Station Eleven : La pépite post apocalyptique

Résumé

Édition Rivages. Parution août 2016 Prix numérique 14,99€

En plein milieu d’une représentation du Roi Lear, Arthur Leander, acteur vieillissant, s’effondre victime d’une attaque cardiaque. En mourant à cet instant, il ignore alors qu’il échappe au pire. Une vague de pandémie foudroyante vient de se déclarer. Dans moins de trois semaines, la civilisation telle que nous la connaissons se sera effondrée. Le destin de tous ceux présents ce soir-là s’apprête à basculer irrémédiablement et la majorité n’y survivra pas…

Des décennies plus tard, une troupe itinérante de musiciens et de comédiens, la Symphonie, sillonne ce monde en ruine pour apporter une touche de poésie et de beauté aux survivants à travers Shakespeare.

Station Eleven : Attention pépite post apocalyptique !

Avant toute chose je rends grâce à Mimine et au challenge Hold my SFF elle a créé avec Pretty Rosemary de m’avoir mise sur la piste de ce petit bijou.

Station Eleven c’est avant tout une drôle d’ambiance mitonnée avec art, peaufinée dans les moindres détails . Pas de zombies, pas de grandes scènes sanglantes, pas d’explosions ou de grands élans d’héroïsme, Émilie Saint John-Mandel joue sur un réalisme épuré qui donne toute sa crédibilité à son scénario.
Après tout, si l’on reprend les éléments dans l’ordre, une grippe foudroyante qui tue en 48 heures, une pandémie qui se répand en 24 heures, les trois quarts de la population mondiale décimés et, peu à peu, le monde tel que nous le connaissons, qui s’arrête, faute de main d’oeuvre pour le faire tourner, cela serait-il vraiment si inimaginable ? N’est-ce pas là un scénario plausible ?

De fait, cette crédibilité rend son récit diablement efficace et nous fiche le frisson. Autant dire qu’on a aucun mal à se mettre dans l’ambiance et à s’immerger dans ce possible futur pour se mettre en situation avec les survivants .

A cela vient s’ajouter un subtil et remarquablement bien mené jeu de narration entre les différents personnages. Autour du personnage mystérieux et fascinant d’Arthur Leander, qui disparaît à peine entré en scène, gravite passionnante toile de personnages qui vont nous faire vivre avec eux les heures de cette apocalypse. Par ses choix, son parcours, sa place, chacun éclaire l’événement d’un point de vue différent.

Un récit étrange, à la fois lancinant et passionnant qui nous amène à porter un regard différent sur notre mode de vie. Que ferions-nous face à la disparition d’Internet, de l’électricité, des avions, des médicaments ? Qui serait capable de survivre ?Parviendrions- nous à nous adapter à nouveau ? A revenir en arrière à ce point ? Comment faire face au choc psychologique d’une telle situation ? Quel type de société se mettrait en place ?

Mêlant le réalisme pragmatique de son récit à une forme de poésie, Emily St John Mandel en fait un bijou insolite. Un OVNI d’anticipation au charme étrange mais indéniablement captivant, d’où émane une étrange nostalgie. Impossible à lâcher, tout simplement…

Publié par

“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

2 commentaires sur « Station Eleven : La pépite post apocalyptique »

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