Beignets de tomates vertes.

Résumé.

Editions J’ai lu. Parution: juillet 2009  Prix: 7.80€

téléchargement (11)Maison de retraite, Rose Terrace, Birmingham, Alabama. Evelyn Couch recherche un endroit paisible pour écourter la visite à sa belle-mère Big Momma et passer les frustrations de sa vie sur une barre de sucrerie. Se faisant, elle rencontre Ninny Threadgoode, une sacré petite vieille femme à l’heureux caractère qui sans transition se met à lui raconter ses souvenirs. Toute une existence qui a tourné autour du Whistle Stop café et la famille Threadgoode. Au fils des souvenirs des figures emblématiques de la vie du café et de la ville surgissent: Ruth et Idgie, les tenancières, Grady Kilmore, Stump, Big George, Onzell, Smokey, Sipsey ( et ses merveilleuses recettes), Cleo, Buddy. Toutes ces existences qui tiennent une place dans l’histoire Whistle Stop café, coeur vibrant de cette petite ville d’Alabama.

De 1929 à 1986, c’est un véritable voyage dans le temps que Ninny fait vivre à Evelyn, créant entre elles une formidable amitié. Ce qu’Evelyn ignore encore c’est qu’à presque cinquante ans, l’énergie de toutes ces figures surgies du passé va lui donner le courage de changer son existence.

Mon avis.

Ce Fannie Flagg manquait à ma liste de lectures de l’auteur, or vu les critiques et son adaptation cinématographique il semblait incontournable.

Et avec raison !

Chez Fannie Flagg, les voyages dans le passé ont toujours quelque chose à nous apporter: du réconfort, du courage, des modèles. A chacun de ses livres, on se prépare (avec délices) à plonger dans le temps et aux allers-retours temporels savoureux dont elle a le secret.

Beignets de tomates vertes ne fait pas exception à la règle. Dans cette saga familiale hautes en couleurs se croisent de fortes personnalités qui font l’histoire du Whistle Stop Café. Des personnages au caractère bien trempé dont l’attitude détonne parfois avec les conventions de leur époque. Deux figures en particulier sont au centre du récit, les mythiques tenancières du café, Ruth et Idgie. Quel couple que ces deux-là qui font graviter tout un monde autour d’elles par leur charisme et leur caractère. Une drôle d’histoire que ce duo bien inconvenant pour l’époque et un récit étonnant qui, à des années de distance,  va bouleverser la vie d’Evelyn.

D’ailleurs une fois encore, Fannie Flagg parvient à me surprendre agréablement par la multiplicité des thèmes qu’elle réussit à aborder dans un récit doux-amer mais léger et plein d’humour. Crise de 1929, impact social en particulier pour les noirs, condition des noirs à l’époque, place des femmes, mariage forcé et homosexualité. De la vie d’Idgie et Ruth à celle d’Evelyn, ce sont des histoires de femmes qui se répondent à travers les époques dans un étrange écho. Que ce soit en émotions ou en rebondissements, diable que ce récit est riche ! Autant que la cuisine du Whistle Stop.

Riche et plein de saveurs, de couleurs, de sensations. Avec la voix de Ninny on voit revivre tout une part disparue des petites villes du Sud des Etats -Unis. La gazette de Whistle Stop nous immerge dans cette ambiance si particulière. On pourrait voir se balancer les branches du savonnier devant la maison des Threadgoode, admirer le parterre de roses pompons, entendre le train passer ou Opale discuter dans son salon de coiffure, sentir l’odeur du chèvrefeuille sauvage se mêlant aux fumets du pain de maïs, des beignets de tomates vertes et du barbecue de Big Georges. C’est comme si la plume de Fannie Flagg était une baguette magique faisant surgir les fantômes du passé. Et quand le rideau tombe avec la dernière page, on a un petit pincement au coeur de devoir refermer cette parenthèse dans le temps.

Cependant, cette fois-ci, Fannie Flagg nous laisse sur un clin d’oeil malicieux et gourmand qui vous fait terminer ce livre avec un petit sourire.

Pour ceux qui seraient tentés par le film, sachez que de son propre aveu, Fannie Flagg a du gommer ou estomper à l’époque l’aspect homosexuel de la relation entre Idgie et Ruth afin que le film puisse être « vendable », qui peut faire quelque différence avec le récit d’origine.

21 commentaires

  1. j’adore le film – et j’adore le livre!
    Mais je dois dire qu’ayant vu le film en 1er, la relation Idgie/Ruth me semblait sous-entendue sinon clairement définie. Quand j’ai lu le livres qques années + tard, j’en ai eu la confirmation. Comme quoi…..si on regarde bien le film, il y a des petits indices qui n’ont pas pu être totalement gommés

    Aimé par 1 personne

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