The Five Orange Pips : Quand l’orange sent le sapin !

Résumé.

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Editions collector Barnes and Noble

Format : Nouvelle. Parution : novembre 1891 dans le Strand Magazine.

Par une nuit de violente tempête où le vent et la pluie se déchaîne sur Londres, un jeune homme, du nom de John Openshaw, se présente au 221b, Baker Street avec une bien étrange histoire.  Une sombre malédiction semble s’acharner sur la famille. Son père vient de décéder accidentellement, semble-t-il pour la police, après avoir hérité de son oncle. Tous deux sont morts après avoir reçu une mystérieuse enveloppe contenant cinq pépins d’orange et une injonction en guise d’avertissement. Convaincu que les deux décès sont liés entre eux, le jeune homme vient implorer l’aide de Sherlock Holmes. Il est terrorisé, car il vient d’hériter du domaine et de recevoir à son tour les cinq pépins d’orange. Mais que peut-on bien lui vouloir ?

Mon avis.

The Five Orange Pips est une nouvelle que j’apprécie particulièrement. Alors que son introduction nostalgique nous replonge doucement dans les souvenirs de Watson, la nouvelle prend soudainement un rythme enlevé qui nous plonge directement dans l’action à l’entrée en scène du jeune John Openshaw. Et quelle intrigue ! Un mystérieux message. La mort qui rôde et qui s’acharne même sur les innocents. Le passé de l’oncle et sa terreur. De qui, de quoi se cache-t-il ?

Si certaines initiales nous mettent sur la piste, la nouvelle n’en est pas moins trépidante. Et puis il y a Holmes lui-même. Si confiant, si sûr de lui au début de la nouvelle, ayant une conscience aiguë de l’imminence du danger, qui se présente comme la dernière instance de recours pour les cas extraordinaires :

« – It is no ordinary one.

– None of those which come to me are. I am the last court of appeal. »

Mais ce cas va ébranler celui qui n’a été battu que quatre fois, ainsi qu’il le précise lui-même :

« I have been beaten four times – three by men and once by a woman. »

Car notre détective consultant va devoir faire face à l’échec. Un échec différent de ce  qu’il a pu connaître jusque-là, ne mettant en cause ni sa logique, ni son sens de la déduction, mais soulignant son impuissance à aider son client. Cette fois-ci, Sherlock Holmes a été consulté trop tard et l’ennemi dans l’ombre a été plus rapide. En dépit de ses précautions, le dénouement hélas sera tragique. Durement atteint, le détective se lancera à la poursuite des coupables, dévoré par un désir de vengeance.

« I have them in the hollow of my hand. Young Openshaw shall not long remain unavenged. »

Vengeance, regrets, colère, Sherlock Holmes serait-il finalement humain, lui qui place la froide logique au-dessus de tout ? Le lecteur en tous cas découvre une facette touchante de notre brillant esprit.

Cette nouvelle fait partie de ses rares qui se détachent légèrement du canon en s’attachant plus à montrer un Holmes plus humain, via l’échec, qu’à la déduction en elle-même. Mais c’est une des qualités de Doyle que de savoir varier le style en gardant son cadre de narration.

Si la résolution du cas passe légèrement au second plan, la nouvelle n’en perd pas pour autant en saveur.Sur un rythme vif, The Five Orange Pips est un mélange savamment équilibré entre une intrigue bien ficelée et une certaine touche de psychologie et d’émotion. Ainsi que le soulignait avec finesse ma collègue holmésienne Light and Smell   » c’est un peu du Sherlock Holmes sans l’être ». Ce qui est exact en un sens, puisque, d’une certaine façon, on touche plus à Sherlock qu’à Holmes, à l’homme qu’à la science de la déduction. Mais bien qu’il s’en défende en prônant la froide raison au dessus de tout, derrière la logique implacable, la science et le brillant esprit, derrière le détective, Holmes nous démontre qu’il y a aussi un homme.

En savoir plus.

