Menez l’enquête avec Oscar Wilde…

… Et Arthur Conan Doyle ! Oui messieurs-dames. Deux des plus fins esprits de leur siècle en package.  Voilà la brillante idée qu’eût Gyles Brandreth. Ce merveilleux esprit, que je loue de toute ma reconnaissance, passionné par Oscar Wilde, eût l’illumination de développer un tel concept en se basant sur l’amitié réelle qui unît ces deux contemporains et donc Doyle lui-même fit mention dans ses mémoires.

Cela donna lieu à une série de dix ouvrages dont vous trouverez la liste ci-dessous et que Mimine eût la bonté de m’agiter sous le nez (Merci également au Brocoli, au Tanuki et à Isa la Rousse pour s’être ingénié à remplir ma liseuse et assurer ma survie). On peut d’ailleurs s’étonner que connaissant mes passions, Mimine n’eût pas été frappée par la grâce plus tôt et eût attendu pour se faire que je me répandisse en jérémiades sur le fait de passer huit heures dans une boîte de conserve volante avec 300 autres êtres humains, un Minion et un Alter Ego, sans ma bibliothèque ! Certaines choses ne devraient pas être autorisées par la Convention de Genève.

Quoiqu’il en soit, je loue Mimine et sa sagesse. Qu’elle reçoive mon amour et ma reconnaissance pour avoir eu une divine inspiration qui m’a permis de passer mes vacances sur le sable chaud avec Doyle et Wilde.

  • Oscar Wilde and the Candlelight Murders ou Oscar Wilde and a Death of No Importance (É.-U.) (2007)
    Publié en français sous le titre Oscar Wilde et le Meurtre aux chandelles, Paris, Éditions 10/18, 2008 ; réédition, Paris, 10/18, coll. Grands Détectives no 4108, 2009 (ISBN 978-2-264-04855-4)
  • Oscar Wilde and the Ring of Death ou Oscar Wilde and a Game Called Murder (É.-U.) (2008)
    Publié en français sous le titre Oscar Wilde et le Jeu de la mort, Paris, Éditions 10/18, 2009 ; réédition, Paris, 10/18, coll. Grands Détectives no 4309, 2010 (ISBN 978-2-264-05110-3)
  • Oscar Wilde and the Dead Man’s Smile (2009)
    Publié en français sous le titre Oscar Wilde et le Cadavre souriant, Paris, Éditions 10/18, 2010 ; réédition, Paris, 10/18, coll. Grands Détectives no 4412, 2011 (ISBN 978-2-264-05353-4)
  • Oscar Wilde and the Nest of Vipers ou Oscar Wilde and the Vampire Murders (É.-U.) (2010)
    Publié en français sous le titre Oscar Wilde et le Nid de vipères, Paris, 10/18, coll. Grands Détectives no 4482, 2011 (ISBN 978-2-264-05124-0)
  • Oscar Wilde and the Vatican Murders (2011)
    Publié en français sous le titre Oscar Wilde et les Crimes du Vatican, Paris, 10/18, coll. Grands Détectives no 4558, 2011 (ISBN 978-2-264-05125-7)
  • Oscar Wilde and the Murders at Reading Gaol (2012)
    Publié en français sous le titre Oscar Wilde et le Mystère de Reading, Paris, 10/18, coll. Grands Détectives, 2013 (ISBN 978-2264051264)

La série fort curieusement, n’existant en version française et numérique que sur les trois derniers volumes, je n’ai pas pu la prendre dans l’ordre pour des raisons logistiques. Je vous présente donc ici les chroniques des volumes 4 et 5. Cependant, faites-moi confiance je vous livrerais d’ici quelques temps l’ensemble des chroniques. J’attire ici votre attention sur deux points :

  1. Il est parfaitement possible de lire les volumes dans le désordre, sans aucun souci. Néanmoins, cela enlève un peu de saveur et perd en cohérence historique puisque l’auteur s’appuie sur des faits biographiques.
  2. Par un curieux phénomène, la version numérique est PLUS chère que la version 10/18 dont l’intégralité est disponible en français (contrairement au numérique où l’on ne trouve que les trois derniers volumes). C’est d’une logique à vous faire tourner chèvre.

