Et si on regardait… The Big Bang Theory (ou pas !)

Puisqu’il faut bien que jeunesse se passe et savoir tourner la dernière page du livre (ou le dernier épisode de la série), July revient sur douze ans de geekerie et d’humour. Douze saisons avec leurs défauts et leurs qualités où on a tout de même bien rigolé.
En dehors de la claque temporelle dans la fiole (merci July d’insister dessus !) je garderais une certaine tendresse pour cette série, malgré ses défauts, car c’est la première où j’ai retrouvé mes références culturelles et où j’en ai découvert de nouvelles avec plaisir. Ouaip ! J’ai découvert des trucs dans The Big Bang Theory (le chat de Schrödinger) et j’ai croisé des têtes connues et des clins d’oeil qui m’ont fait me sentir comme à la maison. Cela contribue pour une bonne partie à la valeur de cette série.
Allez July, range tes kleenex et magnéto !



Ayant envie de continuer un peu plus avec les personnages, je vais vous parler de The Big Bang Theory. Une série que l’on ne présente plus et qui s’est achevée la semaine dernière au bout d’une douzaine de saisons. Sauf que la douzaine, contrairement à la douzaine d’huître, n’a pas besoin de vinaigre pour être dégustée. The Big Bang Theory, keskecé ? C’est l’histoire de deux geeks scientifiques qui voient s’installer dans l’appartement en face de chez eux une jeune fille. Avec leurs amis, ils vont rapidement intégrer cette jeune fille inculte venant du Nebraska. Ou c’est elle qui va leur faire découvrir la vie.

Nous sommes en 2007 lorsqu’elle est lancée et Friends est encore dans toutes les mémoires. Mettre donc en œuvre une bande d’amis était assez risqué. Dans le paysage sitcom à cette époque, y’avait du lourd : How I Met Your Mother était à l’écran depuis 2009, The Office (le remake avec Steve Carrell) depuis la même année, Mon Oncle Charlie (avec encore Charlie Sheen…) depuis 2003 tout comme Arrested Development et 30 Rock était là depuis 2006. Autant dire que y’avait du lourd à une époque où l’on pensait vivre l’éclosion des séries alors que l’on vivait leur apogée. Attention, il ne s’agit là que de mon point de vue : depuis le début des années 2010, de trop nombreuses séries sont à l’écran. Le renouveau d’ABC, par exemple, date de 2004 lorsque la même année ils lancent Grey’s Anatomy, Desperate Housewives et Lost, cartons d’audiences. NBC avec 30 Rock cartonnait, et y’avait encore Urgences. Fox avait 24. CBS avec NCIS et Les Experts en tous genres assurait l’audience. Aujourd’hui, les audiences tombent. La consommation des séries a changé (et j’emploie le terme de consommation sciemment) et les plates-formes telles que Netflix, Amazon ou Hulu inondent le marché dans le but de faire de la série un loisir à part entière : on a désormais des commentateurs de série comme on a des analystes de foot pour en parler quand il n’y en a plus[1] ; on décortique la moindre nouvelle comme on le fait pour le foot avec des émissions télé/radio/net tous les soirs. Mais revenons à nos moutons geeks.

La série part sur un concept simple. C’était la série d’une bande de potes qui a réussi à se renouveler, même si le personnage de Sheldon a pu être méga-gaçant[2] par moments. Les personnages grandissent. Ils évoluent. Une panne d’inspiration en saison 3 ? On remet des personnages féminins pour faire évoluer les personnages. On a des geeks ? On les fait évoluer : ils regardent Battlestar Galactica dans le pilote de la série, et vont au ciné voir Avengers : Endgame en fin de série. Ils aiment des personnages réels, de séries et de films ? On invite leurs interprètes jouer dans la série et l’on se retrouve avec un Mark Hamill ou un Buzz Aldrin dans la série. Il y a même feu Stephen Hawking pour qu’on se moque de lui. Et qu’il se moque des personnages.

Le générique emblématique de la série restera dans les mémoires. Comme celui de Friends. Comme ce bip, bip, bipbip, bipbipbipbip, bipbipbipbipbipbipbipbiiiiiiiiiiiiiiip de 24. Et c’est peut-être ça qui fait une grande série. En tout cas, c’était une des seules séries à encore avoir un vrai générique sur les chaînes TV américaines. Coutume un peu démodée en ce moment.

The Big Bang Theory, c’était la sitcom à l’ancienne. Alors une telle pratique n’est pas morte, loin de là[3]. Mais c’était la série tournée en public, tout comme Friends ou Mon Oncle Charlie. C’était la série où l’on voulait être proche du public dont on se nourrissait. C’est peut-être ce qui fait aussi qu’elle était bien écrite : il fallait faire rire des gens. Des vrais gens. Des gens comme vous et moi qui se rendaient sur le tournage comme on se rend au théâtre. Il y avait une interaction des personnages avec le public et cette interaction a fini par transparaître à l’écran.

