Jeunet : filmographie en souvenirs

Résumé : Je me souviens…

Editions LettMotif Parution : Avril 2018 Prix : 22€

Je me souviens. Je me souviens de quoi ? Ah oui, je me souviens que l’éditeur de ce présent ouvrage m’a demandé d’écrire un petit texte de présentation. Sachant que l’éditeur n’est autre que le jeune frère de l’auteur (onze ans de différence), l’auteur se souvient de pas mal de trucs, dont celui-ci : Quand l’éditeur avait cinq ans, j’en avais donc seize. Je me souviens que j’organisais des compétitions de pénos. Chacun à son tour dans les buts. Le premier qui arrive à dix. Mon truc, c’était de mener genre 7-0. Puis de le laisser me remonter, voire me dépasser. Donc à 8/7 pour lui, je repasse devant… 9/8… balle de match… Et finalement il gagne ! Il ne s’est jamais rendu compte de rien, et je n’ai jamais osé lui avouer la vérité. Je sais ce texte va être un choc.

En même temps, on s’en fout un peu, puisque les «Je me souviens» parlent de cinéma. Par exemple, souvenirs de  »Delicatessen », l’histoire passionnante d’un boucher dont le lit grince.  »La Cité des enfants perdus », où l’on apprend qu’il est sain de laisser les enfants roter après avoir mangé du cervelas.  »Alien, resurrection », drame oedipien,  »Amélie Poulain », l’histoire d’un nain de jardin qui mange des framboises au bout de ses doigts, si je me souviens bien. Encore que. Bref, plus de 500 «Je me souviens» plus sérieux que ceux-ci. Encore que…

Mon avis : Filmographie en souvenirs

Je me souviens, moi, avoir chiné ce livre, petit bijou inattendu, en me baladant sur le site Cinechronicle. Je me souviens d’être tombée sous le charme au point de l’acquérir immédiatement. Comme une frénésie irrésistible.

Je souviens d’un livre agréable et original, ponctué d’humour, souligné malicieusement par les illustrations de Charlie Poppins. Je me souviens d’une présentation insolite, aérée, et de chaque nouveau chapitre de vie portant le nom d’un film.

Je me souviens d’avoir entendu la voix de Jean-Pierre Jeunet se glisser dans mon oreille, au fil des anecdotes. Ses intonations, sa façon de raconter, son humour. Je me souviens d’avoir ri, souri, d’avoir été émue devant ces petits morceaux du film de sa carrière. De sa vie.

Je me souviens d’avoir redécouvert Jean-Pierre Jeunet avec un immense plaisir à travers ces lignes. Je me souviens de l’avoir découvert aussi sous certains aspects : sa volonté, sa ténacité, sa tendresse… De ce côté cinglant aussi vis à vis de Weinstein à qui il a beaucoup de choses qu’il ne pardonne pas (et on le comprend.)

Je me souviens d’une balade pleine d’émotions à travers ses films : Delicatessen, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Alien la résurrection, Un long dimanche de Fiançailles, La Cité des Enfants Perdus... Je me souviens de tant d’images, de ma mémoire, exaltant cette esthétique si particulière à Jeunet. Ce style. Cette élégance aussi.

Je me souviens de cette histoire du cinéma d’un réalisateur s’écrivant au fil des petits et des grands souvenirs. Je me souviens de secrets de cinéma insolites, de bienheureux hasards et de jolies victoires. Je me souviens de ne m’être jamais ennuyée à vagabonder ainsi dans ces anecdotes.

Je me souviens de m’être souvenue pourquoi j’aimais Jean-Pierre Jeunet.

Je me souviens m’être dit que ce livre était le meilleur des Have You Met.

Je me souviens m’être dit qu’il fallait absolument que je vous en parle.

Je me souviens. 500 anecdotes de tournage.

Jean-Pierre Jeunet