La revue de presse ciné/série (mai. Part 2)

Je vous l’avais promise la voilà, la deuxième partie de cette revue de presse qui prend une ampleur qui me dépasse. Pour les courageux qui voudraient se faire l’intégrale d’une traite, je vous mets le lien de la première partie.

So Film #39

imag1788_1.jpgA l’affiche de ce numéro de So Film, la grande confession d’Almodovar, les secrets de tournages de Michael Bay, les coulisses de la révolution tv anglaise, les confessions ciné de Mélenchon (WTF ????).

Sans rancune pour Almodovar, ce n’est pas pour son interview que je me suis penchée sur ce magazine mais bien pour deux autres articles. Saurez-vous deviner lesquels ?

Non, non, non pas Mélenchon ! Non !

Michael Bay: Mister dynamite.

Franchement après l’avoir allumé sur sa tourette visuelle dans un des mes précédents articles, il eusse été de mauvaise foi de ma part de ne pas m’attarder sur cet article. Retour donc sur un réalisateur sérieusement allumé.

L’enquête réalisée par Maroussia Dubreuil et Jules Perret fait le point sur la façon de travailler de Michael Bay et la perception qu’en a son entourage. Une personnalité explosive dont le perfectionnisme, le sens du détail et de la précision et l’exigence n’ont d’égal que ses sautes d’humeur et son intransigeance. Investi à 110% dans ses films, le réalisateur ne lâche rien et donne de sa personne comme de celle de son entourage pour parvenir à faire ce qu’il a en tête, peu importe le cauchemar logistique que cela représente. Il faut croire que cela paie puisque de ses débuts à la caméra pour des publicités ou des clips à Pearl Harbor et Transformers, il a su imposer son style patriotique (Nous sommes tous américains !) et … percutant ? Brut de décoffrage, l’homme ne paraît ni tendre, ni conciliant à travers ce portrait mais très droit dans ses bottes.

 » Je ne change mon style pour personne. Car seule une mauviette le ferait. « 

Voilà qui l’avantage d’être clair. Difficile de croire que cet obsessionnel des tournages en décors naturels et des grosses machineries est aussi aux manettes des pubs pour Victorias’s Secret. Qu’on aime ou non son style, il faut admettre une chose: Michael Bay est un acharné du boulot, en accord avec lui-même, qui sait ce qu’il veut.

Dommage pour nous que parfois cela fasse mal aux yeux.

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Puissance 4.

Un dossier zoom sur la télévision anglaise et en particulier sur un Ovni du genre Channel 4, chaîne déjantée née en 84, qui ose toutes les expérimentations. En lisant cet article, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec le Canal + de l’époque, qui naît d’ailleurs la même année. Une chaîne décalée qui semble oser tous les programmes et qui fait scandale en 1999 en osant diffuser Queer as Folk, un programme mettant en scène la vie de trois jeunes homosexuels de Manchester.  En 2001, Channel 4 lance sa petite soeur E4 destinée aux 15/35 ans sur laquelle on va trouver les séries anglaises qui feront le buzz comme Skins et Black Mirror. Et bien évidemment parmi les équipes déjantées, on retrouve le cornetto magique Nick Frost, Simon Pegg, Edgar Wright.

Dans ce dossier spécial, David Alexander Cassan et Matthieu Rostac reviennent sur le parcours atypique de cette chaîne décalée qui a secoué le paysage audiovisuel anglais et nos petits écrans par contumace.

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Continuant dans cette veine, le dossier fait aussi le point sur les spécificités des productions outre-Manche. Il est intéressant de constater que même en racontant des histoires anglo-anglaises, les productions britanniques arrivent à si bien s’exporter. Est-ce la place laissée au réalisateur, l’absence de formatage, le fait que la télévision soit un élément moteur de tout l’art dramatique en Angleterre, le caractère ambitieux des productions télévisuelles anglaises ? Petits retours sur des éléments qui font le succès de nos voisins.

A noter également dans ce numéro, un entretien avec Christophe Vogler, retour sur un métier atypique: Script doctor.

