Have you met … the producer ?

Alors que certains sont en suspens des résultats du Baccalauréat qui tombent aujourd’hui, moi j’ai décidé de vous poser à nouveau une colle.

Un sujet en trois parties et deux copies doubles.

Qu’est-ce-qu’un producteur ?

Avec votre délicieuse candeur, vous allez me répondre: C’est celui qui finance le film.

Certes. Allez deux points pour le nom, la date et l’effort fourni.

Effectivement, dans l’imaginaire collectif, quand on pense « producteur », on a plus ou moins cette image en tête.

Le côté « danse » en moins, mais le cigare et le porte-monnaie bien présents. En réalité, c’est un piètre raccourci. Et si le producteur s’occupe bien de finances, il ne s’occupe pas que de ça…Alors have you met … the producer ?

Vous avez 4 heures.

Définition.

Par définition, le producteur est celui qui ? Produit un film. Merci  au cire-pompes du fond de la classe. Tu me copieras 100 fois Je dois éviter de dire des évidences.  Donc le producteur est celui qui permet le lancement d’un projet. C’est celui qui juger un projet intéressant et réunir autour une équipe et des financements

Mais pas seulement. Voici grâce à mon ami Jarvis-Wiki, les articles de loi et décrets qui établissent exactement le rôle du producteur:

« Le producteur de l’œuvre audiovisuelle est la personne physique ou morale qui prend l’initiative et la responsabilité de la réalisation de l’œuvre. » Code de la propriété intellectuelle (art.132-23)

Le producteur « prend personnellement ou partage solidairement l’initiative et la responsabilité financière, technique et artistique de la réalisation de l’œuvre et en garantit la bonne fin. » Décret n°2001-609 du 9 juillet 2001 (art.II-I-4°)

Source Wikipédia

Un producteur va donc pouvoir lancer un film sur la base d’une simple idée, s’il l’estime intéressante et réalisable. S’il n’y a pas encore de réalisateur sur le projet ou de scénario, ce sera à lui de trouver un scénariste, superviser l’écriture du scénario, trouver un réalisateur et des sociétés de productions/distribution intéressées par le projet.

Pour résumer, de façon globale, il peut être à la fois l’architecte du projet et/ou son maître d’oeuvre. D’ailleurs en vérité, il existe deux types de producteurs:

  • Producteur exécutif
  • Producteur délégué.

Nous allons voir en quoi ils sont complémentaires, quels sont leurs rôles et leurs tâches et avec qui ils travaillent et pour qui.

Multifonctions et coopérations.

Commençons par établir les différentes tâches du producteur en tant que tel, afin d’y voir plus clair:

  • Dénicher un projet, étudier sa faisabilité et/ou obtenir des droits littéraires.
  • Trouver des financements.
  • Réunir les moyens humains et matériels: scénariste, réalisateur, casting, équipe technique, lieux de tournage, matériel.
  •  Planifier et coordonner: être le lien entre le scénariste, le réalisateur, la société qui finance.
  • Assurer la promotion, la distribution , le versement des cachets et le remboursement des fonds investis.

Dans ce contexte, un producteur peut être indépendant, travailler pour une société de distribution ou un studio. C’est donc avant tout un dénicheur et un coordinateur de projets.

Producteur exécutif et producteur délégué.

Qui fait donc quoi dans ce bazar ? Un seul producteur peut normalement assurer toutes ces tâches de A à Z mais il arrive régulièrement, surtout pour les grosses productions, que sur un même tournage, on puisse avoir deux voir trois sortes de producteurs.

