Chère Mrs Bird : positive attitude

Résumé

Editions Belfond. Parution : avril 2018 Prix : 21€

Emmy est une jeune femme dynamique et pleine de bonne volonté, mais impulsive et à la langue parfois trop vive. Peu importe les bombes de la Luftwaffe  qui pleuvent sur Londres, elle et son amie Bunty gardent un moral à toute épreuve, à l’instar de leur compatriotes, et ont des rêves plein les yeux. D’ailleurs Emmy n’a qu’une ambition : devenir reporter de guerre. Entre ses gardes à la caserne des pompiers et son travail dans une étude de notaire, elle s’imagine sauter dans un taxi à la recherche d’un scoop ou rejoindre une salle de rédaction vibrante d’activité.

C’est alors qu’une offre d’emploi comme assistante au prestigieux London Evening Chronicles est publiée. Au coeur de la guerre, Emmy est en certaine, c’est la chance de sa vie. Mais suite à une erreur dans l’annonce, elle se retrouve assistante de rédaction au courrier des lectrices du vieillot Women’s Day, sous l’autorité de la non moins rébarbative et autoritaire Mrs Bird.

On est bien loin du reportage de guerre, d’autant plus que Mrs Bird a des principes plus que conservateurs et une liste longue comme un jour (de guerre !) sans pain des sujets interdits auxquels il serait inconvenant d’envoyer une réponse (ce qui concerne de près ou de loin tout ce qui peut toucher au domaine conjugal, aux relations amoureuses ou qui pourrait s’apparenter à de la faiblesse morale). Autant dire que cela restreint sérieusement le nombre de lettres jugées acceptables.

Il en faudrait plus pour décourager Emmy, qui partage le quotidien de guerre de ses femmes, esseulées, désespérées, parfois durement frappées par la réalité des combats. Et elle est bien décidée à braver Mrs Bird pour leur apporter du soutien, pour le meilleur et pour le pire.

Mon avis : and i’m feeling good !

Chère Mrs Bird,

J’avais choisi de longue date de vous rencontrer pour ma quatrième lecture du Cercle Belfond. J’attendais notre entretien avec impatience et je n’ai pas été déçue du voyage. Au coeur de ce Londres qui résiste farouchement sous les bombes, votre vaillante Emmy m’a ravie. Impulsive, elle fonce bille en tête, le coeur en bandoulière, entraînant, souvent à leur insu, dans son sillage une galerie de personnages attachants. Permettez-moi d’ailleurs de vous demander de passer mes salutations à l’insolite mais si adorable Mr Collins. 

Et que dire vous-même, ma chère, si vous me le permettez ! De votre imposante stature emplumée, de vos annonces tonitruantes, de votre autorité sèche et de votre rigidité morale. Diable ! Quel personnage vous êtes ! Vous apparaissez peu mais êtes omniprésente dans cette histoire. Et quelle curieuse idée de placer quelqu’un avec si peu d’empathie pour répondre au courrier des lectrices en temps de guerre. Vous êtes un vrai danger pour le moral des troupes. Cette chère Emmy a bien fait de vous braver, à ses risques et périls. 

Le récit de ses aventures au sein de votre rédaction n’a pas été sans m’évoquer le fameux Cercle Littéraire des Amateurs d’épluchures de patates. Entre la réalité cruelle de la guerre, la flegme britannique qui fait la nique à l’ennemi coûte que coûte, et les mésaventures d’Emmy, j’ai retrouvé cette ambiance douce amère, so british, où l’humour permet de rire et de sourire du pire.

Je vous le dis avec tendresse, chère Mrs Bird, que vous le vouliez ou non, vous êtes un feel-good book. Un livre où l’on s’évade et qui vous fait du bien. Un livre qui exalte l’optimisme en nous montrant que le bonheur peut exister même dans les heures les plus sombres. 

Partir avec Emmy à votre rencontre dans les rues du Londres en guerre aura été une belle aventure, que j’ai dévoré d’une traite, tel un scone accompagnant sa tasse de thé, en période de rationnement. Dites bien à Emmy, quand vous serez calmée de votre fureur, que j’ai regretté de pas l’accompagner plus loin et de la laisser un peu abruptement à la croisée des chemins. 

Je ne vous laisse pas de timbre pour la réponse, car je sais que ma lettre ira au panier des lettres inconvenantes et que vous vous étoufferez d’indignation à sa lecture. Quant à moi,  je garde un sourire dans ma poche de votre lecture. 

Bien à vous

June

Ps : Sachez, chère Mrs Bird, que mon amie Isa, sorcière de son état, m’a accompagnée dans cette lecture. Il semble qu’elle aussi se soit vivement attachée à Emmy. Je vous joins ici sa lettre à la mienne.