Et si on regardait… Billions ? (ou pas !)

Cette semaine, July nous parle capitalisme, économie, SM (étonnement il y a comme une concordance…), fond de pension, concours de braguettes, le tout sur fond de paysage enneigé. 

Bref, July a profité de la neige parisienne pour regarder Billions sur Canal + et il nous fait une petite rétrospective des deux premières saisons sur fond de radio Nostalgie.

billions

Il neige. Non, pas sur le lac Majeur, Maman, y’a que toi pour avoir ce genre de références, et arrête d’écouter Nostalgie, depuis que j’ai entendu Las Ketchup dessus j’ai envie de défoncer cette radio qui m’a fichu un coup de vieux. Bref, il neige et j’en ai profité pour regarder les deux saisons de Billions, en attendant la troisième. Billions, keskecé ? C’est l’histoire d’un procureur américain, Chuck Roades qui va poursuivre le géant américain Axelrod, gérant d’un hedge fund. Sauf que Mme Roades est une employée d’Axelrod et elle est proche de lui. En plus, y’a Paul Giamatti et Damian Lewis.

Le pilote est long. Il dure une heure et on nous fait comprendre que la taille compte. On est clairement dans une histoire où un procureur décide de comparer ce qu’il a entre les jambes avec ce que le gérant du fond de pension a dans son pantalon. Rien de mal placé, rassurez-vous : l’un a une fermeture éclair entre les jambes tandis que l’autre a des poches dans son pantalon. Et il a même une ceinture dessus. Mais ce n’est pas Axelrod mais Roades qui aime à s’adonner aux plaisirs sado-masochistes dans des clubs.

Il y a quelques scènes dont je ne vois justement pas l’utilité : en effet, on ouvre sur une scène SM (une S-ène ?) pour introduire (enfin, si je puis dire…) le personnage du procureur. Et je ne vois pas l’utilité à toutes ces scènes pour le procureur, hormis montrer qu’il n’est peut être pas parfait et qu’il a besoin de dominer dans la vie et d’être dominé. Je trouve ça dommage parce que c’est à mon goût rajouter du cul là où ce n’est pas nécessaire (coucou le gros tout nu de Game of Thrones !).

Mais malgré tout on met bien les deux protagonistes face-à-face et l’on amène bien le fait que la troisième roue du carrosse, la femme de Roades, soit la psy de la boîte d’Axelrod et soit aussi impitoyable que son époux sous ses airs de femme au foyer lisse acceptant le SM pour faire plaisir à son mari[1]. En effet, on s’aperçoit qu’elle ne sera pas un pion ni pour l’un ni pour l’autre. Elle joue son propre jeu essayant de se sortir de cette histoire comme elle le peut. D’autant plus que rapidement, la traque financière devient personnelle. En effet, c’est l’image d’Axelrod qui est ciblée puisqu’il a un capital sympathie : il serait parti de rien avec le rêve américain pour survivre aux attentats du 11 septembre et rester ensuite populaire malgré sa grosse fortune, jusqu’à ce que Roades le pousse au jeu de celui qui pisse le plus loin.

Ce petit jeu est essentiel dans la série, malgré quelques dialogues souvent maladroits ou trop explicatifs. J’aime bien ce genre d’intrigues mais le néophyte peut vite se laisser déborder par les lignes didactiques du scénario. Il y a un peu de caricatures comme un journaliste manipulable à souhait[2] et un père de Roades financier qui veut se venger d’Axelrod, le mettant dans la mouise. Mais la série se laisse suivre doucement car elle avance assez rapidement et ose des rebondissements, des pièges déjoués, des trahisons et tout cela sur fond de finance, ce qui à l’heure actuelle renforce bien le sentiment du « tous pourris », un poil non-assumé par la série mais qui reste jouissif car avouons-le, on aime bien cracher à la gueule de ces grosses fortunes d’actionnaires qui nous forcent à aller bosser sous la neige pendant qu’ils se prennent des vacances loin de là en empochant leurs dividendes et en virant les gens parce que le Dow Jones se casse la figure trois jours de suite.

Une autre force de la série est celle des rôles secondaires qui sont assez bons et ne laissent pas seuls Paul Giamatti et Damian Lewis, excellents. Il y a du répondant pour les personnages secondaires qui sont bien écrits et qui apportent du réalisme à la série, avec des discussions de couple, des décisions prises seul alors que le conjoint (ne comptez pas sur moi pour l’écriture inclusive, par « le conjoint » j’entend le conjoint ou la conjointe, mais le masculin, s’il ne l’emporte pas, est appliqué en cas de double-genre) aurait bien aimé être inclus dans la prise de décision.

En bref, Billions, on regarde, on laisse suivre, on aime les trahisons et on se laisse porter par ce soap financier. Et on regarde tout ce beau monde s’écharper mais avec des manières de gens bien élevés[3]. Et entre deux épisodes, on peut regarder la neige tomber et voir l’économie française paralysée car il neige en région parisienne. Et revenir à l’économie new-yorkaise via la série en espérant ne pas se casser la figure demain en allant travailler parce que bon, le capitalisme nous force à sortir bosser au risque de nous péter une jambe en glissant ou d’envoyer une voiture dans le décor, ce dont l’actionnaire de ton petit boulot n’aura rien à faire quand il te virera parce que tu auras été absent avec une jambe dans le plâtre.

July

[1] Je pense du coup que c’est le moment de faire un instant culture où l’on pourra écouter Jeanne Moreau : https://www.youtube.com/watch?v=DdXBlH12pJQ, consulté le 12 février 2018.

[2] Ce qui n’est évidemment pas le cas dans la vie réelle, hein, surtout chez Russia Today ou CCTV.

[3] Je pense du coup que c’est le moment de faire un instant culture où l’on pourra écouter France Gall : https://www.youtube.com/watch?v=M7ouuLTcF5w, consulté le 12 février 2018.

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