On lit entre deux séries : Wallander, le polar venu du froid.

Je ne vais pas vous présenter une nouveauté mais l’un de mes auteurs fétiches, Henning Mankell, à travers le thriller que je préfère :

Source http://booknode.com/ Copyright Editions Points / Amy Guip

Je vous mets rapidement dans l’ambiance :

Nous sommes en Scanie, la nuit de la St Jean et trois jeunes gens se livrent à un jeu de rôles costumé avant de s’évanouir dans la nature.

Si l’on s’en tient aux lettres que reçoivent famille ou amis, ils sont partis en vacances.

Pourtant le doute plane et le malaise s’installe.

La quatrième du groupe, absente de la fête parce-qu’elle était malade, ne croit pas à ce voyage.

Et le commissaire Kurt Wallander non plus.

Alors quand les trois corps sont retrouvés dans une mise en scène macabre, la peur prend le dessus.

Une traque au coeur des ténèbres et de l’angoisse pour le commissaire Wallander.

Une intrigue originale et sombre, une course contre le temps, un meurtrier retord et l’inspecteur Wallander pris dans la houle des événements.

Une aventure ordinaire dans les romans d’Henning Mankell. 

  • Mankell et Wallander

Henning Mankell c’est ce monsieur à l’air peu commode.

Description de cette image, également commentée ci-après
Source Wikipédia

En même temps, quand on lit ses romans, on comprend qu’il sourie peu. On ne peut pas dire que ce se soit joyeux, joyeux.

Je ne me souviens plus quel a-été le premier roman de Mankell que j’ai pu lire.

La seule chose dont je me souvienne c’est que je me suis sentie immédiatement prise par cette atmosphère étrange, sombre, pesante et mystérieuse.

Moi qui suis frileuse, je me suis laissée embarquer à plaisir dans l’hiver scanien et les paysages glacés de la Suède, aux côté du commissaire Wallander.

Mankell sait jouer à plaisir des décors et des saisons de son pays natal pour accentuer l’angoisse de l’intrigue.

A patauger dans la boue et l’horreur des scènes de crime avec Wallander, on ressent le besoin d’une tasse de thé chaud.

Pourtant, on ne lâcherait l’histoire pour rien au monde.

Car, on ne saurait se résoudre à abandonner un personnage tel que cet inspecteur désabusé, désarmé face la démence grandissante de la criminalité d’un pays qu’il ne comprend plus et en proie à ses démons personnels.

A travers ses yeux, on découvre des facettes sombres de la société suédoise et les réalités économiques qui y sont liées.

  • La solitude des héros ordinaires

Kurt Wallander est un inspecteur qui a perdu sa vie de famille dans son travail et qui peine à finir le mois ou à réparer sa voiture.

Il n’a rien du super héros, c’est presque un anti-héros.

C’est un homme épuisé, malade et déprimé, avec son linge sale qui s’accumule, son petit appartement d’Ystad, le lampadaire du coin de la rue qui danse dans les tempêtes, son régime qui perd la bataille, le manque de sommeil, son désarroi. Et son découragement, parfois…

Chaque roman nous fait avancer ou reculer dans l’histoire de sa vie, jusqu’à nous ramener aux premières enquêtes du jeune inspecteur de 21 ans avec la Faille souterraine et autres enquêtes

De déboires personnelles, conséquences parfois des vicissitudes de la vie de policier aux drames humains, Wallander se bat dans son existence et se noie parfois.

Mais l’instinct de protection qui nourrit le policier reste le plus fort.

A chaque nouvelle enquête, il sait qu’il entame une course contre la montre pour sauver un être humain ou ne pas laisser une famille dans un deuil sans réponse.

Humain ? Dans toute sa fragilité assurément.

Parfois, je me dis que le crossover policier ultime serait la rencontre entre le Harry Bosch de Michael Connelly et le Kurt Wallander de Mankell.

Une discussion de vieux briscards de la police rongés par la sourde angoisse de ceux qui voient avec impuissance les ombres ronger la société.

