Et si on regardait… Borgen ?

Je ne sais si c’est la lente arrivée des premiers frimas, mais July a été pris d’une envie de voyage polaire. Pour sa chronique de la semaine, il nous envole donc loin de cette fatalité qui colle à la peau, au Danemark sur fond de Goldman (ne cherchez pas, c’est sa crise annuelle), de pouvoir, de politique, de société et d’un soupçon de féminisme. Curieux cocktail ? Oui c’est unique. C’est un July, what’s else ?

Ps : J’espère que parfois vous êtes conscients qu’il case des trucs pas possibles, juste pour vérifier que je lis ses chroniques. Si. Eh bien oui ! Je lis tout. Même les trucs foireux. Cf mes NDLJune dans les notes. Un jour, je serais béatifiée pour mon dévouement… Et sa femme aussi. Sic 



Mes p’tits chats, cette semaine, il faut que je vous emmène loin. Après les réclamations de Goldman qui me demandait de l’emmener, de pas le laisser là, de franchir des murs à coup de livres (prends pas un livre de poche, Jean-Jacques, sinon t’es pas rendu, je te conseille Guerre et Paix, c’est du solide), j’ai décidé de partir au Danemark. Là-bas, le système éducatif semble fonctionner. Là-bas, le système politique est bizarre. Là-bas, tout est neuf et tout est sauvage, alors qu’ici, nos rêves sont étroits. Allons-y donc pour y trouver une femme politique appelée Birgitte Nyborg, chef de file du parti centriste au château de Christiansborg, communément appelé Borgen au Danemark. Et le hasard (ou le scénariste) faisant bien les choses, c’est le nom de la série.

Borgen fut une série diffusée de 2010 à 2013 sur la chaîne DR1 au Danemark. En France, elle a fini sur Arte et profitez-en, elle est encore disponible en replay. Oui, je dis profitez-en car les tribulations de Birgitte, femme politique prenant subtilement le pouvoir et devenant Premier Ministre. Elle est également mère de famille et elle doit concilier vie familiale et vie de ministre. Autant vous dire que c’est Rock and Roll.

Les séries politiques, j’adore. J’avais aimé Scandal. J’avais aimé The West Wing. Mais Borgen, c’est du petit lait que votre chaton aurait bu avant que vous n’ayez eu le temps de dire Quidditch. On joue avec les institutions danoises et les personnages politiques. Pas besoin d’être calé en constitution danoise pour comprendre la série et voir les enjeux politiques[1]. On s’amuse du jeu journalistique et politique, on est pris derrière Birgitte[2] et on la soutient dans ses démarches politiques. Et en même temps, vu comme elle a du mal à combiner avec sa vie familiale, on pense qu’elle est stupide sur les décisions personnelles. Cette ambivalence est très bien incarnée par Sidse Babett Knudsen.

Sidse Babett Knudsen, c’est une filmographie dans plusieurs pays : le Danemark, son pays d’origine ; elle a joué également dans une autre série diffusée sur Arte intitulée 1864, Amour et trahison en temps de guerre (oui, je sais, on dirait le titre du dernier livre de Marc Lévy mais contrairement à ce dernier, c’est bien écrit[3]). Par ailleurs, elle a joué en France, dans L’Hermine, avec Fabrice Luchini ou dans La Fille de Brest, le film sur le scandale du Mediator. Elle a joué pour Hollywood pour terminer, dans Inferno (adapté du roman de Dan Brown, mais Tom Hanks est clairement là pour le chèque et conformément au roman, le film fut écrit avec les pieds, alors que j’avais bien aimé le Da Vinci Code ou Anges & Démons) ou dans la première saison de Westworld. Excusez du peu, elle a eu des récompenses pour Borgen, mais aussi un César du meilleur second rôle pour L’Hermine.

Le reste du casting n’est pas à la traîne et si je n’en connais aucun, ils sont bons. Autant dire que le collectif est bon, depuis le chef de la rédac de TV1 jusqu’au chef de cabinet de Birgitte. L’interprétation est juste et la série parle de sujets de société : comment se positionner face à l’immigration, comment aider les agriculteurs, comment faire tourner les entreprises danoises tout en imposant des mesures écologiques qui réduiront leur productivité, autant de questions auxquelles cette série tente d’apporter des réponses. Et elle est tellement douée qu’elle nous fait nous poser des questions.

Enfin, Birgitte, si on l’aime, c’est car c’est la femme politique que l’on rêve d’avoir à la tête de notre État. Point de « Projeeeeeeeet »[4], point de femme des années 80 qui tente de « maîtriser à fond le système, [d’]accéder au pouvoir suprême, [de] s’installer à la Présidence et de là faire bander la France »[5]. Non, ici, une femme politique qui tente de faire son boulot, qui joue le jeu et qui accepte qu’on la charge du moment qu’on ne touche pas à sa famille et qui ne contre-attaque qu’avec des arguments politiques.

La série a été reconnue dans la communauté sériephile : une récompense pour la meilleure actrice au festival de Monte-Carlo et une nomination aux Emmy Awards. Au final, durant ces 3 saisons de 10 épisodes, on est transporté au Danemark et on se passionne pour cette politique fictive. Peut-être parce que la nôtre est triste, peut-être parce que la nôtre est sale, peut-être parce que la nôtre, au final, on se demande si on a envie de l’avoir encore longtemps. Mais pour ça, y’a le vote.

July

[1] Si la constitution danoise vous passionne, vous la trouverez ici. https://mjp.univ-perp.fr/constit/dan1953.htm, consulté le 9 octobre 2019.

[2] Pas de jeu de mots salace, merci.

[3] C’était gratuit, je sais. La blague marche aussi avec Guillaume Musso. NDLJune : C’est petit comme coup de pied au chien, mais j’ai ri, je le confesse. Tu me feras tout de même 10 lignes sur  » On ne tape pas gratuitement sur les gens. » Sinon tu lis un Marc Lévy et tu le chroniques. Au choix.

[4] E. Macron, discours du 10 décembre 2016. https://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/video-presidentielle-quand-emmanuel-macron-hurle-a-pleins-poumons-dans-son-micro_1963157.html

[5] M. Sardou, Être une femme, sortie quelque part dans les années 1980 avec le clip typique des 80’s. https://www.youtube.com/watch?v=suEm3aR-2Es  NDLJune : Je n’y crois pas que tu aies réussi à la placer celle-là (facepalm). Pour la prochaine chronique tu nous cases Le p’tit pain au chocolat de Joe Dassin. Challenge !

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“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

Un commentaire sur « Et si on regardait… Borgen ? »

  1. Et si on lisait… Et si c’était vrai ?

    Bon, ce truc est glauque, ça raconte l’histoire d’une personne dans le coma et de l’autre qui l’accompagne malgré tout… Et en fait, à la fin, elle meurt pas, et ils vivent heureux. Niais.

    Je préfère Sept jours pour une éternité, qui était assez sympa pour le coup. Mais depuis, il fait toujours la même chose, le Marco, ou presque. Voilà. Une aut’ question ?

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