Bakhita

Résumé.

9782226393227-jEditions Albin Michel. Parution :  2017.

Prix : 22.90€ Prix numérique : 15.99€

Enlevée à 7 ans dans son village du Darfour par des trafiquants d’esclaves, celle qui deviendra Sainte Joséphine Bakhita, va connaître le pire de l’esclavage. De maître en maître, pour survivre Bakhita oublie peu à peu  d’où elle vient, qui elle est, jusqu’à son nom de naissance même, se confinant à devenir l’objet de servitude qu’on la contraint à être.

De son Soudan natal aux quais de Venise, il lui faudra endurer sévices, souffrance et solitude avant de trouver enfin la paix et la quiétude dans la sécurité du couvent à l’âge de vingt-quatre ans.

Histoire d’une survie et d’une rédemption…

Mon avis.

Bakhita fait partie de ses ouvrages qu’on a du mal à raconter. Tout simplement parce-qu’ils vont au bout de l’intolérable. Pourtant, par un tour de plume étonnant, Véronique Olmi réussit le pari  de transcender l’horreur pour faire raisonner en nous l’intense et farouche volonté de vivre de cette fillette et toute la force de son  pardon.

Refoulant qui elle est, son nom, son village, ses parents, celle que l’on nomme Bakhita (la chanceuse) va pourtant puiser dans tout ce qu’elle est pour survivre avec une pugnacité sans nom. Une volonté de s’accrocher à la vie au delà de l’enfer de la survie qui n’est pas sans rappeler celle des survivants d’Auschwitz.

Et l’enfer, cette enfant de sept ans y plonge sans avoir le temps de comprendre. Arrachée en quelques minutes à son village, traitée moins bien que du bétail, marchant sans fin, sans eau, sans nourriture, battue, vendue, la petite fille doit ajouter à son supplice celui d’une solitude qui vous vrille le cœur. Ne parlant ni les dialectes de ses compagnons d’infortune, ni la langue de ses ravisseurs, elle ne peut ni partager de réconfort, ni même anticiper ce qui va lui arriver.

Quelle force de caractère faut-il pour résister à cela ! A sept ans…

Ce chemin de souffrance absolue, la plume de Véronique Olmi nous le fait vivre avec une intensité à couper le souffle. Ayant longuement étudié la vie de Bakhita, conduisant ses recherches jusqu’au couvent de Schio où celle-ci termina sa vie, elle a saisi l’essence même de son caractère et immerge le lecteur dans le récit à travers le regard apeuré mais déterminé de cette fillette  que Bakhita resta quelque part jusqu’à la fin de sa vie.

Mais l’histoire de Bakhita est exceptionnelle en tout point. Un heureux retournement de situation la conduit sur les côtes italiennes où elle retrouvera la liberté plusieurs années après à l’âge de 20 ans. Et là, pour ressentir enfin cet amour auquel elle a été arraché enfant, elle décide devenir religieuse. Se mettre au service de Dieu, donc de son prochain, quel étonnant et singulier pardon, Bakhita jette là sur sa vie d’esclave !

Sur un ton doux mais poignant, le roman de Véronique Olmi révèle une histoire fascinante, abordant la traite négrière d’un point de vue des plus intimes. Je peux même dire sans doute qu’il est difficile d’aller plus loin de ce qu’a été cette tache sur l’humanité que fût l’esclavage que l’histoire de Bakhita. Son regard dans le roman nous expose cette déshumanisation, cette perte d’identité, cette réduction à un objet, à presque rien, de l’être humain, de façon criante, presque douloureuse. Et cela n’en rend que d’autant plus admirable le choix de cette femme de se donner à Dieu, pour ressentir l’amour et, finalement se rapprocher des hommes.

Bakhita est un roman édifiant, l’histoire d’une destinée tourmentée mais exceptionnelle. Une lecture douloureuse certes, mais un coup de coeur absolu. Une leçon d’Histoire et d’humanité, à découvrir absolument !

7 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s