Black Panther

Fiche technique

Sortie : 2018

Réal : Ryan Coogler

Scénariste : Ryan Coogler et Joe Robert Cole 

Casting : Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong’o, Andy Serkis, Forest Witaker, Martin Freeman, Letitia Wright

Synopsis

Après le décès de son père, T’Challa, désormais nanti du costume du Black Panther, rentre chez lui pour prendre officiellement sa place sur le trône du Wakanda. Derrière la façade du paisible état africain, se cache un pouvoir exceptionnel. Nanti de la plus grande réserve de vibranium au monde, le Wakanda est une nation exceptionnellement avancée en terme de technologie. Un trésor soigneusement préservé pour protéger le pays et éviter les convoitises.

Seulement, une fois sur le trône, à la faveur du retour d’un vieil ennemi, T’Challa  va découvrir que de sombres secrets de famille menacent l’intégrité du Wakanda et peut-être même la sécurité du monde.

Mon avis : Hakuna Matata

Jouons cartes sur table, voulez-vous. Voilà un film dont j’espérais beaucoup, notamment après l’apparition du personnage dans Captain America : Civil War.
Un film dont on m’a vanté les mérites et qui m’a laissée blasée. Mais alors au plus haut point.

Donc si vous avez adoré ce film et que vous n’appréciez pas la critique, restons bons amis. Serrons nous la main et quittons-nous là.

Pour toi, ô ami lecteur, qui est prêt à te lancer à bras ouverts dans le débat, allons-y donc gaiement.

Identité, culture et influence africaine

Jouant des effets spéciaux et des costumes, le film se donne les moyens d’offrir au spectateur un univers cohérent à tous points de vue. Esthétique, coutumes, costumes, bande-originale, tout est mis en oeuvre pour donner vie au Wakanda, en tant que véritable état africain.

Pour concevoir coiffures et costumes, la chef-costumière  Ruth E. Carter est allée puiser son inspiration chez les tribus Maasai, Himba, Dogon, Basotho, et les Touaregs. Chaque costume apporte ainsi un véritable caractère identitaire à son personnage.

Les décors, bien qu’hélas intégralement reconstitués en studio, ne sont pas en reste. Les fameuses chutes où se déroule l’investiture de T’Challa, sont une évocation des gorges d’Oribi en Afrique du Sud. Tandis que certaines colonnes de la salle du conseil portent ,elles, des inscriptions en dialecte nigérian.

Rasage de crâne, scarification, utilisation de dialecte comme le xhosa ou  igbo nigérian, les références à la culture africaine de façon générale ne manquent pas et sont une façon de marquer clairement l’identité du film. Un point très appréciable, qui se ressent de façon tangible à l’écran pour le spectateur et permet de conférer au Wakanda une certaine véracité.

Dernier point et non des moindres, c’est le premier film du MCU à avoir un casting essentiellement noir-américain. En pleine présidence de Trump, voilà qui avait de quoi marquer les esprits.

Un message fort

C’est une phrase de Spiderman qui semble, à mon sens, résumer le mieux les problématiques qui se posent dans le film.

« With great power comes great responsibility.« 

Or niveau pouvoir au Wakanda, on est nantis.  A tel point qu’on préfère appliquer le précepte « pour vivre heureux, vivons cachés » histoire d’éviter les embrouilles. Mais voilà, certains voient plutôt dans cette formidable avancée l’occasion de rétablir l’équilibre des forces, en permettant aux descendants des africains à travers le monde de prendre le pouvoir. Heureusement T’Challa est là pour venir mettre de l’ordre dans tout ça, posant les questions qui fâchent :

  • Peut-on réellement rester repliés sur nous-mêmes, tandis que d’autres souffrent juste à côté et qu’on a des technologies de malades ?
  • La tolérance et la solidarité ne sont-elles pas meilleures conseillères que la haine et le chaos ?

Si le film est symbolique à plus d’un titre (place forte des femmes, écho à la situation des afro-américains aux Etats-Unis) et que son message final est éminemment positif ( rejet de la haine de l’autre, tolérance, ouverture au monde et solidarité), il n’empêche qu’il m’a laissé comme un impression de malaise : il m’a semblé qu’il n’abordait les choses que sous un angle très américain, voire même juste afro-américain, alors que la problématique de son scénario avait une portée bien plus générale, voir universelle.

Dépassant l’opposition noirs/blancs et la question afro-américaine (dont je ne renie absolument pas l’importance, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit), il pose en réalité la question de notre ordre mondial : comment des pays développés et avancés peuvent-ils prospérer en laissant d’autres populations patauger dans la misère et payer les conséquences ?

Pour vous la faire courte et l’illustrer concrètement (attention spoiler), lorsque T’Challa décide de dévoiler le vrai visage du Wakanda au monde, il fait une conférence de presse avec l’agent Ross de la CIA et ouvre un centre de recherche … à New-York.

Il est très américain le reste du monde…

Je schématise un peu la situation. Cependant, il m’a semblé que le film soulevait des problématiques, tout en se cantonnant à un certain aspect des choses, restreignant son propos.