Pour peaufiner vos déductions et aller jusqu’au bout de l’enquête, je vous engage à aller consulter les chroniques des fidèles de mon petit Cercle Holmésien : Light and Smell et Satorukudo.

Et en série, ça donne quoi ?

A ma connaissance, cette nouvelle n’a pas été adaptée sur grand écran. Cependant, la série Sherlock produite par BBC, y fait de très nettes références à travers l’épisode The Great Game qui conclut la première saison. L’intrigue n’est pas reprise, mais certains éléments sont subtilement placés.

Watson fait par exemple allusion à l’ignorance de Sherlock Holmes dans certains domaines, en particulier le système solaire. Un élément qu’il a souligné dans la première nouvelle du Canon lorsqu’il dresse un état des lieux des connaissances du détective, mais que ce dernier reprend ironiquement dans The Five Orange Pips. Il y explique, ainsi que dans la scène ci-dessous, qu’il est obligé de faire le ménage dans les données qu’il garde en mémoire.

Par ailleurs, plus tard dans l’épisode, chaque défi envoyé par son mystérieux adversaire est suivi par cinq bips. Le détective consultant à l’écran nous explique à l’instar de son homologue de papier qu’il s’agit d’une forme d’avertissement envoyée autrefois par certaines sociétés secrètes qui envoyaient cinq pépins d’orange en guise de menace. L’allusion est donc des plus évidentes.

Enfin Sherlock est durement atteint lorsque l’une des otages est exécutée, alors qu’il est sur le point de la sauver. S’il ne le montre pas, il n’aura de cesse d’aller jusqu’au bout de la partie d’échec avec son adversaire, qu’il ne parviendra finalement pas à attraper cette fois-ci. Une conclusion qui fait fortement écho à celle de la nouvelle.

Petit bonus mais attention spoilers. 

Dans le spécial de Noël The Abominable Bride, la fameuse société secrète a été détournée pour en devenir une féministe, cependant le costume très particulier a été conservé, en violet cependant. Une allusion qui a fortement choqué ceux qui n’ont pas saisi l’allusion à la nouvelle. De plus, l’homme visé par la revanche féminine reçoit également cinq pépins d’orange. Un joli clin d’oeil pour cet épisode victorien.

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6 commentaires

  1. Il faut vraiment que je lise cette nouvelle ! Tu donnes vraiment envie de la découvrir ! Une nouvelle sur Sherlock plus que sur Holmes, je suis curieuse de voir ce que ça peut donner ^^
    Il y a une autre référence à cette nouvelle dans la série Sherlock, non ? Dans l’abominable mariée, l’homme reçoit des pépins d’orange, mais je ne sais pas si la référence va plus loin.

    Aimé par 1 personne

    1. Oh mais si !! Bravo tu as raison ! Je ne pouvais pas le dire sans spoiler mais dans The Abominable Bride ils ont détourné la fameuse société secrète qui se retrouve en être une féministe ms ils ont gardé, en violet cependant, la tenue très spécifique. Ce qui a beaucoup choqué ceux qui n’ont pas compris la référence. Je te félicite de ton oeil de lynx. Je vais le rajouter en caché 😉

      Aimé par 1 personne

  2. Bonjour, tu me donnes envie de relire la nouvelle car je me rends compte que je me suis arrêtée à des détails sans relever l’originalité de la nouvelle et l’humanité de HOLMES. Comme toujours j’ai adoré te lire (mais je vais arrêter de le dire à chaque fois car je fais groupie… J’aime tes écrits, j’aime tes émissions, je veux un autographe!!!!). Pour la série j’ai eu un doute mais tu le confirme.

    Aimé par 1 personne

  3. Il va falloir sérieusement que je regarde de nouveau la série, je ne me souvenais même pas des clins d’œil à la nouvelle 😦
    J’adore cette phrase : « d’une certaine façon, on touche plus à Sherlock qu’à Holmes, à l’homme qu’à la science de la déduction ». Elle résume parfaitement la nouvelle !

    Aimé par 1 personne

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