Miss Peregrine’s Home For Peculiar Children

Fiche technique.

miss-peregrine-et-les-enfants-particuliers-afficheSortie: Octobre 2016.

Réal. : Tim Burton

Casting : Eva GreenAsa Butterfield, Samuel L. Jackson, Judi Dench, Ella Purnell, Terence Stamp.

Inspiration: Tiré du roman éponyme en trois volumes de  Ransom Rigg

Synopsis:

Depuis toujours, Jacob entretient une relation particulièrement proche avec son grand-père Abe qui l’a bercé d’histoires effrayantes et merveilleuses au sujet de sa propre enfance. Mais avec les années, la magie des histoires semble s’être estompée.Seulement lorsque Abe est retrouvé assassiné dans des circonstances plus qu’étrange, les histoires semblent gagner la réalité. Pensant devenir fou, Jacob découvre alors d’étranges indices dans les affaires de son grand-père. Il décide alors de partir sur la piste de l’enfance de celui-ci. Elle mène au pays de Galles dans un lieu magique: la maison de Miss Peregrine pour les enfants particuliers. Un endroit étrange et fantastique où, à l’abri d’une boucle temporelle, vivent des compagnons qui ne le sont pas moins. Mais en dépit de la magie, le danger rôde. Et Jacob va découvrir que ce n’est pas pour rien si son grand-père l’a mis sur la piste de Miss Peregrine. Lui aussi a un rôle à jouer dans cette histoire. Lui aussi est particulier.

Mon avis.

Toujours dans un souci d’objectivité, je vais décomposer mon avis, afin que chacun puisse se faire une opinion claire.

Ce qui m’a gênée.

  • La bande-annonce, certes aguicheuse,mais  trop bavarde qui avait déjà révélé certains des principaux points d’intérêt du film. Dommage, il y avait un atout sérieux à jouer en ménageant quelques surprises.
  • De petites incohérences scénaristiques. Attention spoilers ici. Surligner pour lire : Avant de mourir, son grand-père dit à Jake de fuir et de gagner la boucle du 3 septembre 1940. A son arrivée sur l’île, il trouve l’école détruite suite à un bombardement remontant à cette exacte date. Mais il ne fait pas le moindre rapprochement et pense tout le monde mort, alors même qu’il a trouvé dans les affaires de son grand-père, une lettre de Miss Peregrine datant de deux ans auparavant et prouvant que tous ont survécus. Ce n’est pas Sherlock ce garçon ! Ah et en passant, un vieux qui meurt avec les yeux arrachés, ça n’a rien 1. d’une crise cardiaque. Ou on n’a pas la même notion de l’anatomie. 2. D’une mort naturelle. 3.Quand on dit que les chiens mangent les parties molles des cadavres, on parle surtout de joues ou ventre hein. Les yeux c’est plutôt les corbeaux. Juste pour préciser en passantRien de bien méchant mais on sent que certaines choses ont été zappées ou passées à la moulinette pour tenir dans les 2h07 min. Pour autant, je n’ai pas eu de difficultés pour comprendre l’action, comme j’avais pu le lire dans certaines chroniques. La plongée dans l’univers était assez simple et fluide et j’ai apprécié qu’on passe du pragmatisme du réel (les hallucinations imputées au deuil, la psychologue, la recherche de la véritable histoire du grand-père) au monde fantastique en prenant le temps.

Ce que j’ai apprécié.

  • Première constatation, c’est un plaisir de retrouver la patte esthétique de Tim Burton dans cet univers. En particulier, sa façon si spécifique de jouer des textures, des couleurs et des lumières. La transition entre la boucle temporelle et le présent en est un excellent exemple : une atmosphère lumineuse qui a conservé la sérénité d’une journée ensoleillée pour la boucle, avec des couleurs douces et chatoyantes qui lui confère un sentiment de bien-être et de sécurité. Des couleurs grises, froides, plus métalliques pour le présent, ce qui ramène à  la modernité du monde actuel. Evidemment ce n’est pas très vendeur pour le Pays de Galles.
  • Second point, il est certain que le style du réalisateur était taillé pour l’univers du roman. Univers de personnages étranges, un peu monstrueux, voir carrément pour certains, pour un petit conte horrifique et fantastique. On navigue entre le fantasque, les monstres et le glauque, sans pour autant tomber dans le gore. Un terrain de jeu idéal pour Burton qui manie à la perfection le genre. D’ailleurs, on ressent son aisance dans la découpe et le choix des plans, les choix esthétiques mentionnés plus haut, le traitement des personnages et bien d’autres éléments. Néanmoins, le film n’est pas aussi tranché dans son style que Sleepy Hollow. Ce n’est pas du 100% Burton. On a l’étrange impression de rester à cheval entre les genres adultes et jeunesse. Des gags relativement bon enfant vont côtoyer dans un étrange mélange des scènes carrément moins appétissantes. Je déconseille d’ailleurs fortement le film en dessous de dix ans. Il n’est pas du tout approprié à un « jeune public ». Mais dans l’ambiance générale cela passe, même si les amoureux de Burton risquent à mon sens de sentir une certaine retenue de la part du réalisateur. Cependant, on ne peut nier que l’ambiance du film est globalement très réussie.
  • Enfin, troisième point appréciable: le casting. Avec en premier lieu, l’excellente surprise que constitue Eva Green en Miss Peregrine. Captivante, elle joue du charisme et du mystère, nourrissant son personnage d’une grande expressivité. Ma foi, je n’aurais pas vu mieux pour le rôle. Samuel. L. Jackson est un délicieux méchant, répugnant et faussement affable. Dommage comme le disait mon ami C’est Contagieux, qu’il en fasse un peu trop et se laisse aller à surjouer légèrement. Ca finit par se sentir, surtout sur les dernières scènes. Je redoutais un peu d’avoir un casting majoritairement « enfantin » mais cette jeune équipe s’en tire plutôt avec les honneurs, en particulier Asa Butterfield, le rôle principal. J’ai crains au départ que son personnage ne tire vers le larmoyant et sa bouille ne nous fasse une « frodonite » aiguë (1). Mais non, pas d’auto-apitoiement, il est crédible et plutôt juste donc ça passe. Bien ce garçon.

En résumé.

C’est un bon divertissement. Je ne saurais vous dire si c’est une bonne adaptation, car je vais de ce pas lire le livre pour comparer. Vous aurez donc mon avis ultérieurement. Mais c’est un divertissement. Agréablement à regarder avec un univers bien développé. C’est un bon Burton, mais sans plus. Et je crains que les fans du réalisateur n’en sortent un peu frustrés, avec un sentiment d’un manque de je-ne-sais-quoi. Quid des amateurs du livre, qui, eux, y trouveront peut-être leur compte. J’ai passé une séance plaisante à découvrir cet univers étrange et à frissonner, mais je ne suis pas suffisamment convaincue pour me laisser convaincre d’y retourner à deux fois. Même si je ne dis pas qu’en d’autres temps, avec une nouvelle bande-annonce, l’attrait du voyage ne m’emmènerait pas voir une suite.

(1) Frodonite, nom commun. Dérivé du nom Frodo, personnage de Lord of the Rings, porté par Elijah Wood. Tendance détestable d’un héros à adopter une tête de pleureuse dépressive au fur et à mesure que les difficultés s’amoncellent sur son chemin.

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Source Tumblr Frodo crying. Si ça existe. S’il fallait illustrer mon propos. CDQF