L’Echo du grand Chant.

Résumé.

9782352940920Editions Bragelonne. Parution : septembre 2007 Prix : 20€30

Grâce à des cristaux magiques qui les rendent immortels, les Avatars règnent en maîtres et même en dieux sur un immense empire. Jusqu’à ce qu’un cataclysme engloutisse nombre de leurs cités sous des kilomètres de glace et prive les cristaux de leur source d’énergie.

Le pouvoir des cités Avatars restantes vacille et parmi les peuples soumis, la révolte gronde. Mais un danger bien plus grand menace chaque citoyen de l’empire avatar. Le cataclysme a permis l’ouverture d’un passage entre deux mondes et, guidée par la Reine de Cristal, une armée sanguinaire aux pouvoirs similaires, même supérieurs, à ceux des Avatars, s’est mise en marche. Son seul but : tuer pour nourrir leur Reine et asservir…

Face à un tel péril qui présage leur fin à tous, les Avatars et leurs vassaux vont unir leur forces pour vaincre. Dépassant préjugés et rancœurs, maîtres et esclaves, établissant les bases d’un avenir commun, vont lutter côte à côte jusqu’au sacrifice ultime, celui d’une civilisation.

Mon avis.

Ever just the same. Ever a surprise. Ever as before (1)…Telle pourrait être mon chant personnel d’introduction à ce roman de David Gemmell. Sans ironie aucune. En effet, même si on est dans un monde bien moins idéaliste que Disney, c’est bien  d’une union sacrée en dépit de siècles de rancoeurs, de morts et de domination et du sacrifice d’un peuple pour la survie d’autres dont il est question.

Ever just as sure. As the sun will rise.  Oui alors ça c’est moins sûr en revanche, parce-que ceux qui arrivent sur leurs bateaux dorés c’est pas Joe le Rigolo. C’est plutôt « Obtempérez ou mourrez » dans le style. Voir « Obtempérez ET mourrez.« 

Si on voulait faire un parallèle historique, et je ne pense pas me tromper en me permettant l’analogie, on pourrait assimiler les cousins des Avatars qui débarquent pour le pique-nique sanglant aux Incas et/ou aux Mayas et ce pour plusieurs raisons:

  • Les ennemis qui arrivent sont en recherche de sacrifices humains pour nourrir de sang la Reine Cristal qui repose dans sa pyramide. Ils ouvrent la poitrine de leur victimes pour y plonger les cristaux à recharger en énergie et nourrir leur Reine. Ce qui n’est pas sans rappeler les sacrifices humains mayas et incas. Vous n’étiez pas en train de déjeuner, j’espère ?
  • Leurs vaisseaux sont recouverts d’or et leur parures sont également très riches et rappellent les parures incas.
  • Il est fait mention à plusieurs reprises de pyramides et de forêt dense, voir de jungle, quand on évoque le pays de la Reine de Cristal.

Je me suis plusieurs fois demandé au cours du récit si les Avatars pour leur part pouvaient aussi être assimilés à l’un ou l’autre des peuples, mais je n’ai pas réussi à déterminer laquelle exactement.

J’ai même pensé aux anciens Égyptiens en raison des pyramides,  de la civilisation très avancée en déclin et de la lumière dont il est question quand l’énergie des cristaux est évoquée. Mais il est aussi question d’une forme de sacrifice humain avec les personnes cristal-puisées à qui l’on vole des années de vie, ce qui n’est pas trop le genre de la maison.

Par ailleurs, les Incas aussi vouaient un culte important au Soleil, avaient des pyramides et pratiquaient eux des sacrifices humains.

Difficile donc de faire des parallèles précis mais il parait presque évident, vu les références du contexte, que ces civilisations aient servi d’inspiration à David Gemmell pour son roman.

Pourquoi c’est important ? Eh bien j’en reviens à ma petite rengaine.

 Ever just the same : Eh bien oui car on retrouve le style inimitable de Gemmell, son sens du rythme, de l’intrigue, du récit épique. Sa façon ingénieuse de faire s’enchaîner et s’emboîter les éléments, de sorte qu’on se retrouve vissé au livre, en apnée jusqu’au dénouement. Et 400 pages d’apnée, je vous le dis, c’est un sacré challenge.

On retrouve également des héros improbables et involontaires, au passé parfois pas forcément évident – oui chez Gemmell les personnages ont la vie rude, c’est raccord avec le contexte général– dont les chemins vont se croiser. Touchepierre, Anuk, Sofarita, Viruk, Talaban, du saint au guerrier fou, chacun de ces personnages sera un rouage de l’engrenage final, pour le meilleur ou pour le pire.

Ever a surprise: Car en partant dans cet univers plus antique et mythologique, moins moyenâgeux, Gemmell parvient à se renouveler. Tout en travaillant une matière totalement nouvelle mais toujours à sa façon, il parvient à en faire sortir quelque de frais mais de familier, qui diffère de ses univers habituels sans pour autant désarçonner le lecteur qui viendrait chercher du Gemmell.

J’ai été agréablement surprise de l’introduction de toutes ses nouvelles références, de la construction de cet univers très différent, de sa façon de traiter ses inspirations et de s’en servir pour complexifier les rapports entre ses personnages. Tout le jeu de cette impossible alliance entre pseudo dieux et esclaves repose sur la façon dont, dès le départ, l’auteur a présenté et définit leurs rapports. Difficile d’accepter de coopérer avec celui qui a volé la vie de ta fille quand tu sais que ta survie signifie la sienne mais pas forcément l’inverse…

On aurait pu craindre qu’en terrain antique ou mythologique, David Gemmell perde de son allant, de son style. De son souffle. Mais pas du tout. Le monsieur glisse sur l’exercice de style avec maîtrise et légèreté pour nous offrir un classique de son crû. Résolument différent, L’Echo du Grand Chant reste malgré tout dans la lignée d’un Gemmell digne de ce nom. D’ailleurs, son auteur lui-même aurait laissé entendre que d’une certaine façon, il serait lié au cycle drenaï.

Ce qui me permet une magnifique transition pour vous annoncer qu’avec Mimine aka Le Charmant Petit Monstre, on reprend le cycle drenaï du départ. A partir du 28 septembre, on se lance la tête dans l’aventure. Qui nous aime, nous suive.  Ne vous bousculez pas ! 

Entre magie, pichet de rouge lentrian, nettoyage du paysage à coup de hache, sorcière, romance, bataille de taverne, voyage aux enfers et ennemis sanguinaires, on vous promet de vous donner des nouvelles… épiques forcément !

(1) Pour ceux qui dorment au fond de la classe, je rappelle que ceci n’a rien à voir avec David Gemmell et que c’est la BO du dessin animé Beauty and the Beast. Je ne l’ai utilisée qu’afin d’illustrer mon propos de façon humoristique. 

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