Hortense et Queenie

Résumé.

i23496Editions de La Table Ronde. Collection Petit Quai Voltaire.

Parution : février 2017 Prix : 16€

Hortense et Queenie sont deux femmes que tout oppose, excepté le fait d’être nées anglaises et le désir farouche de s’extirper de leur condition.

Hortense est née mulâtre dans une Jamaïque sous domination anglaise et désire plus que tout vivre en Angleterre dans une jolie maison avec une grosse cloche à l’entrée.

Queenie est le reflet de l’anglaise blonde et pâle. Fille de boucher, elle n’aspire qu’à une chose, devenir une vraie dame de Londres pour s’élever socialement par un bon mariage.

Deux chemins qui, en apparence, n’auraient jamais dû se croiser mais qui vont être amenés à se rencontrer par le jeu du destin et de deux hommes entraînés pour l’amour de la patrie dans la Seconde Guerre Mondiale.

Deux couples, quatre destins autour desquels se construit ce roman savamment ouvragé qui nous raconte, sur fond de Seconde Guerre Mondiale, la relation ambiguë de l’Angleterre à ses populations coloniales.

Mon avis.

Hortense et Queenie c’est l’histoire tristement ordinaire de ces hommes de couleurs, comme on dit, si ardemment appelés à venir défendre la mère patrie mais qui, après avoir vaillamment combattus, ne trouvent en guise d’accueil sur le sol anglais que brimades et humiliations.

C’est aussi l’histoire de ces jeunes femmes mulâtres à qui la grâce d’une peau suffisamment claire offre l’opportunité d’une parfaite éducation à l’anglaise, formées et instruites, qui ne rêvent et ne jurent que par une vie en Angleterre. Cruelle est la désillusion dès les premiers pas sur le sol anglais, elles à qui les regards ne cessent de rappeler la couleur de leur peau, elles que l’on fait mine de ne pas comprendre à cause de leur accent, elles qui ne peuvent prétendre à un emploi qualifié sur le sol anglais.

Pour tous dans cette Angleterre blanche d’après-guerre, ravagée et meurtrie, la pilule se fait d’autant plus amère. La meilleure volonté ne saura suffire à effacer le raciste ordinaire, à se faire accepter.

Ne vous laissez pas rebuter par l’apparente austérité du thème, Hortense et Queenie est un roman rempli de tendresse, qui ne peut laisser indifférent. Tantôt drôle, tantôt dur, il dresse sur un ton grave et léger un portrait de cette histoire d’amour contrariée entre la couronne britannique et ses colonies. Sans préjugés, ni jugement, le roman déroule le fil de son intrigue à l’architecture soignée, emportant notre imagination de Kingston à Londres. Si le roman parvient à nous toucher et à nous captiver autant, c’est qu’il porte en lui tout à la fois une réalité historique, qui hélas ne saurait être niée, et la force d’un vécu.

Car, Andrea Levy a elle-aussi porté le poids d’une couleur de peau, en naissant en 1956, à Londres de parents jamaïcains, dans une Angleterre à la mentalité encore très blanche. C’est sans doute de ce ressenti, de ce lien personnel avec cette histoire, que vient la force et la justesse émotionnelle de son roman.

Paru en février aux Editions de La Table Ronde, Hortense et Queenie est une perle à lire sans hésitation.

wp-1490117096670.jpg

Ma chronique complète est à retrouver sur Les Petits Livres :

Hortense et Queenie

4 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s