Bull.

Fiche technique

Sortie : 2016

Créateurs :  Glenn Gordon Caron, Phil McGraw 

Scénariste : Glenn Gordon Caron

Casting : Michael Weatherly, Freddy Rodriguez, Geneva Carr, Jaime Lee Kirchner, Christopher Jackson.

Synopsis

Le docteur Jason Bull est un psychologue spécialisé dans le conseil juridique. A la tête d’une petite équipe, il analyse le comportement des jurés, détecte leurs failles, afin d’aider ses clients à faire basculer le verdict en leur faveur lors d’un procès.

Mais même le meilleur des thérapeutes peut avoir ses failles…

La parole est à l’accusation.

Mesdames et Messieurs les jurés,

J’ignore sincèrement ce qui a pris à ma cliente de se plonger dans une daube pareille. Une naïve ignorance sans doute. L’attrait de l’originalité ? L’envie de croire en une bonne série. Il faut dire que s’inspirant du parcours de Phil McGraw, ancien psychologue qui a donné dans le conseil juridique, la série s’offrait toutes les apparences de la bonne foi.

Et puis, mesdames et messieurs les jurés, ne sous-estimons pas dans ce cas, la valeur de l’affectif. Oui ma cliente s’est laissée prendre au jeu de la nostalgie, imaginant voir Michael Weatherly se décliner de façon intéressante dans ce rôle. Une grossière erreur dont elle se repent cruellement.

Car tout est creux ici ! Sous prétexte d’originalité on vend un scénario clinquant, prétentieux mais vide. La série ne s’offre même pas l’apparence de la crédibilité, à tel point que s’en est risible. Les intrigues sont cousues de fil blanc et on agite l’usage des nouvelles technologies comme un jouet brillant destiné à appâter le spectateur.

Quant à l’analyse de l’humain, elle se résume à un mélange entre de la manipulation et un pauvre tour de passe-passe. Sans parler des techniques d’investigation des collaborateurs du dit Docteur Bull, fortement critiquables d’un point de vue légal et éthique. Mais qu’importe ! On n’en a cure puisque le bon Docteur est toujours du côté du faible et de l’opprimé. Oui, toujours ! C’est le docteur qui lave plus blanc que blanc. Forcément ça justifie tout ! C’est à en avoir la nausée tellement c’est manichéen. Une crédibilité à faire passer NCIS pour un modèle de réalisme et d’intégrité. Ne nous leurrons pas, on prend ici le spectateur pour une proie facile, prête à tout gober sans se poser de questions.

Mais voilà, mesdames et messieurs les jurés, ma cliente a l’esprit large. Elle a voulu laisser sa chance au produit, regarder plusieurs épisodes. Si elle est devant vous aujourd’hui c’est qu’elle estime en son âme et conscience qu’il y a eu duperie sur la marchandise. Qu’elle a dilapidé son temps (et ses neurones) devant une platitude en laquelle même son interprète principal ne parvient pas à croire.
Tout devrait pouvoir reposer sur le charisme de Michael Weatherly, mais celui-ci surjoue, pas bien convaincu de ce qu’il est sensé faire dans ce joli paquet qui ne fait que retirer des ficelles déjà connues, sans rien y apporter, recyclant au passage cliché sur cliché. Rien n’y tient debout et surtout pas le reflet d’une génération hyper connectée qui peut tout faire avec deux écrans et un clavier. Coucou le jury qui clignote en rouge ou en vert. 

On pourrait presque dire que la série est aussi fiable et honnête que son inspirateur. Et quand on voit le parcours du docteur Phil McGraw, il y a de quoi se poser des questions. Aussi, mesdames et messieurs les jurés je demande une sentence exemplaire pour compenser le préjudice subi. Ma cliente a mis en péril son intelligence en regardant cette platitude vendue comme un concept novateur. Si ma cliente ne dénie pas l’approche atypique et l’angle d’attaque original de la chose, elle dénonce ici une publicité mensongère. Un concept qui ne tient pas ses promesses et qui, en dépit de quelques touches d’humour, manque singulièrement de piquant, de rebondissements et de renouvellement.
Mesdames et messieurs, il est de votre devoir d’appliquer ici un verdict qui démontre à CBS qu’il ne faudrait tout de même pas trop prendre ses téléspectateurs pour des abrutis. Car cela fait quand même trois saisons que ça dure !

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“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

4 commentaires Laisser un commentaire

  1. Excellent plaidoyer ! J’espère que le juge tranchera en votre faveur.
    Sinon, hors sujet ou presque mais à chaque fois que les présentateur disent « Et tout de suite après retrouvez votre série Bull (prononciation : boule), moi j’ai l’impression qu’on va nous mettre un film porno.
    Voilà, voilà, c’était ma maigre contribution. ❤️

    Aimé par 1 personne

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