Chez Mauriac à Malagar

Résumé.

73416Editions Les Collections Nouvelles. Parution avril 2016. Prix: 18€

Un jeune Liégeois, fasciné par le monde des Lettres, quitte le ciel bas et gris de sa contrée natale pour un DEA en terre girondine. Là-bas, dans une vieille demeure dominant les vignobles de toute sa beauté, l’ombre d’un hôte de marque l’attend. C’est Mauriac. C’est Malagar. Étrange rencontre que celle-ci, entre l’aura d’un grand écrivain, issu de la bourgeoisie, reflet d’un certain monde des lettres, désormais révolu, et ce jeune Liégeois prolétaire et athée.

Promu guide dans la majesté de ce Malagar austère mais légendaire, le jeune Claude amoureux des mots, dévoré d’admiration, va croiser des fantômes, des ombres d’un autre monde, d’une autre époque, se perdre et se trouver aussi.

Vingt-sept ans plus tard, naviguant entre fiction et souvenirs, entre passé et présent, il raconte ce moment qui aura décidé de toute sa vie. De cette rencontre posthume avec François Mauriac.

Mon avis.

Malagar, un nom qui enflamme l’imagination et qui en appelle un autre : Mauriac.  La magie d’un lieu qui réveille des ombres. C’est dans l’intimité de ce domaine mythique que nous emmène Claude Froidmont à travers cette expérience en forme presque de voyage initiatique. Ainsi qu’il le souligne lui -même en épilogue :

« J’ai appris, là-bas, à me nourrir des oeuvres d’un homme, et des oeuvres tout court ;  appris là-bas, à écrire et n’aurai pas cessé de le faire jusqu’à aujourd’hui. »

De l’éblouissement du jeune Claude sur ces terres girondines frémissantes de lumière à Mauriac, lui-même, contemplant les vignobles, les mains posées sur son parapet de pierre, le récit se faufile entre passé et présent, les deux hommes se croisent dans la vieille demeure, sans jamais pouvoir se rencontrer. Le plus jeune cherchant les pas de son aîné, se perdant dans son ombre immense.

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Copyright June&Cie

Dans cet ouvrage qui n’est ni thèse, ni biographie, le temps se suspend. Le livre tout entier bruisse de l’admiration éperdue de l’auteur pour François Mauriac, de cette emprise insensée qu’exerce Malagar sur ceux qui s’en approchent.

Apprendre à écrire dans la maison d’un géant, mettre ses pas dans ceux d’un grantécrivain. Quelle expérience singulière ! Quel défi aussi. Les ombres des personnages du maître des lieux passent. Son oeuvre entière emplit la maison, l’imprègne. Comment ne pas en être écrasé ?

C’est en nous contant cette aventure intérieure, empreinte de poésie et de nostalgie que Claude Froidmont nous conduit au plus près de Mauriac. Mais parfois, dans les circonvolutions littéraires nous perd aussi un peu dans les méandres des mélanges des genres, des gens et des vies.

Un ouvrage qui plaira sans conteste aux plus amoureux de Mauriac et de son oeuvre, , les mauriaciens purs et durs. A qui connaît le maître et a vu Malagar, l’histoire parlera aussi sans (trop de) détour. Mais pour les néophytes, elle risque de paraître obscure ou inaccessible.

Lu dans le cadre d’une opération Masse Critique Babelio.

5 commentaires

  1. c’est drôle, j’y ai passé la journée quand j’ai fini l’IUFM et je n’ai pas été particulièrement touchée par ce lieu, je pense qu’il faut être fan de Mauriac comme l’auteur pour être sensible au lieu….En tout cas c’est une oeuvre intéressante….

    Aimé par 1 personne

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