Il y a bien évidemment eu des bas durant la série. La série n’était pas parfaite : les personnages sont très stéréotypés, il y avait une absence au départ de femmes dans le monde scientifique, des épisodes un peu ennuyeux parfois.

Par ailleurs, au bout de 10 ans, on sentait que ça commençait à tourner un peu en rond. Mais l’annonce des deux dernières saisons a reboosté la série. Ils savaient enfin où ils allaient. Et le dernière saison est une montée vers le final tout en gardant son lot de surprises. J’ai passé 12 ans avec cette série et je ne les regrette pas.

« Putain, 12 ans ! », dirais-je au risque de parodier la marionnette des Guignols de Jacques Chirac. J’ai commencé cette série, j’avais 18 piges. J’en ai 30 aujourd’hui[4]. C’était la série que j’ai vu pendant mes études, que je pensais immortelle. Bon OK, comme Grey’s Anatomy, mais c’est pas pareil : l’une est drôle car elle est bonne, l’autre est drôle car elle est mauvaise. Avec le départ de The Big Bang Theory, c’est une part de ma jeunesse qui s’envole. Alors je reste con, rassurez-vous. Mais 12 ans, même quand on en a 60 ou 80, ce n’est pas rien. Je pense que cette série, par sa longévité, a marqué la télévision. J’ai du mal à trouver une série aussi drôle à mes yeux. Certes, on disait la même chose de Friends en 2004. Depuis, les habitudes ont changé.

Enfin, le dernier épisode est dans la lignée de la série. Certains passages ont amené à quelques débats (comme le fait que Penny ait un enfant alors qu’elle a toujours déclaré ne pas en vouloir, ce qui a déchaîné sur Twitter les personnes ne voulant pas d’enfant et luttant contre une société qui les impose[5]) mais il y a moins de mal à dire sur cette dernière saison que sur celle d’une série dont l’intrigue se situe sur des continents imaginaires dont les noms riment avec Cheerios[6].

Si vous n’avez pas vu la série, voyez-là. Prenez le temps. Prenez ces 12 saisons de bonheur. Ces petites doses d’humour qui font du bien dans un monde où il faut voter pour l’une des 34 listes aux Européennes. Oui, je sais, il y avait un ou deux petits spoilers dans ma chronique mais le temps de tout revoir, vous aurez oublié ce que je vous ai dit tellement il y a de bonnes idées.

Bon visionnage et à dans 12 ans ! Putain, 12 ans…

July

[1] Il va de soi que je m’inclus dedans mais j’essaye d’avoir un regard critique tout de même sur cette pratique.

[2] Méga-gaçant : néologisme créé pour le personnage de Sheldon qui est méga agaçant. Et encore, certaines saisons, il était giga-gaçant.

[3] https://www.20minutes.fr/arts-stars/television/2520691-20190518-fin-the-big-bang-theory-pourquoi-sitcom-ancienne-loin-etre-morte, consulté le 20 mai 2019. Désolé, j’avais pas d’autre article sous la main et je dois faire avec.

[4] Ou presque, on n’est pas à quelques mois près, hein ! Et si vous lisez cette chronique après l’été, je les aurai. Donc, voilà !

[5] Je ne juge ni les uns, ni les autres. Chacun ses choix ! Laissons ceux qui veulent des enfants s’en occuper et ceux qui ne veulent pas en avoir ne pas s’en occuper. Nous sommes au XXIe siècle et le sexe ne sert pas qu’à procréer ! Il sert avant tout à s’amuser pour ceux qui le veulent, à s’abstenir pour ceux qui le veulent, à procréer pour ceux qui le veulent. Chacun est libre de son corps et fait ce qu’il veut, seul ou à plusieurs, du moment que l’(les) autre(s) est (sont) consentant(s). L’avortement reste un droit et l’IMG un devoir médical. Ah oui, au fait, l’Alabama : fuck you.

[6] Tiens, ça ferait une bonne accroche pour une chronique, ça…

Publié par

“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

5 commentaires sur « Et si on regardait… The Big Bang Theory (ou pas !) »

  1. Je n’ai pas encore vu cette dernière saison, mais je sais que je vais la savourer. Effectivement, on sent que la fin annoncée a fait du bien à la série qui commençait à tourner en rond autrement. Car c’est bon, une série qui sait quand elle doit s’arrêter ! Friends l’a fait mais combien sont finalement restées en suspens (Oh, Jarod, retrouveras-tu jamais ta famille ?!). Certes, une conclusion qui traîne un peu (on était nombreux à se demander s’il ne serait pas temps d’arrêter autour de la saison 8 !) mais une conclusion propre pour une série qui n’a jamais perdu sa personnalité, ça fait plaisir^^

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  2. Je me souviens avoir regardé le premier épisode de la série en français et n’avoir pas du tout aimé. Mais ma cousine, en grande fan, m’a dit de ne surtout pas commencé avec la VF. Du coup je me suis laissée tenté et je me suis attachée à cette bande de geek. Je me suis même habituée à la VF maintenant mais les multiples rediffusion m’ont lassé.. Du coup j’ai X saisons de retard qu’il va falloir que je rattrape ! 😉

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