  • Executive producer: de façon classique, c’est celui qui gère le lancement du projet, qui trouver l’idée, le concept, le livre, le scénario et flairer le projet judicieux. Il s’occupe  de la partie juridique (obtenir des droits par exemple) et financière. Il pose les bases en somme.
  • Le producteur délégué (line producer): Il entre en scène quand la production est lancée. C’est le coordinateur qui assure le lien entre les sociétés qui financent, celles qui distribuent, qui s’occupe de la distribution des rôles, de l’équipe et qui supervise le réalisateur. De fait, il supervise l’ensemble de la production sans pour autant entraver l’activité artistique ou le travail du réalisateur. Il veille à ce que tout avance bien et dans les budgets et dans les délais.
  • Le producteur associé: Que l’on appelle plus communément Directeur de Production, ce qui évite de le confondre justement. Il fait partie de l’équipe de production qui travaille avec le producteur. C’est d’ailleurs lui qui la constitue le plus souvent et  il va organiser et superviser la vie quotidienne de la production : besoins et moyens artistiques, humains, techniques, rémunérations, repas, logements budget… Il travaille avec le régisseur général, la/le secrétaire de production et l’assistant réalisateur. Sa partie à lui c’est la logistique.

Attention !!

Cependant, cette répartition des rôles sous ces terminologies  n’est valable que dans les systèmes anglo-saxons. En effet, c’est une erreur de traduire executive producer par producteur exécutif. En réalité en France, l’executive producer correspond globalement au producteur délégué ou line producer et c’est le producteur délégué qui va porter la responsabilité des investissements.

Dans cette version du système, il est le responsable juridique et financier du film et vont lui incomber tous les rôles de l’executive producer définis ci-dessus. Il va alors nommer un producteur exécutif, exécutif prenant alors son sens littéral, c’est-à-dire qui agit. Celui-ci va prendre en main la partie logistique du tournage (équipes, contrats, moyens techniques etc…).

Le producteur exécutif est donc dans le système française un agissant qui met en place des moyens dans le cadre d’un budget arrêté pour faire fonctionner un tournage. Il n’endosse aucune responsabilité. A l’inverse du producteur délégué qui est lui responsable et redevable.

Avec ceux-ci, en particulier le producteur délégué et le producteur associé, dans le cas anglo-saxon comme le cas français, travaille une équipe de production qui comprend:

  • Un administrateur de production : Dépenses.
  • Un/une secrétaire de production : Communication entre les équipes et le producteur.
  • Des assistants de productions : coursiers multitâches.

Par ailleurs, le producteur communique et collabore beaucoup avec le scénariste, comme dit plus haut, il peut superviser l’écriture du scénario, et avec le réalisateur.

Pour un executive producer ou un producteur délégué le but du jeu est le même. Je vous livre ici, tel que défini sur le site Comment faire un film.com. Il s’agit pour lui de dénicher:

  • Un bon scénario
  • Un bon réalisateur
  • Les capacités à le financer

Cas pratique.

Pour vous rendre les choses plus parlantes, je vais prendre un exemple concret. S’il vous plaît, ne soupirez pas, je vais travailler avec la matière que j’ai à portée de main.

Pour rester cohérente avec mon exemple, je me baserais sur la version anglo-saxonne des rôles et responsabilités, telle qu’énoncée plus haut.

Prenons comme exemple Sherlock et son équipe.

On ne soupire pas j’ai dit ou je vous colle une interro-surprise direct ! 

Dans les executive producers, nous avons Mark Gatiss et Steven Moffat qui sont les scénaristes mais aussi les apporteurs du projet. L’idée vient d’eux et nul doute qu’ils ont aussi probablement apporté une part de l’équipe venue de Doctor Who tel réalisateurs, set designer, créatrice des costumes, créatrice du maquillage, directeur des Effets Spéciaux, etc… Et nous savons qu’ils ont participé au casting et qu’ils assurent une large partie de la promotion. En cela, ils entrent parfaitement dans la case executive producers.

Vient s’ajouter à ce duo Beryl Vertue. Grande dame de la production télévisuelle britannique, elle se trouve notamment à la tête de Hartswood Film qui co-produit Sherlock pour BBC. BBC étant ici la société de distribution. Beryl Vertue représente donc le facteur financier de notre équation de production.

