The Good Wife (S1&2)

Fiche technique

Sortie : 2009-2016

Créateurs : Robert King et Michelle King 

Scénaristes : Robert King et Michelle King

Producteur exécutifs : Ridley et Tony Scott

Casting : Julianna Margulies, Josh Charles, Christine Baranski, Matt Czuchry, Alan Cumming, Chris Noth, Michael J.Fox, Archie Penjabi

Synopsis : Alicia Florick voit sa vie tranquille d’épouse modèle voler en éclat lorsque son mari, Peter, procureur de Chicago, est incarcéré pour des accusations de corruption et un scandale sexuel. Bafouée par l’infidélité de celui-ci, elle doit faire face à la presse, à une notoriété due aux rumeurs et aux ragots et à une situation financière précaire. Pour faire face, elle décide de reprendre sa carrière d’avocate, abandonnée 13 ans plus tôt. Grâce à un ancien crush de fac de droit,Will Gardner, elle intègre le cabinet Lockhart et Gardner. Mais elle rend vite compte que face à la réputation de son mari et aux jeunes loups du cabinet, elle va vite devoir faire ses preuves.

Je jure de dire toute la vérité et rien que la vérité, votre Honneur.

[Aparté ou comment l’auteur de cet article s’engagea dans un périple dont elle ne soupçonnait pas l’ampleur. En grande admiratrice de Christine Baranski, j’avais glané  The Good Fight, sur Amazon Prime. Mais geek méthodique, je me suis refusée à attaquer ce spin-off et suite de The Good Wife, sans avoir vu la susdite série de départ. Aussi aies-je plongé avec enthousiasme dans The Good Wife, pensant prestement emballer l’affaire, sans avoir ne serait-ce que jeté un oeil à son nombre d’épisodes… Douce utopiste que je suis ! 7 saisons, à raison de 22-23 épisodes par saisons, de chacun environ 43 minutes… Cela nous fait donc 156 épisodes pour un total de 6708 minutes. Voyelles, consonnes, le compte est bon. Mon cher comparse Matthieu rigole encore de l’anecdote. Yes I can !]

Le problème des séries judiciaires est que l’aspect procédurier et répétitif de la chose peut vite les rendre rébarbatives. Personne n’a envie de se retrouver coincé dans un épisode sans fin de Perry Mason (1) ou de Tribunal (2), pour prendre une référence française.
D’un autre côté, les tentatives plus modernes, du type Bull, pour animer un peu le truc, en introduisant des professions en vogue du secteur, comme les profilers, tournent rapidement à l’invraisemblable et au grand n’importe quoi technologique.

The Good Wife a l’intelligence d’attaquer sous un angle différent et de tenter de contourner l’obstacle en utilisant deux leviers clés, particulièrement efficaces :

  • La série mêle le politique et le judiciaire, insistant sur le lien qui existe dans la réalité entre ces deux milieux.
  • Le scénario joue avec l’actualité politique au moment de la production de la série (administration Bush, Sarah Palin candidate en 2012, élection d’Obama, rivalités conservateurs/démocrates), sans compter le fait que l’histoire d’Alicia, outre son parfum d’affaire Clinton-Levinsky, est directement inspirée d’une histoire réelle, celle d’Elda Splitzer, ex-épouse de l’ancien gouverneur de New York, Eliot Spitzer qui fût mis en accusation dans un scandale concernant des prostituées de luxe.

Bien structurée, la série s’offre ainsi le luxe de surfer sur différentes trames de narration qui s’influencent et que l’on pourrait structurer ainsi :

  • La sphère externe : c’est tout le contexte politique de l’affaire Peter Florick, le mari d’Alicia, qui vient influer sur sa carrière d’avocate mais aussi sa vie de famille.
  • La sphère interne : ce sont les tractations, manœuvres et stratégies au cœur même du cabinet et les interactions/ frictions avec le bureau du procureur Childs.
  • Le coeur : ce sont les cas traités par le cabinet qui constituent le fil directeur de chaque épisode.

Menée de cette façon, la série bénéficie ainsi d’une dynamique soutenue et d’un contexte riche qui mettent alternativement l’accent sur l’une ou l’autre des trames et permettent de mettre les pions en place pour l’évolution de l’intrigue dans les épisodes suivants. Le tout sans que cela ne saute grossièrement aux yeux.
Ni tout blancs, ni tout noirs, ses personnages fascinent. Tractations morales ou professionnelles, chantage, coup de bluff, retournement de veste et petites trahisons entre partenaires, tout est forcément trouble quand l’intérêt du cabinet prime sur la conscience. Coups de théâtre et retournements de situations ne nous sont pas épargnés. Et j’avoue, au terme de ces deux premières saisons, avoir eu quelques hoquets de surprise, souvent jubilatoires.
L’évolution même d’Alicia se fait à travers contradictions et ses paradoxes. Sainte Alicia serait-elle toujours The Good Wife au final ? La réponse ne sera donnée qu’en fin de saison 7…. Et pour ma part, je n’en suis pas là.

Certes, comme toujours, la série a ses petites incohérences/invraisemblances. En particulier, le personnage de Kalinda, qui se révèle intéressant mais trop chargé niveau backstory à mon goût. Cependant, la recette fonctionne et elle fonctionne même très bien. A l’issu de la saison 2, la série parvient toujours à piquer mon intérêt, l’aiguillonnant même d’un personnage à l’autre. Ses incohérences sont rattrapées par la complexité de ses personnages, son ancrage subtilement amené dans un contexte réel et la qualité indéniable de son casting. A voir sans aucun doute !

(1) Perry Mason, série judiciaire américaine bien connue, diffusée de 1959 à 1966, mettant en scène les affaires traitées par Perry Mason, avocat notable de Los Angeles.

(2) Tribunal, série judiciaire française diffusée de 1989 à 1994, se déroulant sur le temps d’un procès, uniquement dans la salle d’audience du tribunal. Référence dédiée à July.

Publié par

“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

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