Après séance : Good Omens (série), divin Armageddon !

Fiche technique

Sortie : 31 mai sur Amazon Prime

Scénario : Neil Gaiman,

D’après l’oeuvre de Neil Gaiman et Terry Pratchett

Réalisation : Douglas Mackinnon

Casting

  • Azariphale : Michael Sheen
  • Crowley : David Tennant
  • L’Ange Gabriel : Jon Hamm
  • Madame Tracy : Miranda Ridcharson
  • Metatron : Derek Jacobi
  • Glozier : Mark Gatiss
  • Satan : Benedict Cumberbatch

Synopsis

Aziraphale et Crowley sont respectivement un ange et un démon qui vivent sur Terre. Depuis plus de 6000 ans, ils forment une sorte de tandem. Là où Crowley sème le désordre, la tentation ou le chaos, Aziraphale rétablit l’harmonie, la vertu et la paix. Entre eux s’est établi comme un équilibre, une forme de statu quo, une entente cordiale pour ainsi dire. Voir même se rendant de petits services à l’occasion…
Et ils mènent ainsi une existence relativement paisible, savourant les plaisirs terrestres, notamment gastronomiques.

Mais voilà que tout est remis en cause. Les prophéties sont formelles : l’Antéchrist va s’incarner sur Terre, déclenchant la guerre entre le Bien et le Mal et signant la fin des temps.

Pas vraiment de quoi se réjouir. Et encore moins pour nos deux comparses qui se satisfaisaient bien de leur petit train-train. Crowley n’a guère l’intention de renoncer à sa magnifique Bentley et à ses plantes. Quant à Aziraphale, tout ange qu’il soit, il lui est difficile d’envisager l’existence sans ses livres et la saveur délicate des sushis. Aussi prennent-ils la décision insensée de tenter d’empêcher l’Apocalypse.

Mon avis :

Bien qu’elle ait été dans les cartons depuis des années déjà, cette adaptation est née d’une promesse: celle faite par Neil Gaiman à son ami mourrant Terry Pratchett . Et c’est probablement une des raisons de la grande qualité du scénario.
Impossible pour Neil Gaiman de trahir ou de laisser trahir l’oeuvre coécrite avec son ami, alors le monsieur s’est impliqué tant sur le scénario que sur la production, travaillant main dans la main avec le réalisateur Douglas MacKinnon, avec lequel il avait déjà collaboré par le passé.

Un seul scénariste (fan de l’oeuvre originale), un seul réalisateur (co-auteur de l’ouvrage) pour une mini-série de six épisodes, tout deux producteurs exécutifs, une bonne façon de s’assurer de rester sur les bons rails. Et au final Good Omens c’est toute une équipe qui va s’investir par amour du roman pour tenir cette promesse, du casting quatre étoiles (Michael Sheen et David Tennant en tête) au compositeur David Arnold.

Alors au final qu’est-ce-que ça donne ?

Même si mon impartialité est sérieusement entamée par mon amour tout à la fois du roman et de l’équipe, il faut bien avouer que ça roule comme sur du velours cette affaire. Du générique à la lumière, en passant par la musique, les décors, tout est pensé, poli comme un petit bijou.
A peine Dieu s’est-il (elle ?) exprimé par la voix de Frances McDormand en introduction qu’on plonge dans le truc comme on savourerait un bon chocolat chaud par une froide après-midi d’hiver.
L’univers s’installe naturellement comme s’il jaillissait des pages du livre. Tout semble une évidence et l’on s’amuse de retrouver références et clins d’oeil. Pour autant, le néophyte n’est pas noyé dans l’histoire et a le temps de trouver ses repères.
D’ailleurs, pour ce que j’en ai lu sur les réseaux sociaux, certains se sont empressés de se jeter sur le livre, une fois le visionnage terminé.
En somme, l’averti se régale de retrouver ce qu’il a pu apprécier du livre et le novice prend plaisir à le découvrir.

