It’s time to Die Hard !

En tant que grande Califette du GrOG ou V Geeks Order, j’avais espéré que ce projet ne soit qu’une rumeur. Il semble qu’il n’en soit rien et bien que cette perspective me hérisse les poils, il va falloir s’y faire : on va bel et bien avoir droit à un prequel de Die Hard.

L’objet trouvé, notez mon enthousiasme, devrait s’appeler: Die Hard Year One.

Ce qui fait poindre dans mon esprit l’idée angoissée qu’il pourrait il y en avoir plusieurs.

Si ce projet de nouvel opus enchante Bruce Willis, selon la presse, de mon côté en revanche,  cela réveille mes envies de meurtres.

Pour les plus jeunes d’entre vous, Die Hard c‘était ça . Une trilogie de concentré de film d’action improbable-mais-culte avec pour héros le seul, l’unique John McClane.

Oui TROIS films ! Les deux derniers n’étant que le fruit de la boulimie de la machine à box office américaine, ils n’existent pas. Ainsi que je le soulignais dans mon article précédent sur le sujet: à force de jouer la surenchère d’action, on a noyé le style et l’humour original. Et tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle se casse.

Il faut croire que les scénaristes et autres producteurs n’ont pas bénéficié du bon sens populaire de ma grand-mère puisqu’ils remettent le couvert.

Donc, après la femme de John McClane, les ennemis de John McClane, la fille de John McClane, le fils de John McClane (et non je ne joue pas aux  7 familles) voici les jeunes années de John McClane dans la police

Je n’ai pas vu passer son chien et son poisson rouge mais ça devrait venir. 

Mais le pire n’est pas là.  Du moins, pas que là.

Le pire c’est que nos amis, amateurs de prequel, reboots, remake et d’espèces sonnantes et trébuchantes au box-office, nous prennent pour des truites. Ainsi, pour être sûrs de ne pas perdre les fans de la première heure tout en offrant une version de son temps à la jeune génération, ils vont nous conter les aventures du jeune John McClane avec des allers-retours entre passé et présent.

Subtile façon de garder Bruce Willis dans le wagon pour fidéliser la clientèle et de brosser les fans d’origine dans le sens du poil. Ben tiens, pas folle la guêpe !

Voilà, ce qui s’appelle, comme dirait élégamment Cyrano:

« D’une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l’autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir son encensoir, toujours, dans quelque barbe ? »

Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand,  tirade des Non Merci ! Acte II – Scène VIII

Je ne vous cache pas que j’ai du mal à accepter qu’on me prenne pour une chèvre en tentant de me faire avaler cette anguille.

C’est un véritable bestiaire par ici !

Lorsqu’ils auront fini d’explorer la ligne temporelle de  John McClane de long en large et que  ce cher Bruce en perdra son dentier après ses cheveux à force de sauver le monde, que nous feront-ils ?  L’enfance de John McClane,  Die Hard: the origins of the  bad luck ? Histoire de comprendre comment il a  hérité d’un karma pareil ? Ou  A Good Day to Die tout court ?

Soyons sérieux cinq minutes, c’est du cuit et recuit que l’on veut nous servir. Un près -à- emporter décongelé et réchauffé avec un joli accompagnement et une large portion de sauce cascade et actions.

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Dédicace au Roy. Copyright Calt Production

Je ne m’en cache pas : j’adore John McClane.  Bruce Willis en a fait une légende, un anti-héros formidable. Revoir Die Hard de temps à autre avec du pop-corn et de la bière, de préférence entre amis, est un hobby saisonnier. Et cela me fait toujours autant glousser.

Mais je l’ai dit et je le répète: ce qui a été fait et bien fait, est achevé. Inutile de lui chercher des débuts, des rebondissements ou des suites sans queue ni tête.

Chaque génération a ses films cultes, qui se transmettent parfois comme les comptines ou les histoires d’enfant. Mais pourquoi vouloir à tous prix refourguer ce qui a marqué une époque sous un autre emballage à la génération suivante, comme des camelots sur un marché un mercredi matin à l’heure de pointe des ménagères ?

Pour les sous ! Dieu que tout cela est bassement matérialiste !

Un bon Gabin c’est un bon Gabin, c’est comme ça.  C’est admis. Néanmoins personne n’a jamais proposé de faire un remake du Chat, du Cave se rebiffe ou de Touchez pas au grisbi.

Personne n’a jamais touché aux Tontons Flingueurs.

Pourtant, les jeunes générations les découvrent, les connaissent. Pas tous, c’est sûr. Mais ils restent cultes. Ce sont des références du cinéma.

Die Hard c’est pareil. Un bon McClane c’est un bon McClane et c’est puis c’est tout. Alors arrêtons de recycler, de rénover, de relancer, de faire du fac-similé. Et innovons ! Donnons aux nouvelles générations des films qui leur appartiennent, qui leur feront dire : J’étais au lycée quand c’est sorti ! Qui leur créeront un univers cinématographique de références communes. Au lieu leur refiler nos vieux jeans estampillés 90’s.

Désolée mon vieux John, mais parfois it’s just time to die, sans prequel, ni trompette…