Doctor Who : Quid de la saison 11 ?

Alors que l’épisode 8  The Witchfinders vient d’être diffusé au Royaume Uni et que la France a découvert l’épisode 7 Kerblam ! sur France 4 jeudi dernier, la saison 11 de Doctor Who  se prépare déjà à tirer sa révérence.

En effet, cette saison ne doit contenir que 10 épisodes et un spécial. Après l’avoir tant attendue, on peut dire que la saison s’est passée incroyablement vite. Tandis que Yodabor vous propose fort à propos un retour sur chaque épisode au fil de leur diffusion, faisons donc aujourd’hui un petit débriefing de fin de parcours.


She is the Doctor.

L’avis est unanime. Après avoir suscité bien des émois et des débats stériles en tant que femme reprenant le rôle du Docteur, Jodie Whittaker séduit incontestablement les spectateurs. La diffusion du premier épisode de cette saison 11 est d’ailleurs un carton d’audience sans conteste : 10.9 millions de téléspectateurs au Royaume-Uni. Soit l’audience la plus importante de la série depuis son retour.

Il faut dire que l’actrice reprend le rôle haut la main. Subtil mélange de filiation avec les Docteurs précédents et d’une bonne touche personnelle. Toujours à 200 à l’heure, ce nouveau docteur ne manque ni de caractère, ni d’excentricité, ni d’empathie.

Peu importe l’absence de générique ou de Tardis, dès les premières secondes de The Woman who fell on Earth, on la reconnaît.  Familière et différente, elle est The Doctor. C’est un truc presque magique qui ne s’explique pas et se renouvelle d’interprète en interprète, comme une étincelle qui se passe. A chaque régénération, la magie opère et sous des traits différents, il y a le Docteur.
Avec Jodie, le transfuge se fait en un claquement de doigt. C’est instantané, et au fil des épisodes, cela ne devient que plus évident.

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Les compagnons.

Là encore le show fait le choix de briser les habitudes avec trois compagnons très différents. Au fur et à mesure des épisodes, le caractère et le vécu de chacun vont venir nourrir la narration, parfois de façon assez intéressante.

Dans l’épisode Rosa par exemple, nos trois amis se retrouvent confrontés à la ségrégation dans les années 50 aux Etats-Unis. Leurs origines différentes tout comme leur regard moderne vont permettre au spectateur d’avoir une approche particulière de ces événements. Le fait que Graham (Bradley Walsh) ne soit pas le grand-père naturel de Ryan (Tosin Cole) mais le dernier compagnon de sa grand-mère apporte ici une nuance supplémentaire. Du fait qu’il soit blanc, il se trouve séparé de ses compagnons par la situation, dont celui qu’il considère comme son petit-fils. Le Docteur étant évidemment ici un élément à part. Cela le place automatiquement dans une approche particulière de la situation.

Dans un autre épisode Arachnids in the UK, Ryan et Graham expérimentent l’épreuve singulière de ce deuil qu’ils mènent à deux, obligés de se construire dans l’épreuve la relation qu’ils n’ont pas su bâtir avant. L’accent est d’ailleurs mis sur Graham qui, du fait de son âge, fait face à la perspective de vieillir seul désormais. Même si ce n’est pas le focus principal de l’épisode, cette utilisation des personnages reste intelligente et intéressante.

De même dans Demons of the Punjab, l’épisode nous plonge dans le passé familial de Yasmin dite Yaz (Mandip Gill), nous mettant face au contexte de la partition de l’Inde en 1947, mais également au fait d’être d’indienne musulmane.

La série exploite ainsi ces compagnons qu’on aurait pu croire trop nombreux de façon alternée et assez bien pensée. Soit ils apportent tour à tour une petite pierre à l’édifice et on apprend à mieux les connaître, soit l’épisode se focalise sur le Docteur.

Le hic scénaristique

De l’action, de l’aventure, un Tardis, des voyages dans l’espace et le temps, des entités extra-terrestres bienveillantes ou au contraire pas toujours bien intentionnées, un tournevis sonique, un Docteur toujours prêt à protéger et aider, des compagnons qui bravent le danger… Jusque-là tous les éléments conventionnels de Doctor Who sont réunis. Et le cocktail fonctionne plutôt bien.

Si certains font la grimace, se plaignant d’épisodes ennuyeux, j’ai personnellement la sensation que cela passe trop vite et ne pas en avoir assez.

Volontairement, décision a été prise de ne pas centrer la narration sur le passé du Docteur ou d’avoir un grand arc narratif sur toute la saison. De même, les ennemis traditionnels du Docteur (Cybermen, Daleks, etc)  ont été mis de côté. Une façon de rafraîchir totalement la série et de prendre un nouveau départ. Un choix qui n’est pas sans quelque peu perturber les aficionados de la série.
Si l’absence des ennemis ou d’une grande ligne directrice ne me dérange pas plus que ça, en revanche l’essence du Docteur c’est son identité. Personne ne sait qui il/elle est, quel est son nom et tous les chemins mènent à Gallifrey. Et j’avoue que ne pas retrouver ce point me manque un peu. Ceci dit, cela peut venir et le changement a aussi du bon.

Ce qui en revanche me fait tiquer c’est l’inégalité dans la qualité des scénarios. Je voue une grande admiration à Chris Chibnall qui a fait des merveilles sur Broadchurch. Cependant ici certaines choses me déconcertent. Des facilités ou des éléments qui sont éludés, donnant une sensation de manque.  Prenons un exemple : dans l’épisode Rosa, j’aurais aimé en savoir plus sur le méchant et ses motivations.

