Dragons, trahisons, sexe et épidémie de morts violentes, après huit saisons, la cultissime Game of Thrones a tiré sa révérence. Non sans susciter moult débats parmi ses adeptes. Evidemment July ne pouvait pas rater ça. Avec sa verve et son éloquence coutumières, il nous fait un débriefing qui ne manque pas de tranchant, jeux de mots foireux à l’appui. Game of Thrones le final, attention, ça va couper, chérie…
Bon. Vous le saviez. Vous vous en doutiez. Il était impossible qu’alors que je fais une chronique depuis deux ans, je ne parle pas du phénomène, de la meilleure série de tous les temps, de l’événement de ces dix dernières années : Game of Thrones. Ne me dites pas que vous y avez coupé, à moins d’avoir vécu avec des chèvres au Népal. Encore que même là-bas, ils ont une page Facebook consacrée à Game of Thrones[1]. Game of Thrones, keskecé ? C’est une série qui… Non mais sérieusement ? Je dois sérieusement vous présenter ça ? Bon ben, c’est une série qui commence alors que se terminait Lost. Et ça tombe bien, ça suit le même schéma.
Point d’avion qui se crashe dans Game of Thrones, entendons-nous bien. La série est en effet basée sur les livres de George R. R. Martin qui écrit son univers et qui le voit adapté, plutôt bien. La série est plaisante à suivre, à condition d’être équipé d’un cerveau en état de marche ; si vous souhaitiez regarder la série alors que votre cerveau est une purée tellement il a fonctionné dans la journée, passez votre chemin. Nous sommes dans un monde imaginaire. Un monde où il y a deux continents : Westeros et Essos. Si vous avez l’impression d’acheter des Cheerios, c’est normal, et vous pouvez manger les céréales en regardant la série, sauf si vous n’aimez pas le steak ou le rôti d’humain et que vous avez peur de recracher ce que vous venez d’insérer dans votre cavité buccale[2].
La série se base sur un point : Ophélie Winter is coming. Ah non, ça c’est un porno, pardon. Elle se base donc sur un point : Winter is coming. Et il met du temps à arriver, l’hiver. On fait bouger chaque pion de l’échiquier politique lentement, parfois brutalement, mais en sachant où l’on va et en voyant chaque coup calculé, avec une anticipation digne d’un joueur d’échecs. Il faut dire que George R.R. Martin écrit bien ses livres et s’ils sont aussi gros, c’est qu’il y a du détail. De fait, l’adaptation n’est pas mauvaise. Certes, la taille ne compte pas, mais ça joue un peu quand même, surtout sur la pénétration du lecteur dans l’histoire. Cette immersion est plutôt bonne au vu des effets visuels et de la construction des décors, parfois pharaoniques afin d’aboutir à un rendu de qualité.
Tout arrive, on monte petit à petit en tension. Jusqu’à la fin de saison 6. Oui, vous avez bien lu, la saison 6. La saison 7 ne compte que 7 épisodes et la saison 8 n’en compte que 6. Ces deux dernières saisons sont l’équivalent Lostien de la dernière saison, et c’est là, ma chère June, que je te mets au défi de trouver un .gif avec Jean-Pierre Coffe disant que « c’est d’la meeeeeerde ». Du coup, je recommence : ces deux dernières saisons sont l’équivalent Lostien de la dernière saison de la susdite série Lostienne :

On passe d’une adaptation de roman plutôt lent et bien ficelé[3] à un truc écrit pour scénariste américain qui se masturbe en pensant que les fans ne font que regarder sa série 25 fois et en connaissent les moindres détails. S’il y a bien un truc que je déteste, c’est revoir un film ou une série (hormis quelques classiques) car je me souviens de la fin. Toujours. Tou-jours. Je me souviens donc même de la fin de Lost qui m’a procuré le même ressenti que Game of Thrones : on monte en pression, et on bâcle dans la dernière ligne droite parce qu’on ne sait pas comment finir. Les fans de la série argumenteront en disant que « oui, mais Martin avait donné quelques trames aux scénaristes pour qu’ils finissent la série comme il a imaginé la fin de ses romans ». Ben les amis, si c’est le cas, arrêtez-vous aux tomes déjà sortis et épargnez-vous les deux derniers prévus, si tant est qu’ils sortent un jour. Ça retombe comme un soufflé[4], ça fait pschiiiiit comme une bouteille de Coca éventée[5].
Scénario bâclé disais-je : on fait monter pendant 7 saisons la pression avec les marcheurs blancs pour régler le problème rapidement. On fait de Jon Snow un débile amoureux. On fait des conneries avec les personnages (je ne parle pas de Danaerys, qui a toujours été aussi sanguinaire, elle était juste contrôlée par les personnages autour d’elle).
Au final, j’ai passé de bons moments devant la série durant plusieurs années mais si la 7e saison m’avait laissé dubitatif, la 8e m’a convaincu qu’une fois de plus, quand un scénariste américain dit qu’il sait où il va, il vaut mieux le laisser y aller seul. Ou avec son pote qui écrit avec lui.
July
[1] https://www.facebook.com/NepalGoT/, consulté le 20 juin 2019.
[2] Je parle bien évidemment des Cheerios, et non d’autre chose. Quoique vous introduisez ce que vous voulez dans votre bouche.
[3] La sixième saison garde encore quelques intrigues des romans.
[4] Mais pas de June qui dans les trente premières années de sa vie n’en avait jamais manqué un seul. Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui mais il y a fort à parier que c’est toujours le cas. Eh ouais ! La reine du soufflé au chèvre. Il n’y a pas de petite gloire.
[5] Si, une bouteille de Coca éventée fait pschiiit avant de n’avoir aucun goût. Note de June : C’est un spécialiste de la question qui parle.








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