Catch me if you can

Encore un film avec lequel je n’ai cessé de jouer à cache-cache mais le hasard d’une programmation télévisuelle intelligente (ce n’est pas si souvent donc autant le souligner) m’a permis de combler cette regrettable lacune. Avec je l’avoue un immense plaisir.

  • Fiche technique

 
Sortie: 2002

Réalisateur: Steven Spielberg

Casting: Leonardo DiCaprio, Tom Hanks, Christopher Walken, Nathalie Baye, Martin Sheen, Jennifer Gardner, James Brolin.

  • L’histoire en deux mots.

Catch me if you can raconte l’histoire largement romancée de celui qui a été un des faussaires les plus géniaux de son temps : Frank Abagnale, Jr. Celui-ci aurait commencé sa carrière à l’âge de 16 ans en falsifiant de faux chèques, puis, sous différentes identités, il aurait successivement réussi à se faire embaucher comme pilote sur la  Pan American, comme pédiatre au sein d’un hôpital et comme avocat dans un cabinet.

Traqué par le FBI, il finit par être capturé en France. Mais parviendra à s’évader de ses multiples incarcérations à de nombreuses reprises avant de profiter d’une libération conditionnelle sous la tutelle du FBI pour ranger. Le montant total de ses fraudes s’élèverait à plusieurs millions de dollars et il aurait voyagé dans 26 pays aux frais de la Pan American alors qu’il n’avait même 19 ans.

Le film fait le récit de sa carrière de Frank et de sa traque par l’agent du FBI Carl Hanratty.  Jouant sur un va et vient dans le temps, entre le moment de son arrestation en France et le début de sa carrière, il déroule le fil de son évolution à travers le jeu du chat et de la souris qui s’établit entre lui et Carl.

  • On refait la séance.

A l’image de son titre, Catch me if you can est un film que je qualifierais d’impeccable. Sa réalisation est propre, nette, soignée appuyant une narration complexe mais bien menée. En même temps, c’est du Spielberg donc ce n’est pas vraiment une surprise mais on sent clairement la maîtrise dans le traitement du sujet. Aucun à-coup, pas de perte de rythme, ni d’effet de style inutile. Chacun élément, chaque effet de caméra contribue à servir la narration. De la lumière au décor, chaque détail du film a été extrêmement soigné. Chaque période du film ayant une palette de couleur qui lui est propre, en adéquation avec le contexte. Spielberg s’est d’ailleurs appuyé sur un collaborateur de longue date comme directeur de la photographie, Janusz Kaminski.

Et que dire du casting. Certes, avec une liste pareille au générique, des premiers rôles aux seconds, c’est le choix du roi.

A l’opposé des rôles caricaturaux de l’agent potiche entourloupé par un cerveau criminel, on apprécie la prestation de Tom Hanks, dans la peau de l’agent Hanratty, opiniâtre, méticuleux, professionnel jusqu’au bout des ongles et terriblement humain.

Un agent qui, au fil des années,  se laisse gagner par un certain paternalisme vis à vis de son jeune adversaire. L’évolution de leur relation, dans le film, finit d’ailleurs être révélatrice de certains aspect du caractère de Franck.

La dynamique de jeu que Tom Hanks entretient tout au long du film avec DiCaprio insuffle un piquant supplémentaire à la partie de cache-cache qui se tient entre leurs personnages. Leur duo, plein de nuances où le meneur ne cesse de s’inverser, est un véritable régal.

DiCaprio est, quant à lui, tout simplement bluffant par ce qu’il fait ressortir de son personnage. Cet équilibre instable entre un charme, une assurance sans faille qui lui permet de faire passer les plus grosses escroqueries sans trembler des genoux et la fragilité de ce qui n’est encore qu’un gamin incroyablement seul et complètement paumé à cause de la séparation de ses parents. Il nous rend ce faussaire attachant tandis qu’on ne peut que rester bouche bée devant l’intelligence de ses combines et de sa répartie.

Dans le rôle du père, Christopher Walken est d’ailleurs un vrai plaisir, attendrissant et déstabilisant dans son aveuglement. Performance appuyée en contre-pied par celle de Nathalie Baye, en mère totalement à l’ouestqui est une des jolies petites surprises du film.

Si le film prend quelques distances avec la réalité, il n’en est pas moins appréciable pour autant. Dynamique, pétillant, son rythme soutenu donne toute sa saveur au jeu du chat et la souris qui se déroule à l’écran, faisant passer comme un rien ces 2h21 min. Catch me if you can est donc, sans conteste, un film qui mérite d’être vu. Oscillant entre la comédie et le drame, c’est un excellent moment de cinéma dans les règles de l’art.

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“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

8 commentaires Laisser un commentaire

  1. J’avais vu le film en salle à la sortie et j’avais beaucoup aimé.
    J’en ai aussi un souvenir « fanesque » car j’avais fait le tapis rouge à Paris « par hasard » : à la base je voulais assister à la Master Class de Spielberg et DiCaprio à la Fnac Champs-Elysées, mais quand j’y suis arrivée après le travail, il y avait la queue jusque sur le trottoir… impossible même de voir les écrans prévus pour.
    Sauf qu’en venant, j’étais passée devant un cinéma devant lequel un tapis rouge était déroulé, donc dans ma petite tête je me suis dit « Eh, mais ça serait pas pour une avant-première du même film? ». Donc j’y suis retournée, il y avait déjà des chasseurs d’autographes quasi-professionnels, et en les écoutant j’ai compris que ma déduction était juste.
    J’ai raté toutes les photos où je voulais cadrer DiCaprio (il n’est même pas dessus…). Par contre Spielberg est venu signer un poster au gars à côté de moi, donc j’ai une photo en plan très (trop) rapproché de Spielberg qui ressemble à Yasser Arafat.

    (/anecdote rigoureusement sans intérêt).
    Je suis débile, j’aurais dû en faire un article en soi XD Mais c’était bien avant le blog…

    Aimé par 1 personne

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