Dans sa chronique sur le dernier volet en date de Star Wars (que vous pouvez retrouver ici) mon Charmant Petit Monstre en profitait au passage pour tacler un peu JJ Abrams. A ma grande hilarité, je vous le dis sans fard.
« Notamment qu’Abrams ne sait toujours pas te poser une scène ni une ambiance plus de 2 min sans faire exploser tout ce qui bouge et du coup foire des moments (exceptée cette fameuse scène finale) qui auraient pu être méga géniallissimes […] »
Non, il ne sait pas, non. Mais il n’est pas le seul…
Cette réflexion a rappelé à ma mémoire un syndrome que nous avions défini avec l’Alter Ego conjugal comme une forme de Tourette visuelle touchant certains réalisateurs.
Médicalement parlant, au sens strict, le syndrome de Tourette ou maladie de Gilles de la Tourette est un trouble neurologique héréditaire qui a pour effet de produire un certain nombre de tics irrépressibles chez l’individu touché.
Ceci était la minute Vidal, pour le reste du descriptif je vous renvoie à Wikipédia, Doctissimo and Co.
Dans le cas de notre Tourette visuelle, cela aurait pour conséquence de susciter chez certains réalisateurs le besoin incontrôlable d’incruster des effets particuliers dans leurs films au point de finir par en faire leur marque de fabrique… ou de taper sur les nerfs des spectateurs.
Mesdames et Messieurs, j’appelle en salle de consultation, les patients suivants:
Commençons donc l’examen…
- Patient n°1.
Puisqu’on parle du loup. Autant commencer par lui.
Nom: JJ Abrams
Profession: réalisateur
Symptômes: Effets visuels et reflets à toutes les sauces.
Le malheur de cet homme-là ce n’est pas qu’il est mauvais dans ce qu’il fait. Bien au contraire, il est même bon. Mais il ne peut s’empêcher de tout gâcher avec ce que j’appelle le « reflet lumineux infernal« . Combiné à sa caméra qui a parfois d’amples mouvements rapides pour donner un effet d’action, j’ai eu le mal de mer devant Star Treck Into Darkness pendant les scènes de batailles spatiales. Au départ, j’ai imputé cela à un médicament un peu violent contre la sinusite. Mais après un deuxième essai, il s’avère que ce n’était pas que le médicament…
Alors, comme il parait que je suis une mauvaise langue, je vous ferais remarquer que même les inconditionnels de JJ se paient sa tête à ce sujet.
Même lui a fini par prendre la chose avec humour. Il faut dire qu’il n’a pas trop le choix. Certains se sont carrément amusés à compter les reflets pour en arriver à la conclusion que, dans Star Treck Into Darkness, il avait utilisé cet effet pas moins de 826 fois !
Histoire de rire, je vous invite d’ailleurs à consulter l’article avec les vidéos d’illustration ici. Mettez tout de même des lunettes spécial éclipse pour les regarder.
826 ! Si ça, ce n’est pas de la Tourette visuelle, je ne m’appelle pas House.
Non, je ne m’appelle pas House, mais c’était dans le contexte.
- Patient n°2

Nom: Michael Benjamin Bay
Profession: réalisateur/producteur
Symptômes: Accro aux effets spéciaux en série.
Pas de chance pour Michael Bay, le jour où ma route a croisé la sienne, l’Alter Ego Conjugal m’avait forcée à aller voir Transformers au cinéma. Outre le fait que je ne suis pas tombée sous le charme du scénario, j’ai eu les esgourdes bousillées par le son à fond.

Autant dire qu’il n’est pas parti gagnant avec moi. Mais les choses auraient pu s’arranger entre nous, si Michael Bay n’avait pas été Michael Bay. C’est à dire un adepte de tout qui pète dans tous les sens avec une caméra qui fait l’ascenseur infernal.
J’ai longtemps cherché comment exprimer mon sentiment par rapport à Michael Bay en restant objective. Après tout, cet homme-là, sa spécialité c’est le film d’action tout de même. On ne peut pas lui reprocher que ça pète, que ça bouge et que ça tire. Mais trop… c’est trop.
D’ailleurs, là aussi les fans s’en sont donnés à coeur joie, déclinant le Michael Bay Style sur nombre de films connus.
Commençons donc le florilège par Star Wars, si vous le voulez bien, puisque justement, on l’évoquait.
Plus subtilement amenée, cette parodie de Up reprend à merveille tous les éléments du style Bay : ambiance, B.O, lumière… et explosions à gogo bien sûr ! N’hésitez pas à la regarder en entier, c’est savoureux du début à la fin !
En réalité, mon sentiment concernant Michael Bay a été très bien exprimé dans cet article , notamment à travers cette citation:
« D’un côté, Michael Bay fait preuve d’un mauvais goût qui force le respect, de l’autre d’une maîtrise visuelle assez unique. »
Voilà tout le problème résumé en une phrase et croyez-moi qu’il m’en coûte d’en arriver à cette conclusion mais c’est une vérité : Michael Bay est un technicien hors pair, un génie probablement dans son style. A condition d’aimer son style…
Disons que je lui pardonne… pour Bad Boys ! Mais je trouve quand même que niveau Tourette, il en tiens une couche.
- Patient n°3

Nom: Luc Besson
Profession: réalisateur/producteur/ scénariste
Symptômes: A un gros problème avec les voitures de la police nationale française.
Ah Luc, mon ami ! Dieu sait qu’il m’en coûte de te mettre sur cette liste pour tous ces films de toi que j’ai aimé (Léon, Nikita, Le Grand Bleu, Malavita, Le Cinquième Élément). Mais mon lapin, peux-tu m’expliquer quel problème tu as avec les voitures de police. Taxi, tu étais bien au scénario et à la production ?
Film de voiture, rébellion contre l’autorité, effet comique, tout ça, tout ça. Très bien. Mais dans Lucy ?
Eh bien dans Lucy, il nous refait une crise. Conclusion l’ami Besson a une Tourette visuelle circonstanciée : dès qu’il tourne à Paris, il faut qu’il fasse un carambolage de voitures de police. De préférence avec quatre ou cinq véhicules minimum et de façon peu glorieuse pour ladite police. Peut-être s’agit-il d’une Tourette visuelle allergique due au modèle ou au design qui déclenche un besoin irrationnel de destruction ?

Oui Foreman ? Qu’ouïes-je ? Un différentiel sur le traitement ? Mon pauvre ami ! Pas de traitement ! Pourquoi ? Ahaha ! Mais que vous êtes niaiseux mon bon Foreman.
Parce que leur syndrome de Tourette visuelle ne les empêche pas globalement d’être de bons réalisateurs, voir de très bons. Et que, même si le pop-corn remonte au milieu de certains de leurs films ou qu’on peut s’en agacer, finalement on peut en rire sans que cela nous empêche de retourner au cinéma pour autant.
Après tout, ce n’est pas grand chose d’aller voir un film avec un sac en papier, des boules quiès et des lunettes pour les éclipses…
Chacun son terrain de jeu, chacun son style, chacun sa marque de fabrique. C’est le jeu ma bonne Lucette !








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