Hero Corp

source realcosmicm.blogspot.com

Voilà, résumé en 45 secondes, Hero Corp c’est ça.

Mais pour moi c’est aussi deux choses essentielles :

  • Une histoire de copains (je vous explique plus loin pourquoi) et de famille (puisque, outre ses casquettes de scénariste, d’acteur et de monteur, Simon Astier est très accessoirement le demi-frère d‘Alexandre Astier (Kaamelott pour les incultes) et le fils de Lionnel Astier (Léodagan dans Kaamelott).
  • Un concept original et décalé de supers héros qui n’ont plus grand chose de super. A mille lieux des blockbusters de Marvel&Cie on garde tout de même de belles références au monde des Comics et le ton décalé de la série en fait un petit ovni à part entière.

Le résumé en deux mots.

Suite au décès de sa tante Marie, sa seule famille avec qui il était fâché depuis dix ans, John se rend dans un petit village perdu au fin fond de la Lozère, pour les funérailles. Mais les habitants ont un comportement pour le moins étrange.

Suite à un malencontreux concours de circonstances, John va découvrir qu’ils sont tous des supers héros aux pouvoirs devenus approximatifs et que sa tante n’est pas si morte qu’elle en avait l’air.

Mis à la retraite par leur agence Hero Corp et cachés à l’abri du monde dans ce site secret, l’existence de ces anciens supers était paisible jusqu’à ce que The Lordle plus grand super vilain de toute l’Histoire, refasse surface. Tous leurs espoirs reposent désormais sur John et la vision qu’a eu l’un d’entre eux, Théodore, le concernant.

Le problème c’est que, jusque là, le seul exploit de John est d’avoir fait malencontreusement évader The Lord qu’ils avaient réussi à capturer par surprise.

Les forces de la série

L’univers

Simon Astier a réussi à construire tout un univers qu’on pourrait aisément rattacher au monde des Comics si on le désirait. Beaucoup plus complexe et sombre que ce qu’il n’y parait au départ, on découvre au fil de la série pas mal de choses sur la fondation de l’agence Hero Corp et sur la fameuse Grande Guerre qui est sensée l’avoir précédée.

L’autre fil principal de l’intrigue ce sont les origines obscures de John qui nous sont dévoilées au fur et à mesure de son évolution. Qui est-il  exactement ? Quels sont ses pouvoirs ? Pourquoi doit-il être la solution ? Telles sont les questions auxquelles répondent pas à pas les saisons 1,2 et 3.

Le petit bonus a été de lier l’univers de la série à une bande dessinée expliquant les origines des supers héros. Puis à une mini-série web (entre les saisons 3 et 4) pour faire l’inter-saison et préparer la suite de l’intrigue

L’humour 

Forcément avec un tel postulat de base pour les personnages, ça ne pouvait pas partir sérieusement. Et si vous avez aimé Kaamelott, il y a des chances qu’Hero Corp vous chatouille. On n’échappe donc pas aux répliques cultes. Allez morceaux choisis (mais j’ai eu du mal).

John : Je suis dans un village de super-héros moisis. Tu m’as fait venir dans un village de super-héros moisis ! Mais si j’raconte ça quand j’rentre on va m’lancer des cailloux quoi !

  • Simon Astier, Hero Corp, saison 1, épisode 4 (Révélations), écrit par Simon Astier, première diffusion par Comédie !.

Mique : Vous savez, John et moi, on est un peu comme frère et soeur !
Laurence : La soeur, c’est vous, non ?

  • Étienne Fague, (voix de) Didier Benureau, Hero Corp, saison 1, épisode 13 (Die hard), écrit par Simon Astier, première diffusion par Comédie !.

John : Et vous faites quoi attaché là ?
Le prisonnier, incapable de bouger : Je fais sécher du jambon.

  • Simon Astier, Christian Bujeau, Hero Corp, saison 1, épisode 2 (Le test), écrit par Simon Astier, première diffusion par Comédie !.

Klaus : C’est bon, y’en a un qui arrive.
Stève : On y va ?
Klaus : J’ai dis y’en a UN qui arrive.
Stève : Et ben alors ?
Klaus : Ben, en-dessous de huit j’y vais tout seul. Je vois même pas pourquoi je te le rappelle.
Stève : Oui c’est vrai, je suis con.

(Klaus, à un personnage retourné)

Klaus : Hé machin !

Inconnu : *pas de réponse*

Klaus : Bon, bah pinage alors…

  • Alban Lenoir, Hero Corp, saison 2, épisode 14 (Une nouvelle ère 1/2), écrit par Simon Astier, première diffusion par Comédie !.

Oui c’est beau, c’est poétique, c’est bucolique. C’est beau comme du Audiard mais façon Astier.

Le casting:

Pas vraiment de grands noms mais quelques têtes connues, en l’occurrence Simon, Lionnel et Alexandre Astier, Christian Bujeau ( le maître d’arme dans Kaamelott) , Arnaud Tsamère.