Spoiler alert : l’alien raciste qui parcourt la moitié de la galaxie pour dézinguer Rosa Park et empêcher l’égalité des droits, certes, mais pourquoi ? Qu’est-ce-que ça peut bien lui faire à lui ?

Ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier pleinement la façon dont l’épisode était conduit autour de l’enjeu historique et la frustration des personnages à ne pas intervenir directement. C’est d’ailleurs l’un de mes préférés. Au passage, mention spéciale à Vinette Robinson pour son interprétation.

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©BBC / Source Allociné

De la même façon dans l’épisode Arachnids in the UK, le problème n’est que partiellement résolu.

Spoiler alert : Quid des autres araignées en goguette dans la ville, dans la maison de Graham par exemple  ? Il n’y a que moi que ça perturbe ? 

On peut estimer que c’est une convention narrative dans certains cas que de penser que le Docteur va naturellement finir d’arranger le problème. C’est le Docteur après tout. Pourtant je n’ai pu m’empêcher de froncer quelquefois le nez.

De façon générale, aucun épisode n’est mauvais. Certains sont simplement plus faibles, tandis que d’autres démontrent pleinement les possibilités des nouvelles orientations prises par la série. C’est le cas de Demons of the Punjab, l’un des meilleurs épisodes jusque ici selon moi, avec Rosa et The Woman who fell on Earth.
C’est l’épisode où on sent que cette nouvelle saison prend son envol, avec un véritable équilibre dans l’écriture et la réalisation entre l’intrigue (l’histoire), les personnages, la place du Docteur. Comme le soulignait Yoda dans son analyse, c’est aussi le premier épisode où la musique reprend sa place. Sans compter le travail du D.O.P sur la lumière qui est juste sublime.

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©BBC /Source Allociné

En bref : Allons-y !

Cette onzième saison aura été un grand moment de découverte. Brisant les repères, elle déconcerte, surprend, en enthousiasme certains, en déçoit d’autres. Je pense qu’il faut simplement le temps à tout un chacun d’apprivoiser ce nouveau style.
Aux scénaristes et aux réalisateurs, qui probablement tâtonnent encore entre ce qu’ils veulent apporter et les incontournables, découvrant aussi ce qui fonctionne ou non.
Et aux inconditionnels qui doivent passer le cap du changement pour accepter de se laisser porter par l’aventure.

Tout ce qui passe par un changement ou une innovation est forcément imparfait et il faut un rodage. J’ai trouvé que, jusqu’ici, cette saison 11 s’en sortait plutôt bien pour tous les risques pris, avec même d’excellentes surprises. Une saison intéressante, intrigante et pleine de promesses qui ouvre de nouvelles voies à la série. Et, évidemment, un merveilleux Docteur !

Reste à voir ce que nous réserve le final !

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6 commentaires Laisser un commentaire

  1. Des épisodes de 1h30 ne m’aurait pas dérangé avec cette saison. J’ai aussi l’impression que ça va trop vite et ça me frustre surtout parce que je me régale ! Comme toi je trouve cette saison très attendue réussie et Demons of Penjab est clairement mon épisode préféré par l’originalité du sujet ET du message. ❤

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  2. C’est une saison très classique, qui rappelle les premières aventures du cinquième Docteur. Une sorte de retour aux fondamentaux de la série, qui ne cherche pas à réinventer la roue. C’est bien fait et sympathique, mais j’apprécierais d’être confronté de temps à autres à des idées plus originales.

    Aimé par 1 personne

    • Certes, mais lorsque Moffat avait imprimé des choses plus originales, certains ont crié à l’hérésie. Et ici vous soulignez que c’est un retour aux fondamentaux, pourtant j’entends beaucoup se plaindre en disant qu’ils ne reconnaissent pas la série, qu’ils ne retrouvent pas le docteur . Paradoxal non ? Pour moi c’est un moyen de donner un coup de frais sans trahir justement la série et ce n’est pas plus mal. D’autres idées plus originales viendront peut être par la suite.

      Aimé par 1 personne

      • Je suis Doctor Who depuis les années 80 et depuis toujours, le producteur est la cible de critiques violentes de la part des fans, perpétuellement insatisfaits par ce qu’on leur propose. C’est à se demander s’ils ne seraient pas bien inspirés de consacrer leur temps à autre chose.

        Aimé par 2 personnes

  3. J’aime beaucoup ce nouveau Doctor personnellement, j’ai trouvé les épisodes sympathiques jusqu’à maintenant mais je suis d’accord avec toi, ils sont assez inégaux. J’ai lu que ça ne se passait pas très bien entre le nouveau showrunner et la BBC, qu’il menaçait de partir car le rythme était infernal. Ça expliquerait peut-être le fait que certains épisodes soient plus travaillés que d’autres. Jodie Whittaker aurait également dit que si Chris Chibnall partait, elle le suivrait. Je ne sais pas trop ce qu’il en est de l’avenir de la série, si la rumeur est vraie ou non. Je serais bien triste de quitter Jodie aussi rapidement, je trouve qu’elle incarne vraiment bien le personnage et elle amène un peu de fraîcheur après Capaldi (que j’aimais beaucoup mais qui était moins dynamique haha).
    En tout cas, Demons of the Punjab est mon épisode préféré pour le moment !

    Aimé par 1 personne

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