Et si on regardait… Chernobyl ?

Et paf pastèque ! C’est la rentrée. Toujours au mieux de sa forme, tel un virus dans le métro parisien en plein hiver, July est  donc de retour avec une série atomique. C’est d’la bombe, bébé ! Ou presque. 
Ce que j’apprécie chez cet homme-là, c’est son sens de l’à-propos, on lui dit « rentrée des classes », il pense « Chernobyl » comme sujet de chronique. Non mais il y a comme une cohérence, notez bien. Seulement après c’est moi qu’on traite de cynique. Allez comprendre hein.
Sans plus tarder, pour ne pas vous faire mariner plus longtemps comme des harengs saur car ses jeux de mots à faire défaillir le public de Bouillon de Culture vous ont manqué, j’en suis sûre, je déclare cette nouvelle saison des Chroniques de July ouverte.

En vous souhaitant une bonne rentrée à tous, je termine sur cette petite dédicace sibylline en gif que vous ne comprendrez qu’en lisant l’article.

Mamma_Mia_Stellan_Skarsg_rd.gif
©June&Cie


PS : Faudrait qu’on bosse sur le titre de cette rubrique tout de même…



C’est pour moi un plaisir de retrouver pour une nouvelle saison June & Cie et je me suis dit qu’on allait recommencer avec de la bombe. Ou des bombes. « Deux bombes d’Hiroshima par heure » selon la série[1]. Parlons donc de Chernobyl, diffusée sur HBO entre le 6 mai et le 3 juin 2019, coproduite par la Sky, et disponible en France sur OCS. Cette série relate l’explosion du réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl le 26 avril 1986 ainsi que le grand nettoyage qui a suivi sur place. Ben oui, heureusement, en France, on n’a rien eu à nettoyer, le nuage s’est arrêté à la frontière allemande et les vents ont tourné, permettant de ne pas entrer sur le territoire français (ben oui, y’avait pas Schengen à l’époque, quoi)[2].

Bref, revenons à nos moutons qui avec les radiations sont devenus des mammouths ukrainiens et ils supportent les températures du Sahara. La série est devenue un véritable phénomène, passant au passage sur IMDB devant Breaking Bad et Game of Thrones (mais bon, vu la fin, ce n’est pas si étonnant que cela)[3]. Le créateur de la série a même du appeler au respect des gens qui ont vécu le drame tellement ce tourisme morbide s’est développé[4]. Intéressons-nous donc à ce phénomène et essayons de comprendre pourquoi.

La série est prenante, du suicide de la première scène jusqu’au bout du dernier épisode. On se sent pris dans une ambiance et on est mal pour les gars sur place. Le casting est très bon : on trouve Jared Harris, que l’on a pu apercevoir dans The Crown (c’était George VI, le père de la future reine), Emily Watson, vue dans Le Mari de la ministre (en excellente ministre), ainsi que Stellan Skarsgård que l’on ne présente plus[5]. Jared Harris interprète Valeri Legassov, directeur du nettoyage sur place après la catastrophe, Emily Watson interprète une scientifique créée pour des raisons narratives et représentant les dizaines de scientifiques qui ont réfléchi au sujet, tandis que Stellan Skarsgård interprète Boris Chtcherbina, nommé par le Kremlin pour gérer la crise. Ce casting fait mouche et n’est pas à côté de la plaque (de béton, of course).

Par la suite, les moyens sont mis dans les décors, dans les scènes. On n’a pas une impression de budget cheap, mais au contraire que des moyens furent mis en place. De belles scènes, des beaux décors, une belle photographie aussi tout au long de la mini-série. Avec ma femme[6], nous aurions pu voir toute la série d’un coup si nous ne nous étions pas contenus. Du coup, on l’a fait en deux jours : il n’y a que 5 épisodes d’environ une heure chacun. Autant dire que ça se boit comme du p’tit lait (qui, espérons-le, n’est pas contaminé).

Il est toutefois des reproches que l’on peut faire à la série. Je pense, entre autres, à un grand sensationnalisme qui doit convaincre l’américain moyen qui ne se sent pas plus concerné par le sujet que Jair Bolsonaro par la fin du monde à cause de l’Amazonie qui brûle. Ce que je rapporte ici sont des propos qui sont tenus par des scientifiques spécialistes du sujet, ce que je ne suis pas. Mais il semblerait que certaines scènes soient un peu trop cinématographiques, à en juger par les acteurs de l’époque[7], et aussi par les scientifiques. Je vous épargne les articles en anglais pour vous mettre en note les articles de vulgarisation[8].