Et quelques têtes qui nous sont devenues plus familières après la diffusion de la série : Sébastien Lalanne, Josée Drevon (Ygerne dans Kaamelott/ Maman de Simon Astier), François Podetti, Aurore Pourteyron.

Avec aussi  quelques guests sympathiques comme Pascal LégitimusMichel Courtemanche, Didier Bénureau, Odelaf, Baptiste Lecaplain ou Manu Payet.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’Hero Corp c’est avant tout une histoire de copains puisque le scénario est écrit par Arnaud Joyet (Stan dans la série) et Simon Astier. Que l’idée originale a été imaginé par Simon Astier et Alban Lenoir (Klaus dans la série). Enfin qu’à la direction artistique on retrouve Sébastien Lalanne (qui interprète Doug).

Ce qui démontre, comme je l’ai déjà dit, derrière une bonne série, il y a le plus souvent une bonne équipe soudée.

Le graphisme

Oui c’est un détail. Mais Hero Corp s’offre le luxe d’un très joli travail sur le graphisme du générique signé par Olivier Peru, qui reprend l’esthétique d’un comics. En plus d’être sympathique, ça vous plonge directement dans l’ambiance et vous avez un premier contact avec les personnages et l’histoire.

 

Le fandom 

Soyons francs, Hero Corp au départ ça a été monté avec 3 toiles de tente et deux cacahuètes. Oui ce n’est pas glamour. Et je vous épargne la description des « effets spéciaux ». Mais ça passait parce que ça collait à l’ambiance de la série, c’était raccord.

Seulement pas de budget, pas un gros créneau de diffusion sur Comédie ! et beaucoup de piratage. Inutile de dire que la série a faillit mourir, tuée par ceux qui en étaient les premiers fans.

Mais le fandom d’Hero Corp a su aussi se faire l’instrument de sa salvation.

Hé oui, là aussi je vais vous faire un je vous l’avais bien dit, mais ne jamais sous estimer la force du fandom.

Grâce à une formidable mobilisation, la série a été reprise par France 4 et a obtenu le budget pour les saisons 3 et 4.

Et c’est là que c’est le drame…

Les failles

J’aime beaucoup Hero Corp. C’est marrant, original, construit. Mais le passage d’un format de 20 min à 7 min sur la saison 3 a cassé le rythme. Difficile d’expliciter un personnage aussi complexe que John (non mais si il est complexe en fait. Pas juste relou.) et toutes les ramifications de l’histoire en un laps de temps aussi court. Le tout de façon à ce que le pékin lambda qui tombe sur la série au hasard puisse accrocher et ne pas être largué.

Autant je comprends ceux qui ont râlé en disant que ça avait gagné en budget mais qu’on y avait perdu sur la série. Autant je comprends aussi les difficultés de scénario et réalisation de Simon Astier dans un tel contexte. On ne développe pas de la même façon  14 ou  15 épisodes de 26 min que 33 de 7 min. Ça modifie toute le rythme de l’action et la densité du propos. Même remarque sur la saison 4 où on repasse de 7 min à 13 min pour 19 épisodes cette fois.

(Note au producteur et autres décideurs : Sérieusement, ce genre de choses c’est aussi pénible pour le scénariste que pour le spectateur. Quand on connait la série, on sent bien que le scénariste/réalisateur en a bavé pour s’adapter au format.)

Du coup effectivement on eu l’impression de ne pas avancer à certains moments, que le personnage de John devenait franchement lourd. Mais je trouve qu’au jeu du teasing et du cliffhanger, Simon Astier ne s’en sort pas si mal et que malgré tout on a envie de voir la saison suivante, juste pour connaître le fin mot de l’histoire.

Pour ceux qui n’ont pas encore tenté l’aventure, ne vous laissez pas décourager par la lenteur des 4 premiers épisodes. C’est ce qu’on appelle les scènes d’exposition (rappelez-vous vos cours de français de collège et lycée), de fait c’est moins rythmé que le reste. Mais si vous passez le cap, on rentre vite dans le truc.

Le petit plus de la maison Hero Corp

Comme dit c’est une équipe plutôt dynamique et soudée, du coup ça a donné naissance à un autre concept intéressant:  des matchs d’improvisation ouverts entre le casting et des ligues d’improvisation de partout en France et même du Luxembourg ou du Québec puisque certains membres sont québécois comme Jennie-Anne Walker ou Courtemanche. L’idée a rencontrée un certain succès puisque cela tourne à travers la France depuis 2011. On est super héros ou on ne l’est pas !

Conclusion

En dépit de ma déception sur les deux dernières saisons, problématique dûe selon moi au format imposé je persiste, Hero Corp reste à mon avis une bonne série  qui gagne à être connue. C’est une production qui a en réalité les défauts de ses qualités: tout simplement c’est une série française.

Française donc pas de budget ou contraintes de diffusion rédhibitoires.

Mais c’est parce que Simon Astier est français qu’il a eu une vision suffisamment décalée du monde des supers héros pour en faire un concept original.

En dépit de tout, je regarderais la saison 5, qui sera de toute façon la dernière. Alors les enfants, PINAAAAAGE !