Et si on regardait… Les Soprano ? (ou pas !)

July poursuit sa virée mafieuse dans les séries et fait un arrêt culte avec Les Sopranos. Séduit, il nous livre une chronique réglée comme du papier à musique, à l’instar de la série. La vie de Tony Soprano a beau être semée de coups, le visionnage de la série, lui, si on en crois July, se fait sans à-coup. 


Ayant vu pas mal de séries françaises ces derniers temps, j’ai quand même vu en parallèle une série américaine déclarée comme culte et qui s’appelle Les Soprano. J’y travaillais depuis août dernier et je l’ai terminée en mai, parce que quand même, en parallèle, y’avait Grey’s Anatomy et The Big Bang Theory, faut pas déconner.

Les Soprano, keskecé ? C’est une série qui raconte des histoires de mafia tandis que le chef de clan va régulièrement chez une psychologue à la suite de crises d’angoisse. Elle fut diffusée de 1999 à 2007 sur HBO.

Le pitch de départ est sympa. Alors oui, ceux qui pensaient avoir une série sur l’opéra, désolé pour vous. On ne parlera pas de cantatrice[1], ni de ténor, ni de Garnier[2], ni de Bastille, ni de Mozart, ni de Bach[3]. Mais nous parlerons de la mafia de la banlieue de New York.

Dès le générique, on est mis dedans. On y voit Tony Soprano dans sa voiture, qui rentre chez lui, depuis New York. Lorsqu’il sort de sa voiture, on est chez lui. Et c’est chez lui que tout commence : c’est ici que des palmipèdes envahissent sa piscine et lui font faire une attaque cardiaque. Il va donc chez le Docteur Melfi, psychologue, qui l’aide à remettre sa vie en ordre, sauf qu’il ne peut pas tout lui dire car en cas de meurtre avoué par un patient, elle est obligé de le signaler à l’État.

À travers les consultations chez Melfi, c’est la vie du clan que l’on découvre : de la gestion du club de strip-tease à celle de sa famille ou de son clan (et je ne dirai pas laquelle des trois est la plus simple), on suit donc Tony et ses lieutenants. La mise en place est un peu longuette, mais la série se reprend bien dès les 5-6 premiers épisodes. On le suit doucement et on se laisse prendre aux histoires de fesses, de famille, d’amis (et je ne dirai pas lesquelles des trois sont les plus croustillantes). Et on le voit, le Tony, travailler dur avec ses lieutenants, Silvio et Paulie (et je ne dirai pas lequel des trois bosse fort[4]).

Alors, si ça paraît simple, pourquoi ça marche ? La réponse peut se trouver dans cet antihéros qu’est Tony, qui met mal à l’aise dès qu’on s’attaque à lui. La narration habituelle est rompue et laisse place à des séries très cinématographiques, comme on a l’habitude de le voir sur HBO[5]. Si aujourd’hui on a plus l’habitude de voir ce genre de séries, notamment sur HBO d’où viennent tous mes exemples en note de bas de page, c’était assez révolutionnaire à l’époque. Et le casting a propulsé au rang de star le regretté James Gandolfini et Edie Falco.

Par ailleurs, il y a une sorte d’empathie inconfortable : on est content quand Tony se sort d’un mauvais pas, mais on se rappelle qu’ensuite, c’est un pas nécessairement un chic type… On peut vite passer du bien-être au mal-être, de l’être au ne plus être, et du bois de hêtre au… ahem pardon. Cette ambivalence est bien écrite et surtout, aucun des personnages n’est à l’abri : y’a des morts que l’on n’attendait pas. On les voit parfois venir dans la minute qui précède et c’est là qu’on réalise que ce personnage que l’on aimait bien va mourir. On le sait, mais on espère jusqu’au dernier moment qu’il s’en sorte. Et on ne le voit pas toujours mourir : le suggéré laisse place à l’imagination et on est juste dégoûté lorsqu’on doit attendre dix minutes pour qu’un des personnages confirme que le type est bien mort.

Il y a enfin des prix : la série a tout dégommé sur son passage : cent douze nominations aux Emmy Awards, et vingt-et-un prix au total. Elle a toujours eu une nomination, de la première à la dernière saison, dans la catégorie de la meilleure série dramatique, prix qu’elle a remporté en 2004.

Enfin, la série a eu d’énormes secousses : le producteur exécutif Matthew Weiner a créé Mad Men, Terence Winter, autre producteur exécutif, crée aussi une série en Boardwalk Empire, réembauchant au passage Steve Buscemi qui fait un passage au cours d’une saison dans Les Soprano. Tim van Patten a réalisé ensuite des épisodes de Boardwalk Empire[6] et de Game of Thrones. Enfin, des scénaristes ayant travaillé sur la série sont à l’origine de séries telles que Blue Bloods ou de Damages. Que des séries cinématographiques également.

Je ne peux que vous inciter à voir cette série qui se laisse suivre, avec parcimonie tout de même. Je n’ai pas eu de problème à voir la série entre juillet dernier et début mai, mais quelques pauses entre les saisons sont les bienvenues. Lancez-vous les yeux fermés, puis ouvrez-les si vous voulez voir quelque chose et laissez vous porter. Vous verrez, le Jersey, c’est pas mal, surtout quand ça flingue.

July

[1] Chauve ou non, la cantatrice.

[2] Non, pas le concurrent de l’Oréal, mais l’opéra. De toute façon, on s’en fout,  on n’en parle pas.

[3] Qui n’a d’ailleurs jamais composé d’opéra, c’était pour voir si vous suiviez.

[4] Oui, trois parenthèses pour amener cette blague, c’est tout ce qu’il me fallait. #blaguedegéographe #onserefaitpas #désolé #pastaperjune

[5] Sex and The City (1998-2004), puis les Soprano (1999-2007), Rome (2005-2007), Boardwalk Empire (2010-2014), Game of Thrones (2011-présent) ou Westworld (2016-présent)…

[6] Produite par Martin Scorcese et Mark Wahlberg en plus de Terence Winter, et l’ami Martin en a réalisé le pilote. C’est vraiment une tuerie, cette série !

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“Eventually everything connects - people, ideas, objects. The quality of the connections is the key to quality per se.” Charles Eames

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