Journée de la femme

La Journée de la Femme.

Ce jour merveilleux où tous les politiques s’auto-congratulent avec éloquence de l’utilité d’avoir créée une journée si symbolique pour demain, amnésiques, venir susciter une polémique sur la tenue d’une de leur collègue à l’Assemblée et prendre dans la foulée des mesures qui nous pénaliseront de façon indirecte.

Ce jour glorieux où les misogynes rient sous cape et où les hommes nous sortent le florilège de la vanne moisie:

« Tiens ma chérie ! C’est la journée de la femme, je t’ai apporté le café au lit, tu n’as plus qu’à le moudre. »

Cette journée Bisounours récupérée par toutes les marques de modes et de parfumerie qui vont crier « Toutes les femmes sont magnifiques! » et demain continueront de véhiculer des stéréotypes complexants.

Cette journée me fait le même effet que le Black History Month à Morgan Freeman.

Non que je dénigre l’initiative ou le concept, ne vous méprenez-pas.

Mais ne trouvez vous pas aberrant qu’il faille une journée pour rappeler au monde que les femmes ont des droits et sont les égales des hommes ?

Dans quel monde vivons-nous pour en être réduits à devoir se mettre des post-its  pour de telles évidences ?

Être une femme, égale dans ses droits et ses libertés à un homme, ne se limite pas à une journée symbolique. Pour certaines, c’est le combat d’une vie, de chaque jour. Paradoxal non ?

C’est tous les jours qu’il faut le crier à ces jeunes filles, ces jeunes femmes qui subissent le joug d’idéologies machistes et néandertaliennes qu’elles ont le droit d’être des femmes éduquées et libres, disposant de leur corps et de leur vie.

C’est tous les jours qu’il faut briser le silence des violences faites aux femmes.

C’est tous les jours qu’il faut répéter qu’être une femme ne doit pas être un handicap professionnel et que la question : « Comptez vous tomber enceinte prochainement? » ne fait pas partie de l’entretien d’embauche.

C’est tous les jours qu’il faut hurler que la main aux fesses dans le métro n’est pas un compliment. Pas plus que le « T’es bonne ! » Et qu’on a le droit de s’habiller comme bon nous semble sans avoir à en payer le prix.

C’est tous les jours qu’il faut rappeler que dans une famille, le père aussi est là pour les maladies, les bobos, les sorties scolaires et que la mère n’est pas un interlocuteur exclusif et dédié. On en fait déjà beaucoup en cumulant les casquettes de femme, de mère et d’épouse.

Une journée consacrée, c’est beau, c’est symbolique. Mais c’est au quotidien que se joue le combat des discriminations. Alors si nos chers politiques, entre deux discours et une sieste, ne se jettent pas dans l’arène pour réellement faire avancer les choses, leurs belles paroles et leurs promesses pour cette journée, on s’en brosse le nombril avec le pinceau de l’indifférence.

En tant que femmes, on a appris à faire avancer les choses par nous-mêmes et à gagner nos combats. Des femmes se battent chaque jour pour cela à leur façon. Brisent de tabous. Repoussent des limites. Risquent leur vie.

Aujourd’hui, j’aimerais que chaque femme du monde puisse relever la tête au moins une minute et être fière de ce qu’elle est, de qui elle est. Que chaque mère puisse promettre à sa fille que jamais personne n’aura à la prendre de haut, à l’abaisser, à régir sa vie parce qu’elle est une femme.

Il est dommage que la vidéo suivante soit l’oeuvre d’une marque de serviettes intimes car on a encore une fois l’impression de passer par la case « Clichés ». Cependant, l’idée de fond me parait importante à partager.

Faire les choses comme une fille, comme une femme c’est les faire aussi bien qu’un homme. Parfois même mieux qu’un homme à notre façon. Ce qui est navrant, c’est de devoir consacrer une journée à devoir le rappeler alors que les femmes se sont illustrées et continuent de le faire dans tant de domaines.

Ce qui est navrant c’est que nos attitudes, les préjugés que nous véhiculons malgré nous détruisent cette idée d’une féminité positive chez les plus jeunes. C’est à tout un chacun de combattre cela pour que l’égalité homme/ femme  soit véritablement une réalité.

Quant à ceux qui continuent archaïquement de penser avec obstination que la femme est un être inférieur et impur, qui ne peut être éduqué et doit être soumis à l’autorité de son époux, je n’aurais que deux choses à dire :

Parce que oui, on a aussi la liberté d’expression, même si ça doit vous coûter cher en Doliprane, messieurs.

Le 8 mars n’est pas un jour de célébration de la femme.

Ce n’est pas une journée où il faut faire l’éloge de la femme, nous raconter combien on est belles et formidables. Merci bien. On est au courant.

C’est une journée pour rappeler que les droits des femmes continuent d’être bafoués. Tous les jours. Même les plus élémentaires.

13 commentaires

  1. Je l’avais loupé cet article mais je n’aurais pas dit mieux ! Amen à cette belle parole. Et merde à toutes les marques qui veulent nous prendre un nouvel aspirateur ou du maquillage à -30% pour nous féliciter d’être si géniales (mais c’est mieux si on nettoie la poussière avec nos cernes cachés quand même). Crotte à la fin. Je sais pas si c’est l’âge et si c’est parce que ça empire mais ça m’énerve de plus en plus, ces bêtises.

    Aimé par 1 personne

    1. Tout ça est à ranger dans la même case que le robot mixer soldé pour La fête des Mères. Ta mère à toi, marketeux à la con, elle veut une journée pour elle, pas un truc pour faire la cuisine. Connard ! (XD)

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