Tout l’intérêt de la chose repose, outre sa folle originalité, sur le fait que, s’appuyant sur des éléments biographiques, Gyles Brandreth replace la fantaisie de ses fictions dans un contexte historique et biographique qui ne fait que donner plus de corps à ses personnages.

D’un fil à l’autre des l’intrigues, on se laisse guider par la personnalité fascinante de Wilde et le singulier contraste qu’il présente  avec son alter ego Conan Doyle. Quel insolite duo que ces deux-là! L’un routinier, fidèle, pragmatique, dévoué, sportif, sain et raisonnable mais à l’intelligence aiguisée. L’autre gargantuesque, débauché, théâtral, exubérant, charismatique, émotif aussi, insupportable et génial.

Jouant sur le fil entre réalité et fiction, s’appuyant sur l’amitié qui lia les deux hommes et les différences de caractères qui existèrent entre eux, il les réinvente en une forme de duo savoureux à la Sherlock Holmes et Docteur Watson. On apprécie d’ailleurs tant la matière historique qui nourrit l’ouvrage que le pouvoir d’imagination de l’auteur qui parvient à les faire revivre et à nous les rendre familiers. De ci, de là, Gyles Brandreth essaime des références au contexte politique ou social, à la vie privée des deux auteurs, à leurs connaissances communes, à la période de leur vie concernée, faisant même le lien entre les aventures de nos deux compères et l’inspiration de Doyle pour celles de Sherlock Holmes. Ainsi la boucle est bouclée.

Un brin de biographie, de l’humour so british, de bonnes réparties et des enquêtes particulièrement retords. Cela donne une série d’ouvrages aussi savoureux qu’haletants, fort bien documentés, où flottent tout à la fois l’ombre de ces deux personnalités hors du commun, de leur entourage parfois prestigieux et un séduisant parfum de Sherlock Holmes.

71iscGviY-LOscar Wilde et les Crimes du Vatican.

Editions 10/18. Parution : octobre 2012. Prix : 8.40€

Du calme et de la tranquillité, voilà ce à quoi aspirait ce cher Dr Conan Doyle en partant en cure avec pour  devoir de vacances le courrier de Sherlock Holmes à dépouiller. Mais beaucoup trop de gens prennent pour réelle l’existence du grand détective consultant, ce qui accable son créateur mais amuse énormément son ami Oscar Wilde, venu lui aussi prendre les eaux. Une main coupée, une mèche de cheveux, un doigt ceint d’un anneau d’or rose frappé de la clef de Saint-Pierre, voilà de bien curieuses missives ! Il n’en faut pas plus à Oscar Wilde pour échapper à l’ennui de la cure en reprenant le flambeau de la science de la déduction. Embarquant dans son sillon, Arthur Conan Doyle, son enquête va les mener jusqu’à Rome, dans l’enceinte sacrée du Vatican.

Pauvre Conan Doyle ! Le succès envahissant de Sherlock Holmes ne lui rend déjà pas la vie aisée, mais son amitié avec Oscar Wilde n’a de cesse de la chambouler davantage. Fascinant Wilde ! Impossible de lui résister, en un clin d’oeil, le bon Docteur voit remiser ses projets de retraite et ses scrupules au placard. C’en est hilarant. D’ailleurs, au fond, Conan Doyle a-t-il vraiment envie de résister à la tentation ? Il y a dans cette aventure large matière à de nouveaux romans. De  Hombourg à Rome, bien des rencontres, parfois étranges et de sombres mystères attendent notre duo. Mais à quoi s’attendre d’autre quand on se balade avec une main coupée dans la poche ? C’est avec un grand plaisir qu’on les suit dans leur périple, tant le style de  Gyles Brandreth nous les rend familiers et sympathiques. Ce qui paraît de prime abord incongru ou loufoque, devient soudain plausible et l’on se plaît à croire qu’outre leur amitié et leur admiration mutuelles, ces deux-là auraient pu mener l’enquête ensemble.

