contexte de cette lecture, car je crois bien qu’il est tout aussi adorable que le livre lui-même.

Il y a quelques temps, mon adorable Ebouripoustouflée qui me fait l’honneur de venir vadrouiller par ici, apprenait, tout comme vous, la perte de mon chat.

Mais en sus d’être un auteur jeunesse génial et original qui me fait beaucoup rire, Nathalie Dargent est aussi un être humain plein de sensibilité. Et elle s’est bien doutée qu’il y avait quelqu’un d’autre à qui ce chat allait cruellement manquer : le Minion.

Le Minion à qui l’on avait dû expliquer que  son deuxième copain félin ne rentrerait pas non plus à la maison. Et que non, on n’allait pas reprendre un chat de suite. Car les chats, comme les personnes, n’étaient pas interchangeables ou remplaçables; Qu’un autre chat serait un autre chat et pas celui qui nous manquait.

Nathalie, tout ça, elle l’avait déjà bien compris. Alors, sans me le dire, elle a fait ni une, ni deux et hop quelques jours plus tard, j’ai trouvé une jolie enveloppe colorée à l’attention de M. Minion.

J’étais bien contente parce-qu’à la maison, on les apprécie vivement les jolies enveloppes de Nathalie. C’est un peu comme la malle aux déguisements du grenier de la grand-mère : on ne sait jamais ce qu’on va y trouver mais on sait qu’on va s’amuser.

Inutile de vous dire que pour les devoirs, j’ai ri sous cape car il y en a un qui n’a pas moufté, louchant sur son enveloppe comme sur un paquet de Noël.

Mais quand on l’a déballé, j’ai moins fait ma marionnette. Je l’avais déjà repérée cette histoire. Je savais qu’un jour j’allais l’acheter et que ce serait une des plus jolies histoires du monde.

Résumé.

chouchou-couvEditions Sarbacane. Parution : 2014. 

Une fois n’est pas coutume. je vais vous livrer le résumé d’origine: Poppy adore son vieux chien, Chouchou ! Hélas, les vies ne mesurent pas toutes la même longueur. Quand Chouchou meurt, rien ne peut la consoler, surtout pas le chien que ses parents lui offrent. Sauf que…

Un album pour aborder les thèmes de la mort, du chagrin, du deuil… et de la vie qui continue, avec ses grands bonheurs et tous les souvenirs.

Mon avis.

Je ne m’étais pas trompée. C’était bien la plus jolie et triste des histoires.

L’histoire de Poppy et Chouchou est racontée simplement et intelligemment. Sans fioritures. Mais avec sensibilité. Et le Minion n’a mis longtemps à comprendre pourquoi c’était cette histoire-là que Nathalie lui avait envoyé. Il s’y est très vite identifié.

Encore une fois, je loue le talent de Nathalie qui ne prend pas les enfants pour des truites et dont les histoires parlent de sujets parfois peu évidents, avec honnêteté mais de façon adaptée au petit lecteur. Comme on devrait savoir le faire en tant que parents, sauf que quelquefois on est moins doués.

A travers l’histoire de Poppy et de Chouchou, elle parvient avec douceur mais sans user de chemin détourné, à évoquer le deuil, la douleur de l’absence, l’importance des souvenirs, et le fait de savoir faire de la place dans son coeur à un nouvel ami. Mais en temps voulu…

J’ai vivement apprécié qu’à travers les premières réactions de Poppy vis-à-vis de son nouveau chien Kiki, Nathalie insiste implicitement sur le fait qu’on ne peut pas justement remplacer un animal.

C’est important d’apprendre aux enfants qu’un animal ce n’est pas comme un jouet cassé, que le chagrin ne partira pas en remplaçant. Bien au contraire. Qu’il faut parfois un peu de temps pour ouvrir pleinement son coeur à un nouvel ami mais que le faire ne veut pas dire oublier celui qui est parti. Car, ainsi qu’elle le dit en conclusion: Les enfants ont le coeur grand, très grand.

Cet album est véritablement magnifique, en particulier grâce aux illustrations colorées et douces du Colonel Moutarde qui accompagnent à merveille le texte. C’est une aide précieuse pour aider un enfant à comprendre ses sentiments, à les exprimer et à faire son deuil. Je ne vous cache pas que Maman a eu la voix un peu étranglée en lisant. Beaucoup. Bon d’accord, j’ai carrément dégouliné car c’était une attention vraiment touchante que d’avoir pensé à envoyer cette histoire.

Le Minion l’a redemandée plusieurs fois. Et le soir dans son lit, il a un peu pleuré. Mais je crois que ça lui a fait beaucoup de bien. Maintenant il a des mots à poser sur ce qu’il a vécu ou ce qu’il ressent. Des mots à lui, qu’il s’est approprié. Pas ceux de Papa et Maman. Il a une histoire à laquelle s’identifier. Il se sent moins seul. Et ça, cela n’a pas de prix.

Alors du fond du coeur, Nathalie: Merci d’avoir écrit une telle histoire. Et merci d’avoir pensé à nous.

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