Une saison avec Darcy.

Résumé.

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Editions Milady. Parution: mars 2015. Prix : 7.90€

Dans le somptueux décor de Pemberley, nous retrouvons Darcy et Elisabeth maintenant mariés, entourés d’un cercle d’amis ou de parents qui vont à l’être à l’origine des différentes nouvelles qui composent le roman. A travers les saisons et les occasions, une saison avec Darcy.

Mon avis.

Alors là non. Non ! Non ! Non ! J’ai naïvement fait confiance aux Editions Milady et au fait que l’auteur se revendiquait comme une spécialiste de l’oeuvre de Jane Austen et avait pondu pléthore de pastiches. Mais juste non ! On ne m’y reprendra plus.

D’ailleurs avant de commencer, je voudrais remercier Pause Earl Grey (dont vous trouverez la chronique ici) d’avoir enduré ce calvaire avec moi parce-que sinon là le verdict tombait dès la première nouvelle :

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Ceci dit le verdict n’a pas changé à l’issue de l’intégralité de la lecture. Pour rester objective et concise, je vais concentrer ma colère sur trois points.  Enfin je vais essayer.

  • Darcy or not Darcy ?

Vous serez d’accord avec moi que pour un ouvrage qui s’intitule Une Saison avec Darcy, tout amateur de l’oeuvre de Jane Austen s’attend à trouver en sujet principal le couple Darcy et Elisabeth. En réalité non, ils servent juste de toile de fond à des intrigues passablement fades, pour ne pas dire niaises, et interviennent assez peu dans les récits.

On a beau avoir Darcy dans chacun des titres, le monsieur se révèle à peu près aussi utile qu’une plante verte. Quand vous lisez Martine va à la plage, vous vous attendez à ce que ce soit Martine qui agisse, que l’action soit axée sur elle. Pas que l’on vous raconte les vacances de son copain Kirikou. Là c’est pareil, Darcy à Noël, Darcy à un bal masqué, Darcy à la chasse, d’accord mais de Darcy finalement, on aperçoit  juste le pied du verre de brandy et un bout de son costume de chasse.

  • Guimauve et autres complications.

Les quatre nouvelles qui composent ce recueil peuvent toutes se résumer à une seule et même morale : point de mariage sans amour si l’on veut être aussi heureux que Darcy et Elisabeth.

Et si ton prétendant risque de ne pas paraître assez fortuné à ta famille, ne t’inquiète point, un lointain cousin aux Indes, héritier d’un titre prestigieux, aura le bon ton de passer ad patres avant votre coup de foudre pour résoudre la situation. C’est d’une mièvrerie et d’une fadeur navrante.

Pour couronner le tout, ces histoires suivent toutes exactement le même schéma narratif:

  1. Une jeune femme à marier, parente ou non, arrive chez Darcy et Elisabeth. Sa famille lui destine un prétendant qui ne lui convient pas vraiment.
  2. Sur place, elle rencontre ou retrouve un autre charmant jeune homme qui est : a. un ancien amour dont sa famille n’a pas voulu b. Un inconnu à la situation inférieure ou trop supérieure à la sienne, auquel elle succombe.
  3. Ils ne peuvent pas être ensemble mais un coup de pouce du destin ou de Darcy et Elisabeth (qui s’apprêtent à fonder Meetic), va débloquer la situation et leur ouvrir les portes d’un mariage d’amour à l’avenir radieux.
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Merci au Charmant Petit Monstre
  • Rest in peace Jane Austen.

Si l’on est totalement dans l’ambiance des romans du XIXème, à l’inspiration romantique, et que l’auteur reprend des éléments et personnages de Pride and Prejudice, en revanche pour le reste on repassera !

Outre le fait que les histoires sont insipides, les personnages stéréotypés, on ne retrouve rien du ton incisif et moqueur de Jane Austen. Ni de son talent pour mettre en scène de façon critique les travers de son époque. Le portrait social satirique que dressait Jane Austen avec des personnages savoureux disparaît pour laisser place à de pâles romances sans grande consistance.

Sans compter que les réactions de certains personnages ne collent pas du tout avec la psychologie de départ que leur avait conféré Jane Austen. En particulier le couple Darcy. Il semble que le mariage ait miraculeusement transformé ce cher Darcy et Elisabeth en deux Bisounours roucoulants qui n’ont d’autre occupation que de marier chaque jeune fille de leur entourage. En somme, Pemberley c’est devenu le AdopteUnMec.com de l’époque.

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Quid du caractère impulsif d’Elisabeth ? De son esprit critique ?

Quid de la personnalité réservée et parfois froide de Darcy ?

Sans nier que le mariage implique de faire des concessions et peut adoucir ou tempérer le caractère, il ne faut quand même pas exagérer. La lobotomie n’est pas incluse. Même à cette époque.

Je ne vais vous mentir, mon panel expressif à cette lecture a souvent été le suivant :

Pour un lecteur, comme moi ou Pause Earl Grey, qui apprécie la finesse et la subtilité de la plume de Jane Austen dans tout ce qu’elle a de critique, de drôle et de savoureux, il est très difficile d’imaginer une quelconque filiation entre son oeuvre et ce recueil qui n’a d’austinien que le nom de Darcy. Nul doute que cela que cela fera le bonheur des amateurs de romance mais pour les vrais austiniens, passez votre chemin.

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