41l+yt6r0TLOscar Wilde et le nid de Vipères

Editions 10/18. Parution : octobre 2011. Prix : 8.40€

Vampires, luxure, meurtres et trahison dans les coulisses de la monarchie anglaise. voilà la nouvelle et palpitante aventure dans laquelle nous entraîne Oscar Wilde, suivi bien malgré lui par le Dr Conan Doyle

Conviés à une soirée mondaine des plus prestigieuses dans les salons de la duchesse d’Albemarle, Oscar Wilde et Arthur Conan Doyle se retrouvent, sur une royale requête, à jouer les Sherlock Holmes lorsqu’à l’issue de la réception, leur hôtesse est retrouvée morte dans des circonstances semble-il embarrassantes.

Si les personnages sont toujours aussi merveilleusement bien campés et le ton savoureux, cette intrigue m’a légèrement moins emballée que celle des Crimes du Vatican. Rien de bien grave cependant. A l’instar de son personnage, l’auteur prend juste un malin plaisir, à prendre son temps pour dévoiler de façon théâtrale le fin de mot de l’intrigue. Aussi de fausses pistes en retournements de situations, a-t-on parfois un peu l’impression d’être dans les bottines de Doyle se demandant ce qui se trame dans la tête de Wilde.

Néanmoins, l’histoire est si bien documentée, que s’attarder un peu plus dans l’époque, croiser Bram Stoker, causer de vampirisme, découvrir les usages et moeurs parfois cachées de la bonne soirée, flâner dans les coulisses de la famille royale, tout cela se révèle un plaisir de fin gourmet qui fait bien pardonner quelques longueurs.

Petite nouveauté de cet opus, outre les lettre de Conan Doyle à son épouse et son journal, différentes voix de narration s’alternent, offrant un éclairage différent sur l’intrigue, l’enquête et ses différentes pistes.

Définitivement ce roman est à l’image de son personnage central : mondain, riche, complexe, fascinant, parfois agaçant d’enchevêtrements, mais tellement irrésistible.

14 commentaires

  1. Oh mon dieu, je te déteste ! Là, tu viens de lâcher une bombe dans mon petit cerveau qui est en mode zombie bouffeur de livres. Cette série, ça a l’air de l’or en papier qu’il me faut d’ailleurs absolument. C’est une question de survie intellectuelle, vois-tu.
    Si je trouve la série en ebook en anglais à un prix correct, je te déclare coupable d’avoir fait grandir ma PAL numérique. Alors, vas-tu pouvoir dormir sereinement avec ce poids sur la conscience ?

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    1. Alors j’assume totalement car j’ai eu la même réaction, Il n’y a pas de raison que je sois toute seule à en pâtir. PS : tu trouveras toute la série en numérique et en anglais bien moins cher que sa version française. Sur ce, méfait accompli, je vais dormir sur mes deux oreilles.

      Aimé par 1 personne

  2. J’ai lu le meurtre aux chandelles de cette collection (en même temps, Oscar Wilde dans le titre je ne pouvais pas passer à côté) mais ça m’a guérit de ma curiosité tient…^^’ Je n’ai pas du tout apprécié >_<

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  3. Comme je suis heureuse que mon Dragon a apprécié sa petite échappée auprès de Doyle et Wilde. Mimine s’excuse fortement d’ailleurs de ne pas l’avoir averti plus tôt que cette série livresque existait. T’sais parfois, y a des connexions dans mon petit cerveau qui se font pas automatiquement. x)

    Aimé par 1 personne

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