Etant donné que Sherlock est une co-production, vient ici s’ajouter une executive producer pour Masterpiece, l’autre société de production qui finance la série, Rebecca Eaton. Voici donc notre autre facteur financier.

Enfin en tant que productrice en charge et donc de fait productrice déléguée ou line producer puisqu’elle est souvent sur le tournage, on retrouve Sue Vertue, fille de Beryl mais surtout partie intégrante de Hartswood Film, au même titre d’ailleurs que Steven Moffat, son époux.

Avec Rebecca Eaton, Beryl et Sue Vertue, nous avons donc la partie financière, juridique et logistique du producteur, Mark Gatiss et Steven Moffat constituant quant à eux la part artistique.

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De gauche à droite : Beryl Vertue, Steven Moffat, Mark Gatiss et Sue Vertue. Crédit et copyright Getty Images.

Je vous disais que Sue Vertue était fréquemment sur le tournage, elle est également extrêmement présente quant à la promotion et la distribution de la série. De fait, elle constitue un excellent exemple de productrice. Car, un producteur n’est pas et ne doit pas être, comme on se l’imagine, cantonné dans son bureau,à lire des dossiers, vissé à son téléphone. Qu’on se base sur le système français ou anglo-saxon, il y a des contraintes sine qua none.

Il doit aller sur le terrain, superviser les productions, voir si les financements qu’il a sollicités sont bien investis, si le projet ne prend pas l’eau, si le réalisateur n’a pas perdu la boule, s’assurer que tous les moyens nécessaires sont bien présents, que le budget et le planning sont respectés. Mais aussi participer à des rencontres, à des festivals, faire du relationnel.

Son rôle est beaucoup plus large qu’on se le figure et il cumule les aspects :

  • artistiques :recherche du projet, du réalisateur, supervision du scénario, casting…
  • financiers et juridiques: droits, recherche de fond, promotion et distribution.
  • logistiques: moyens humains, techniques, coordination, planning.

Et pour cela, c’est un métier de passionnés car il faut croire en son projet, croire en son potentiel, avoir confiance en ses équipes et en son réalisateur.

Le producteur, quel qu’il soit, porte le projet, bien qu’il n’ait aucune main sur la partie artistique en tant que telle. Il le défend pour avoir des financements, pour qu’il sorte en salle, pour qu’il soit présenté dans des festivals.

D’ailleurs, il n’est pas rare que des réalisateurs deviennent aussi des producteurs, des producteurs indépendants même, afin de pouvoir porter à l’écran des projets qui leur tiennent à coeur. Cela me rappelle un certain James Cameron… Par exemple… Mais on pourrait aussi citer Luc Besson, Martin Scorcese, Steven Spielberg, Georges Lucas

J’espère que je ne vous ai pas trop perdus en route, car j’avoue que moi-même j’ai mis du temps à démêler tous les fils. Et je vous dis à bientôt pour découvrir d’autres héros méconnus des coulisses du cinéma.

Sources.

BIBLI0GRAPHIE:
  • L’art du film, une introduction, 2ème édition française. Editions de Boeck, David Bordwel et Kristin Thompson. 
INTERNET :

 

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“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

7 commentaires Laisser un commentaire

  1. Article passionnant qui a le mérite de redorer un peu le blason de ces hommes de l’ombre. J’aime beaucoup la façon dont ton article est amené, tu arrives à donner une vraie personnalité à ton blog, chose que j’ai beaucoup de mal à faire. Encore bravo

    Aimé par 1 personne

    • Je te remercie pour tous ces compliments. Ça fait plaisir. Mais tu es injuste avec toi-même. Je trouve que tu t’en sors plutôt bien. J’ai beaucoup aimé ton article sur Des cinéaste et des muses. Très pertinent avec de nombreux exemples bien choisis qui démontrent une solide culture cinéphile.

      Aimé par 1 personne

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