La série a dû probablement marcher aussi bien car elle traite de plusieurs choses qui font écho au monde actuel. Aujourd’hui, on se pose la question de sortir du nucléaire et la série met cela en écho. Par ailleurs, nous sommes dans une logique de fin du monde (c’est vrai, France Inter a reçu Pablo Servigne, collapsologue[9], un métier dont je savais même pas qu’il existait !) et la série fait une fois encore écho avec cela. Dernier point, je vous rappelle que l’Ukraine, en 1986, était dans ce bel État libre et démocratique qu’était l’URSS et donc la presse avait toute liberté de reporter la seule vérité décidée pour le bien du peuple.

Toujours est-il que je me suis concerné par la série jusqu’au bout et que j’ai pris plaisir à la suivre jusqu’au bout. La série nous fait réfléchir sur la gestion des catastrophes, fait écho avec les problèmes liés à Fukushima[10] ainsi que sur la diffusion de la vérité. En bref, si vous avez un tout petit peu plus de 5h devant vous, foncez regarder la série. Mais gaffe à la dépression quand même. Et j’espère que vous en ressortirez avec l’envie de changer le monde[11].

July

[1] Chernobyl, diffusée sur HBO entre le 6 mai et le 3 juin 2019.

[2] Cela dit, je ne dis pas que des conneries, voici le rapport du 2 juin 1986 : http://www.dissident-media.org/infonucleaire/Conf_Presse_CRIIRAD_Pellerin/6_evol_meteo_29_5.pdf, consulté le 2 septembre 2019. Et pendant ce temps-là, en Allemagne, les enfants n’avaient pas le droit de jouer dehors quand il pleuvait.

[3] https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-culturel/le-billet-culturel-du-jeudi-13-juin-2019, consulté le 2 septembre 2019.

[4] Ibid., consulté le même jour, et http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/chernobyl-le-createur-de-la-serie-demande-aux-visiteurs-qui-se-prennent-en-photo-de-respecter-le-site-du-drame_a87acb7a-8dc3-11e9-9ea8-0bdb4f998639/, consulté le 2 septembre 2019. Je vous invite à voir les clichés qui sont parfois assez… surprenants (et, évidemment, affligeants).

[5] « Maman de moi, voilà je pars encore, oh mon, comment puis-je te résister ? Maman de moi, cela se voit-il encore, mon mon, juste combien tu m’as manqué. » Je vous laisse retrouver le lien entre Stellan et cette citation traduite par Google, ou presque. June offre un séjour d’une semaine sur l’île paradisiaque de Kalokairi.

[6] Je la remercie une fois de plus car elle subit parfois les séries sur lesquelles je fais les chroniques !

[7] https://www.youtube.com/watch?v=l7ot3J3_oUY, consulté le 2 septembre 2019.

[8] https://www.sciencesetavenir.fr/decouvrir/tele-cinema/ces-questions-que-l-on-se-pose-encore-apres-avoir-vu-la-serie-chernobyl_134402, consulté le 2 septembre 2019 et http://www.sfen.org/rgn/realite-fiction-serie-chernobyl, consulté le 2 septembre 2019. On peut voir ça aussi : https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/tchernobyl/chernobyl-est-elle-vraiment-fidele-a-la-realite-on-a-verifie-ce-qui-est-vrai-et-ce-qui-l-est-moins_3487839.html, consulté le 2 septembre 2019.

[9] https://www.franceinter.fr/emissions/par-jupiter/par-jupiter-27-aout-2019, consulté le 2 septembre 2019.

[10] https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/fukushima-risque-de-debordement-des-nappes-phreatiques_1663491.html, consulté le 2 septembre 2019.

[11] Non, June, pas comme dans le libdub de l’UMP (https://www.youtube.com/watch?v=VyLOy7l_jP4 , consulté le 2 septembre 2019). Réellement changer le monde.

Publié par

“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

4 commentaires sur « Et si on regardait… Chernobyl ? »

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