Certains ont pu se plaindre de l’aspect brouillon de la narration/réalisation sur certaines digressions. C’est un argument que j’ai du mal à comprendre. D’une part, car poser la backstory de 6000 ans des deux personnages principaux est un élément essentiel qui nécessite forcément quelques ajustements. D’autre part – et qui a lu American Gods comprendra mon propos- l’écriture de Gaiman, comme celle de Pratchett, est très architecturée, et à la façon d’une poupée russe, renferme souvent une histoire dans une histoire et plusieurs fils narratifs.
Ainsi dans Good Omens, on passe parfois d’un fil à l’autre, juste en changeant de paragraphe. Je mets donc au défi quiconque d’arriver à adapter ça, sans gâcher le style et sans avoir d’effet un poil brouillon. Et puis après si vous voulez expliquer à Neil Gaiman comment mieux adapter son livre que lui-même, passez devant, je prends le pop-corn. Il me semble qu’il le connaît tout de même mieux que n’importe qui.

Mais revenons-en à notre Apocalypse de fin gourmet qui se révèle totalement addictive. Même avec la meilleur volonté du monde, je n’ai pu me retenir de grignoter les six épisodes d’une heure en deux jours. On a beau connaître la fin pour avoir lu le livre, c’est comme une boîte de savoureux petits gâteaux chocolat noisette. Cela fait le même effet qu’avec le roman, on s’y sent si bien, on s’amuse tellement avec les personnages qu’on n’a pas envie les quitter. J’aurais ici une mention toute particulière pour Jon Hamm en Gabriel dont les expressions m’ont achevée.

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Et que dire de David Tennant et Michael Sheen qui nous servent avec un incroyable brio la plus parfaite des bromances à l’écran. Un tandem diaboliquement divin qui étincelle à l’écran et qui ferait craquer Satan lui-même si celui-ci ne préparait pas l’Apocalypse.
Tandis que David Tennant se plaît à jouer les démons badass mais pas totalement dépourvus de sensibilité au volant d’une Bentley en flamme, Michael Sheen parvient à nous faire fondre sur UNE réplique. Son  » To the world » est d’une perfection, tant dans l’intonation que dans l’expression. Un tintement de cristal céleste.
Certes, Good Omens souffre de quelques défauts.
Certes, certains passages ou personnages secondaires auraient du / pu être mieux développés.
Certes, il manque des petits détails pour les puristes, comme le fait que la Mort parle en majuscules. Pensez-y pour les sous-titres les gars, c’est important !
Mais laissez-vous guider par ce duo magique. Ces deux-là, ils portent à eux-seuls toute la passion, le souci de la perfection qui ont présidé à cette adaptation. Laissez-les vous raconter cette histoire et vous aurez envie de la voir encore…

Et si après cela, il vous manque toujours quelque chose, lisez/relisez le roman. Retrouvez-les entre les pages. Jamais on ne pourra complètement transférer l’essence d’un roman aussi barré dans une série, même si on n’aura jamais été aussi près de la perfection avec cette adaptation et qu’on ne fera probablement jamais mieux.

Good Omens c’est une promesse qui a été tenue de façon magistrale, offrant un incroyable cadeau à tous les amoureux du roman et à tous ceux qui le deviendront. J’espère qu’il y en aura encore beaucoup et toujours davantage, surtout après la diffusion de cette série …

Attention risque de spoiler

To the world…

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4 commentaires Laisser un commentaire

  1. C’est un sacré avis, difficile après ça de ne pas se jeter sur la série même si on n’a pas encore lu le roman !
    Je vais donc probablement mettre la Semaine à 1000 pages du Petit Pingouin Vert en pause deux ou trois soirées pour voir ce petit bijou…

    Aimé par 1 personne

  2. Je ne sais pas pour Dieu, mais c’est surtout la Mort qui parle en majuscules, en fait ! J’avoue que ne pas retrouver ça dans les sous-titre, et une interprétation/un visuel un peu en-deçà de mes attentes pour le personnages font partie de mes seuls regrets de la série. Et encore, je pinaille surtout parce que la Mort by Terry Pratchett, c’est juste mon chouchou depuis toujours^^
    En dehors de ça, je me range totalement à ton avis pour dire que c’était série est quasiment parfaite ! J’ai adoré et j’aimerais que toutes les adaptations soient aussi léchées, ya pas à dire ^^

    Aimé par 1 personne

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