Scénario, casting et … déception

Dans Captain America : Civil War, le personnage de T’Challa m’avait laissée présager du lourd. Badass, fougueux mais réfléchi, apportant une identité différente, je le sentais prêt à se démarquer des autres super-héros Marvel

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Finalement le soufflé s’est dégonflé aussi vite qu’il était monté.  Chadwick Boseman a beau rouler des mécaniques, ce sont les femmes qui mènent la danse dans cette affaire. Le feu sacré du Black Panther était juste une jolie flambée. L’acteur, qui a bien plus de potentiel que cela, se montre fade et peu convaincant sous le costume high-tech.

Quant à sa relation avec son père…. Autant j’ai apprécié le respect du lien culturel qu’on entretient en Afrique avec les esprits des ancêtres. Autant à la deuxième session de spiritisme, je me suis demandée si je ne m’étais pas égarée dans une  version action du Roi Lion. Je cherchais Timon et Pumba dans le décor.

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Si l’intention du message porté par le film est forte, positive ( j’allais même dire grande, puissante et très émouvante) le scénario, lui, reste prévisible au possible. Passée la première partie, oubliez les surprises. En dehors de l’entrée en scène du « vrai » méchant, rien ne va chambouler votre univers.  Prenez du pop-corn et admirez le paysage.

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D’ailleurs les méchants parlons-en. C’est quoi cette sous-utilisation d’Andy Serkis ? Je n’ai rien contre Michael. B. Jordan, mais il y avait le potentiel pour faire du rab là !
Enfin pour une fois, le méchant a une pointe de charisme et une vraie motivation. Une crédible, qu’on peut comprendre et limite à laquelle on peut adhérer. Contrairement aux raisons de l’autarcie du Wakanda qui restent très fallacieuses et nébuleuses. Ceci dit, cela a le mérite de nuancer les notions de bien et de mal.

Ce méchant là, il a un passé, un vécu et une réflexion. Il est vulnérable et cruel. Même si son plan est aussi prévisible que la sonnerie de mon réveil chaque matin.

Le gros atout du film, c’est la place des femmes ! Une belle galerie de personnages féminins, aux personnalités variées et au fort tempérament. Épouse, mère, soeur, amante, toutes sont là aux premiers rangs de la bataille. Et ça va trancher chéri !

Autre point positif mais mineur cette fois : Martin Freeman qu’on avait l’habitude de voir 4min30 à l’écran dans le MCU s’en tire avec un vrai rôle. Et il ne joue pas les bons blancs salvateurs, amen ! Il ne sert pas non plus à grand-chose, ceci soit dit.

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La troisième partie du film portée sur l’action est quelque peu confuse, brouillonne. On sent la volonté de donner quelque chose qui balance, sans, là aussi, pouvoir aller au bout. Sans compter que les effets spéciaux trop présents, gâchent l’esthétique du film.

En bref

Le film dénote d’une volonté d’apporter une identité propre et une cohérence, qui lui permettent de se distinguer dans le MCU. Sans pour autant briller. Vanté pour son originalité, Black Panther est, à mon sens, l’illustration de l’expression  prendre des vessies pour des lanternes.

Il y a un propos, une intention positifs et louables. Mais cela ne suffit pas à compenser un manque d’aboutissement dans la réflexion, un scénario paresseux à force d’en être prévisible et un héros fade par rapport à ses camarades de jeu et à ce qu’il laissait présager. Bref ça se regarde, mais pas deux fois.

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10 commentaires Laisser un commentaire

  1. Il est difficile de critiquer Black Panther (et heureusement que tu le fais que tardivement sinon tu te serai fait taper par des fans enragés) dû à sa symbolique. Mais il est vrai que si on enlève cette dimension, Black Panther reste un Marvel sans plus. :/
    Dommage, il y avait tant à faire !

    Aimé par 1 personne

    • Ton commentaire me touche beaucoup car j’ai écrit cette critique, non dans l’idée qu’elle soit perçue comme une attaque gratuite, mais bien une réflexion avec du recul. Aussi je suis contente que quelqu’un qui ait aimé le film, puisse malgré tout s’y retrouver et l’apprécier. Merci à toi.

      Aimé par 1 personne

  2. Que je suis contente d’enfin pouvoir lire une critique comme cela ! Je pensais être la seule au monde à ne pas avoir apprécié plus que ça cette étape là du MCU… Alors certes, je suis aussi tout à fait d’accord avec la place des femmes dans ce film, l’importance de mettre en avant comme ici de très bons acteurs afro-américains, et toute cette symbolique, mais l’histoire de fond de ce Marvel est une calamité… Le cousin caché qui vient venger son père… C’est du vu, revu et encore revu pour ce genre de films d’action. Bon c’est vrai, généralement c’est plutôt un frère caché et non un cousin, mais l’originalité s’arrête là malheureusement. 🤔 On sait déjà que dans les Marvel « tout est bien qui finit bien » alors niveau surprise… zéro… 😪

    Aimé par 1 personne

  3. J’ai vu le film en juin et j’approuve totalement ta critique ! Elle est très bien tournée et tout aussi juste à mon goût. Je suis d’accord avec les plus (c’est vrai que les femmes sont clairement les personnages que j’ai préféré, ce qui est assez rare dans ce genre de films, leurs rôles n’étant pas toujours exceptionnels) comme avec les moins (malheureusement un peu trop nombreux).

    Aimé par 1 personne

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