Et si on regardait… Les Misérables ? (ou pas !)

Contrairement au titre sus-cité, cette chronique n’a de misérable que la référence puisque July nous y cause de l’adaptation en BBC style du classique de Victor Hugo. Je ne peux que m’effacer humblement, étant moi-même très tentée par ce visionnage, la BBC ayant pour habitude dans ces cas-là de mettre les petits plats dans les grands, niveau production. Mais laissons donc la parole à July, qui en a presque le jeu de mots coupé. Presque.



Après avoir parlé de Beethoven, Mozart[1] et les autres, continuons dans les classiques. Après avoir parlé de peinture et de musique, continuons dans les arts. Au croisement de ces deux raisonnements, on trouve Victor Hugo. Un classique de la littérature française qui a toujours plus ou moins inspiré les différents cinéastes. Plutôt plus quand on trouve Jean Gabin et Bernard Blier dedans, plutôt moins quand on en fait une comédie musicale. Ici, l’inspiration est venue du côté de la BBC et c’est tant mieux. Les Misérables, keskecé ? C’est une série de 6 épisodes d’une heure chacun diffusée sur la BBC entre le 30 décembre et le 3 février dernier.

Et c’est du petit lait. Les Misérables, pour moi c’est sacré. Depuis le premier chapitre, où l’on commence par nous présenter l’évêque de Digne qui transmettra les chandeliers si importants à Jean Valjean, jusqu’au dernier intitulé « l’herbe cache et la pluie efface », avec sur une demi-page ce que l’on peut admirer dans un cimetière, cette œuvre est brillante. Géniale. Merveilleuse. Jamais l’être humain n’a écrit quelque chose d’aussi complexe, abouti et intelligible à mes yeux. Parce que si vous voulez du complexe abouti mais non-intelligible, je vous laisse relire Schopenhauer[2].

J’abordais le premier épisode de la série avec cette excitation et cette appréhension en même temps. Vous savez, ce petit « j’ai trop hâte mais j’espère que ce sera bien » que l’on pouvait avoir à la sortie du dernier Harry Potter[3]ou de n’importe quel autre livre que l’on attend depuis un certain temps. C’est donc dans cet état d’esprit que j’abordais la mini-série.

Et BIM, premier coup dans la caboche. Les premiers mots de Victor Hugo sont « En 1815 ». Vous comprendrez donc ma surprise quand on nous présente un début à Waterloo alors que Thénardier est supposé être un vétéran, sans que l’on ne décrive ses batailles autrement que par des souvenirs. Mais c’est un coup de génie. Car le livre débute également avec Jean Valjean qui arrive à Digne, ce qu’il est difficile de retranscrire dans une série. Le scénariste, Andrew Davies, a eu l’idée de génie de prendre le temps de dire ce qui s’est produit avant.

Andrew Davies n’en est pas à son premier coup : c’est une personne qui n’a pas à rougir de son œuvre. House of Cards, version britannique, c’est lui. Little Dorrit, avec Claire Foy dans le rôle titre, c’est lui aussi. Orgueil et préjugés (NDLR : Pride&Prejudice, béotien !), avec Colin Firth, c’est encore lui. Logique donc que Les Misérables, ce soit lui.

Au niveau casting, le tryptique Valjean-Javert-Thénardier se porte bien. On retrouve des têtes connues, comme toujours chez les British qui n’ont pas peur de la télé (coucou Dominic West, tenant le rôle-titre dans The Shield, et mention spéciale à Sir Derek Jacobi[4] qui fait une apparition courte mais efficace dans le rôle de l’évêque de Digne[5]).

Au-delà-du casting, le budget est mis. On se croît dans le vieux Digne, on se croit au bagne quand Jean Valjean y est, on se croit dans le Paris des années 1830, on se croit sur les barricades, on se croit de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer. Les décors et costumes sont magnifaïques aurait dit Cristina.

En bref, foncez, passez 6h en un après-midi à regarder ça, c’est top. Pour l’avoir fait, on enchaîne le tout facilement et on a presqu’envie d’avoir une saison 2. Mais bon, respectons l’œuvre quand même : Victor Hugo s’est déjà retourné dans sa tombe avec la comédie musicale, évitons de lui faire faire ce petit tour une seconde fois.

 July

[1] Il est toujours présent, Mozart car il faut dire « Mozart est là ». Et voilà, je me disais : il ne va pas oser la faire. Et BIM ! 

[2] « Dans la vie, nous combinons un plan ; mais celui-ci reste subordonné à ce qu’il plaira de faire au sort. » (Aphorismes sur la sagesse de la vie), ou encore « La solitude offre à l’homme intellectuellement haut placé un double avantage : le premier, d’être avec soi-même, et le second de n’être pas avec les autres. » (idem). Vous le sentez le connard pédant ? Attendez, j’ai de quoi vous achever si vous n’êtes pas convaincus : « La femme est un animal à cheveux longs et à idées courtes » (et je n’ai pas la référence…  mais j’aimerais bien l’avoir !). Vous y êtes, là ? Bon, du coup, on dit que c’est un connard et on continue ? Merci !

[3] Je parle bien évidemment des livres !

[4] Si vous entendez quelqu’un crier « aaaaaaaaaaah » comme une midinette fan de Joyce Jonathan, c’est probablement que Derek Jacobi vient d’apparaître sur mon écran.

[5] J’allais dire qu’il fait une apparition Digne de lui, mais c’est presque trop facile comme jeu de mots… Je confirme. Après Mozart est là, si tu fais celui-ci c’est la pénalité assurée. 

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