Messieurs les Enfants

Un autre Daniel de mon trio me permet de rester avec bonne humeur dans la thématique de la rentrée avec cet incontournable.

Copyright Editions Gallimard

De Pennac, j’aurais pu choisir dans la même idée Chagrin d’Ecole. Mais je voulais un peu d’espièglerie pour éclairer cette journée.

Des trois Daniel écrivains sur mon étagère, Picouly est le nostalgique rêveur, Laferrière est l’improbable et Pennac est le tendre malicieux.

De cette petite étincelle venue des bêtises de l’enfance, il nous fait des histoires.

Et quelles histoires !

Messieurs les Enfants. 4ème de couverture. Editions Gallimard

Tel est le sujet que M. Crastaing, professeur acariâtre et redouté depuis des générations, inflige à Igor Laforgue, Joseph Pritsky et Nourdine Kader pour un dessin.

Un fort malheureux dessin.

Illustration Messieurs les Enfants. Editions Gallimard

Nos trois comparses se retrouvent à se torturer les méninges, avec en épée de Damoclès suspendue au dessus de leurs jeunes têtes, la maxime de Crastaing :

L’imagination, ce n’est pas le mensonge.

Et en sus la menace « d’une petite conversation avec M. votre père. »

Alors que leurs efforts désespérés se révèlent vains, le sujet de Crastaing prend pouvoir d’incantation et les plonge ainsi dans une situation aussi absurde que loufoque.

Mais ils ne sont pas les seuls…

Il va donc falloir la finir coûte que coûte cette rédaction.

Mais gare ! L’imagination, ce n’est pas le mensonge !

  • Pennac ou le pouvoir de l’imagination

Vous souvenez-vous, quand vous étiez petits, de cette capacité que vous aviez d’inventer des trucs abracadabrants et de les raconter avec force conviction à vos copains ou vos parents ?

Cela doit être un pouvoir magique que l’on perd en grandissant.

En grandissant l’imagination devient du mensonge.

Daniel Pennac doit avoir quelque chose du magicien, entre Dumbledore et Gandalf, car ce pouvoir là, il a su le conserver en lui.

Dans son écriture, on sent son imaginaire qui s’émerveille et qui pétille.

Comme une bulle de Diabolo menthe.

Le plaisir d’un peu de Nutella qu’on lèche le bout du doigt.

Le fou-rire qui chatouille le ventre quand on est cachés.

De ses années de cancre et son expérience de professeur ont fait de lui un auteur qui aime aller chercher l’enfant qui sommeille dans ses lecteurs.

Il est quelque chose dans son écriture qui réconcilie l’adulte que nous sommes avec l’enfant que nous serons toujours.

Source Babelio

Messieurs les Enfants en est une belle illustration.

Avec légèreté et humour, il évoque les grands et petits tracas de l’enfance. Les gros chagrins, les grandes interrogations et les petites perturbations. Il touche aussi du doigt la nécessité de laisser l’enfant se construire autant que de le construire.

Il croque avec malice le regard que portent les enfants sur cette étrange bulle que constitue le monde des adultes.

Et comme l’imagination, ce n’est pas le mensonge, il le dépeint tel que les adultes pourraient le voir, s’ils condescendaient à se mettre à la hauteur des enfants: intelligent, vif, curieux et inquisiteur.

Une façon de rappeler que les enfants voient souvent bien plus loin que le bout de leur nez.

Et que celui du nez de leurs parents aussi d’ailleurs.

On effleure au passage du doigt les drames ordinaires :les familles en vrac, les sacs de nœud sentimentaux, le deuil d’un parent, la douleur de l’absence.

Mais il est vrai que la mort, c’est la fin des opinions. Mourir, c’est troquer nos opinions contre un point de vue. (Imprenable, le point de vue !)

D’un adulte redevenu enfant avec toute l’innocence que procure l’oubli et d’un enfant dans la peau d’un adulte, les préoccupations s’entremêlent et les perspectives changent.

Joseph ignore encore que Moune a rétrogradé jusqu’à cet âge précis où « parce que » est la réponse la moins satisfaisante à la question « pourquoi »

Un peu de réflexion, beaucoup de sourires, des répliques inoubliables et une bouffée de tendresse.

De ce pari de gamins pris avec son ami le cinéaste Pierre Boutron, Daniel Pennac nous a donné un livre rocambolesque, loufoque et magique, entre rire et poésie, auquel on a tellement envie de croire.

– Le vrai bonheur ne cite pas ses sources.
– Pourquoi ? demanda Igor, qui ne lâchait jamais ses interlocuteurs des yeux.
– Pour ne pas rendre le bon Dieu jaloux, répondit le rabbin qui répondait à tout.

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