Avec des intrigues complexes mais un style tout à la fois brut et précis, Mankell a le don d’entraîner son lecteur au coeur des heures sombres de la vie de l’inspecteur Wallander.

Mais celui-ci saura-t-il garder assez d’espoir et d’humanité pour ne pas sombrer ?

Wallander VS Wallander

Traduit en 35 langues, la saga Wallander n’a donc pu échapper à trois adaptions télévisées.

Les premières sont suédoises et, du moins à mon sens, ce ne sont pas celles qui se révèlent les meilleures.

Je n’ai pas retrouvé dans cette série le personnage de Wallander qui s’était dessiné au fils des récits.

Et après deux tentatives, j’ai abandonné. Sans doute aurais-je du me montrer plus persévérante, mais je n’ai pas réussi à accrocher.

Involontairement, ce sont encore une fois les britanniques qui prennent la main pour moi avec Les Enquêtes de l’inspecteur Wallander. 

Déjà, j’étais plus emballée par la construction de la série où chaque épisode de 90 min correspond à un roman, pour une saison de 3 épisodes.

Tiens ça me rappelle quelque chose… Mais quoi ? Mini-série britannique sur BBC One. Trois épisodes, 90 min chacun, par saison… 

Même si ça ne respecte ni l’ordre chronologique, ni l’ordre de parution, ça permettait au moins de préserver l’intégrité de chaque intrigue.

A mon grand dam, j’ai découvert qu’en France on s’était senti obligés de tronçonner ça en deux à chaque fois…

Ensuite, Kenneth Brannagh correspond plus dans son interprétation à ce que je m’imaginais de Wallander.

Je me sens aussi plus proche dans l’ambiance générale de ce que j’avais pu connaitre dans les romans. La lumière blanche, pâle, un peu bleutée en est un élément important.

Il faut d’ailleurs préciser qu’Henning Mankell lui-même a supervisé l’adaptation de certaines histoires.

Et je ne suis pas du tout influencée par le fait que Tom Hiddleston joue Magnus Martinsson. En tous cas, sa coupe de cheveux ne porte pas à l’indulgence, je vous promets. 

Néanmoins, il me faut vous le confesser : aucune adaptation n’a réellement trouvé grâce à mes yeux. Je n’ai pas réussi à en regarder vraiment une en entier.

Je n’ai jamais retrouvé le charme des romans.

Cette étrange atmosphère et ce petit je-ne-sais-quoi de fascinant.

La vague familiarité du personnage de Wallander qui porte tant de blessures ordinaires et cette impression de suivre ses pas à travers la Suède.

Non, décidément pour cela, Henning Mankell a quelque chose d’inimitable.

Je vous laisse à présent. J’ai rendez-vous quelque part au bord d’un champ d’un colza entre Malmö et Ystad.

C’est l’été en Scanie.

Wallander m’attend. Une jeune fille vient de s’immoler par le feu.(1)

(1) Le guerrier solitaire. 

9 commentaires

    1. Ce n’est pas du tout de l’horreur mode Stephen King, c’est du policier noir. C’est oppressant, angoissant et un peu gore parfois. Oui quand on te ressort des cadavres au bout d’un mois… ce n’est jamais appétissant. Donc bon c’est compatible trouillarde. :p

      Aimé par 1 personne

  1. Je n’ai pas lu les livres, mais j’ai bien apprécié les épisodes que j’ai vus, que ce soit la version anglaise ou la suédoise que j’ai vue (je ne saurais plus dire laquelle c’était). Mais j’avoue ne pas rechercher plus que ça les polars scandinaves, malgré mon intérêt pour ces pays, parce que je les trouve vraiment glaçants et déprimants…
    Quand je suis allée à Stockholm, mon guide indiquait qu’on pouvait s’inscrire pour une visite « Millenium ». J’ai pensé « Oh chouette, je rêve de voir la station de métro où Lisbeth s’est faite dépouiller par deux petits voyous. Ou l’immeuble où elle se fait violer par son tuteur. » etc etc…

    Aimé par 1 personne

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