Première. Mars-avril. #469-470

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Un numéro qui met à l’honneur Batman VS Superman, le cinéma belge et une interview déconcertante de Christian Clavier (que vous pouvez retrouver ici). Mais évidemment avec mon esprit de contradiction, je suis allée m’intéresser aux petits titres et non aux gros. Il faut dire que j’avais une raison très personnelle.

Les 100 films à l’affiche.

De la page 92 à 118, panorama des 100 films à l’affiche actuellement. Je m’arrête très rapidement sur ce dossier Critiques, car je le trouve super pratique. En effet, la sélection est très variée, les articles courts et efficaces donc cela permet de faire son marché efficacement en ayant rapidement une idée des films. Par contre les goûts et les couleurs, ça reste à chacun de voir, on est libres de ne pas suivre forcément l’avis du critique. A retrouver en bref  et en vrac dans ce dossier : Kung Fu Panda 3, The lady in the van, Midnight Special, Zoolander 2, Room, Des nouvelles de la planète mars,Triple 9, Au nom de ma fille, Evolution et bien d’autres.

Le prince de la ville.

Là j’avoue, je me suis faite plaisir. C’était THE article qui m’a attirée comme un papillon vers la lumière, vers cet article : l’interview de Michael Connelly concernant l’adaptation de son héros Harry Bosch en série.

Il faut savoir qu’en matière de détectives à l’humeur noire, déprimés mais intègres, j’ai deux amours: Kurt Wallander dont je vous avais parlé ici et Harry Bosch. Je n’ai jamais su leur résister.

Or deux des ouvrages de Connelly ont déjà été adaptés au cinéma. Le premier Créance de sang (2002) m’ayant laissé un goût amer (Clint mon ami pourquoi m’as-tu fait cela ?) je n’avais pas pris la peine d’aller voir le second La Défense Lincoln (2011). A en croire l’article j’aurais peut-être du car il semble que ce dernier ait été très fidèle au livre. Même si concernant l’adaptation du premier par Clint Eastwood, les propos de Michael Connelly ici confirment mon intuition:

« J’ai beaucoup de respect pour Clint Eastwood. Il a toujours été honnête avec moi, il m’a expliqué ce qu’il faisait et pourquoi il le faisait. Il ne m’a jamais ignoré. Mais ce sont ses décisions qui imprègnent Créance de Sang. Il est parti tourner sa version de l’histoire, laquelle prend énormément de libertés avec la mienne. 

Le problème quand on adapte un personnage aussi emblématique, complexe et profond que Bosch sur grand écran, c’est qu’on ne peut pas forcément lui laisser le temps de se développer et qu’on risque de louper ce qui fait l’essence du personnage, ce que le lecteu,r lui, va vouloir retrouver.

Et c’est là que cette interview fait jaillir l’espoir. Car il s’agit cette fois d’une adaptation en série avec Titus Welliver dans le rôle titre, produite par un suédois fan du personnage de Bosch, Henrik Bastin et sur laquelle Michael Connelly aurait eu tout le pouvoir artistique. Et là, dans mon p’tit coeur ça a été la danse de la joie.

La série, qui reprend le personnage de Bosch à ses débuts, en est déjà à  sa saison 2 (saison 1, produite en 2014-2015) et est intégralement tournée à Los Angeles, en décors naturels pour ainsi dire, conformément au roman. Dans des quartiers où plus personne ne tourne depuis longtemps. Comment vous dire que j’en ai le frisson.  Vais-je enfin voir le Harry Bosch que j’attends ? Je vais de ce pas me mettre en quête de la saison 1 et en attendant trailer maestro:

Et en bonus, Michael Connelly  et Titus Welliver nous parlent du chemin parcouru pour porter Harry Bosch à l’écran.

A noter que la série devrait être diffusée prochainement sur France 3 pour la saison 1 et que la saison 2 est disponible depuis mars sur Amazon Videos qui est le producteur.

Voilà qui clôt en beauté cette revue de presse. Je peux vous laisser respirer.